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?Bodegas? n?aurait pas beaucoup changé Cabrel?

22 janvier 2006, 20:00

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Francis aurait changé. De tête, c?est incontestable. La moustache a disparu. Mais de style : pas si sûr. Les critiques s?acharnent sur son dernier album, Les beaux dégâts (Bodegas) sorti en 2004. Si certains ?l?aiment toujours à en mourir? ,d?autres médisent sur ce style trop familier. Sans surprise. Francis Cabrel, on l?aime ou on ne l?aime pas. En tout cas, il sera en concert chez nous le 17 février, avec le concours d?Immedia.

Que dit le principal intéressé ? Qu?il ne voulait pas revenir sur sa tendance romantique, mais que ses paroles retournent toujours vers ?elle?.

Bodegas s?oriente vers un ?amour universel, celui qu?on doit à l?humanité ?, explique le chanteur. À sa sortie, l?album Les Beaux dégâts promettait d?être différent. Son retour après Hors-Saison en 1999 prouve un fait : le chanteur n?a rien perdu de son identité de romantique. Bodegas montre la sensibilité d?un personnage parfois attachant, mélancolique, humaniste et inchangé. Un homme qui ne change pas vraiment. Des paroles poétiques qui n?ont parfois aucune relation entre elles. Qu?importe : ces rimes plaisent.

Le style de cet album malaxe des airs de blues, des cuivres et du jazz. Douze extraits plongeant de temps à autre dans le pessimisme, sur une toile qui raconte la vie qui passe. Les faussaires met à nu l?hypocrisie de la société. En passant par de ?Faux électeurs dans les fausses communes? jusqu?aux ?Faux amours, fausses postures?. Le fatalisme dans l?affaire, c?est ?qu?on sera tous des faussaires?, raconte ce morceau.

Il reprend aussi une chanson de Bob Dylan, son idole, à travers S?abriter de l?orage, originalement Shelter from the storm. Cabrel se met en scène dans une tempête, cherchant un chemin, une porte de sortie, pour revenir inlassablement vers ?elle?. Ce n?est pas étonnant que Francis s?attache autant à Bob Dylan. Quand il avait aux alentours de 16 ans, il faisait partie de quelques groupes folk-rock qui jouaient principalement du Dylan, Hendrix, Cohen, entre autres.

<B>Des guitares Gibson des années 60-70</B>

L?album se compose de titres qui provoquent la réflexion. Francis Cabrel, le sensible, se laisse emporter par des émotions, des réactions et des pulsions qu?il tente de comprendre. De ses chansons, dont ?certaines parlent du temps qui passe et des dégâts que ça provoque?. Ce qui ajoute une touche particulière à cet album, c?est le choix des guitares. Francis Cabrel a choisi de jouer des Gibson des années 60-70, pour faire encore plus jazzy. Des guitares qui procurent encore plus de poids aux cuivres, saxophones, trompettes, qui habillent les chansons.

Le poète n?a donc rien perdu de sa verve. Certains diront que Francis Cabrel n?apporte rien de nouveau sur cet album après ses succès sur Les murs de poussières sorti en 1977. Laissons-les dire. Il n?existe peut-être aucune révolution créative, mais l?essence de Cabrel est la même. Et c?est peut-être cette image qui date de Petite Marie que le public apprécie. Par delà le temps, par delà le chant.

Sa tournée des Bodegas continuera ainsi le 17 février chez nous. Un tour d?horizon au c?ur de l?océan Indien avec toute son équipe de musiciens et d?ingénieurs. Un événement qui sera attendu par de nombreux amateurs. L?occasion s?y prête de rencontrer ce chanteur dont certains disent qu?il n?a pas autant changé que cela.

<I> Voir l?Agenda pour les détails. </I>

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