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Blocs américains : des économies en perspective

2 juillet 2003, 20:00

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Les études du Mauritius Research Council (MRC) sont concluantes : l?adoption de blocs américains dans la construction de maisons permet de faire d?importantes économies. A en juger par l?intérêt démontré par les consommateurs, en dépit du mouvement lent des visiteurs, pour les prototypes construits par le MRC à Richelieu, il est permis d?espérer que les Mauriciens s?adapteront vite aux nouvelles méthodes de construction. Comme l?a souligné le ministre du Logement, Joe Lesjongard, lors de l?inauguration des prototypes de Richelieu le mercredi 25 juin, l?adoption généralisée de cette technique demandera toutefois que les blocs soient fabriqués localement et que le public change ses habitudes en ce qui concerne les techniques de construction. Du côté des fabricants de blocs, c?est encore l?attentisme. Les deux principaux fabricants de blocs que nous avons contactés affirment n?avoir pas encore pris une décision y relative. Dans les milieux concernés, on affirme cependant attendre du gouvernement un signal clair. Avant d?investir dans de nouvelles machines, les fabricants attendent un engagement concret de la National Housing Development Company, par exemple, relativement aux futurs projets de logement.

<B>Géométrie spéciale</B>

Quoi qu?il en soit, il est intéressant de se pencher sur les avantages des blocs américains. Ces blocs en béton apportent, selon le MRC, des gains importants : 30% sur les coûts de matériaux et 75% sur le temps de construction. Ajit Teelock, membre de l?Association des architectes, qui avait piloté l?étude du MRC, affirme qu?il est possible, avec ces blocs, d?envisager, comme c?est le cas depuis longtemps à La Réunion, n?importe quel type de construction. Le principal attrait du bloc américain réside, comme le souligne un architecte qui en a fait l?expérience au Canada, au niveau de sa résistance. Fabriqué de façon compacte, le bloc peut soutenir le toit, d?où l?absence de colonnes traditionnelles. De plus, il permet la construction en hauteur, toujours sans colonnes traditionnelles. Enfin, le bloc américain ne nécessite pas de crépissage, d?où les économies sur les matériaux (ciment, rocksand) et sur la main- d?oeuvre. Les blocs américains ont une géométrie spéciale qui permet de les utiliser sans avoir à construire préalablement des structures lourdes. Leur précision dans la forme offre un finish agréable. Autre attrait : finis les rondins, les planches de coffrage, les plaques pour la dalle, les ?binding wires? et autres clous qui terminent souvent leur parcours dans les dépotoirs ou dans le terrain vague contigu? La dalle, d?une épaisseur de cinq centimètres environ, est soutenue par des blocs appropriés placés sur des poutrelles préfabriquées. Il faut aussi souligner que, contrairement aux constructions traditionnelles, il n?y a aucune poutre horizontale (beam) en haut des murs. Une rangée d?un autre type de blocs permet de marier la dalle aux murs. L?absence de colonnes et de beams permet de faire d?importantes économies sur le fer de construction.

<B>Etanchéité</B>

Il convient de souligner, cependant, qu?avant l?application de la peinture extérieure, il est nécessaire d?appliquer, à l?aide d?un rouleau, un waterproofing slurry, tel le Tyaplast, une membrane assurant une meilleure étanchéité aux murs. Et comme pour toutes toiture en béton, la dalle doit être rendue étanche. L?observateur avisé remarquera que les maisonnettes du MRC sont recouvertes d?une membrane à base de PVC, le Sarnafil, dont le Porte-Monnaie a déjà évoqué les avantages. Joe Chan, directeur de Zep Enterprise, autre firme associée au projet du MRC, rappelle que Sarnafil bénéficie d?une garantie de 20 ans. Le MRC a aussi pensé à la main-d?oeuvre. En effet, la construction des prototypes ouverts au public a nécessité la venue à Maurice de deux maçons réunionnais. Pour le MRC, l?utilisation du bloc américain apporte aux maçons une possibilité de développement de leurs compétences et ne menace aucunement leur emploi, car la technique de construction est proche de celle utilisée traditionnellement. Pour en revenir aux prototypes de Richelieu, la construction de ces trois maisons en blocs américains est le test grandeur nature des possibilités offertes. Ces blocs sont utilisés depuis des années à La Réunion. Le MRC s?est lancé, il y a deux ans, dans un programme de développement de techniques de construction alternatives, moins coûteuses et plus efficaces. Plusieurs techniques utilisées à l?étranger ont ainsi été évaluées et celle du bloc américain a finalement été privilégiée, l?expérience acquise à La Réunion notamment permettant de confirmer ses atouts pour la construction en milieu tropical. Cette étape franchie, le MRC voit terminer ici son rôle. Il est essentiel que le gouvernement prenne le relais en lançant une campagne de sensibilisation auprès de la population et des constructeurs. En attendant que les fabricants de blocs décident à s?engager, dans l?intérêt des consommateurs et du pays.

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