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Blood Diamond d’Edward Zwick

4 mai 2007, 00:00

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“Le véritable prix d’un diamant devrait se chiffrer en termes de bras et de jambes sectionnés… ”. Propos d’un instituteur de la Sierra Leone, rapportés dans un article de fond que le quotidien anglais The Independent consacrait fin 1999, à la terrible guerre civile qui alors secouait ce pays. Cet instituteur avait eu les deux bras sectionnés “pour l’exemple”. La Sierra Leone était alors un pays à l’abandon, tombé aux mains de la pire racaille qui soit. C’est-à-dire, des bandes de jeunes (parfois même très jeunes) voyous armés jusqu’aux dents qui pillaient et massacraient sans discrimination, terrorisant les populations locales et les forçant à travailler dans des mines de diamants. Très fréquemment, en fondant sur une localité, ils choisissaient quelques individus au hasard, homme, femme, enfant, peu importait, et leur sectionnaient un ou deux membres.

La Sierra Leone en 1999, c’est le contexte de Blood Diamond, le film d’Edward Zwick.

“Long ou court ?” demandait celui qui tenait la hache. C’est exactement ce que l’on voit au début du film, lorsque les rebelles du RUF (Revolutionary United Front – “FRU, en Français) tombent sur le village de Solomon Vendy (Djimon Hounsou), un pêcheur qui rêve d’une vie meilleure pour son fils. Cette scène de massacre et de mutilations est des plus âpres, elle respire la terreur et la violence est à la limite du soutenable sans qu’on puisse parler de “gore”. Sans compter que ces coupeurs de bras parlent une langue proche du créole. Il y a dans Blood Diamond, d’autres scènes, non pas de combat, mais de tueries et la dernière mise à part, elles mettent en avant davantage la confusion, la panique et l’horreur plutôt qu’un quelconque héroïsme. La capture de Freetown, avec la population civile prise entre les tirs croisés des rebelles et de l’armée (qui tire dans le tas) en est un exemple. Le film d’Edward Zwick est un film militant, au propos engagé contre un commerce international des diamants reposant sur des horreurs bien réelles : chefs de guerre, enfants tueurs, mutilés, etc. et à l’autre bout, la face présentable (luxe, glamour, etc.) de cette industrie.

Tout nous est bien expliqué aussi, grâce à un scénario astucieux. Solomon Vendy, le pêcheur veut retrouver son fils emmené par les rebelles. Il a besoin de l’aide de Danny Archer (Leonardo Di Caprio), qui lui, veut son diamant, mais a besoin de l’aide d’une journaliste, Maddy Bowen (Jennifer Connelly). Celle-ci, en échange de son aide, veut des informations pour son article sur le commerce des diamants. Ainsi, nous en apprenons sur les dessous pas très propres de cette activité et nous avons aussi l’ébauche d’une idylle très hollywoodienne heureusement accompagnée d’un intéressant développement de personnages. Celui de Di Caprio, notamment, avec son passé de mercenaire et tout ce qui tourne autour de son identité africaine ajoutent à la crédibilité du film ; ce à quoi il faut ajouter que l’acteur est impressionnant de maturité. Djimoun Hounsou est remarquable aussi, son personnage étant l’incarnation même de la dévotion paternelle, même si le rôle reste assez monolithique. Et, le personnage de Jennifer Connelly se limite à être la rédemptrice (de Di Caprio) qui voit ses idées généreuses sur l’Afrique remises en question.

On pourra reprocher à Blood Diamond d’appuyer plus que de raison sur la touche des grands sentiments, en plus d’avoir une fin qui s’étire en longueur. C’est le côté “blockbuster” destiné à toucher le plus grand nombre. D’un autre côté, on ne doutera pas que ce film provoquera chez certains une saine et juste indignation, ce qui est le but recherché.

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