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Blocage sur l?actionnariat des centrales
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Blocage sur l?actionnariat des centrales
Le dernier round de négociations entre les émissaires de l?Etat et des sucriers s?est soldé par un échec. Il faudra maintenant attendre le retour du Premier ministre, la semaine prochaine, pour trouver une issue au problème. La question de l?élargissement de l?actionnariat des centrales thermiques est au centre du contentieux, mais un nouvel écueil concernant les terres des métayers est venu envenimer la situation.
Une sortie de crise semblait se dessiner mardi soir, mais la situation s?est dégradée par la suite. Du coup, le Premier ministre a estimé que les conditions n?étaient pas réunies pour une négociation directe avec les sucriers avant son départ pour l?Ouganda. Après avoir reporté son voyage, il prend l?avion ce matin pour assister au sommet de chefs d?Etat et de gouvernement du Commonwealth.
Suite aux propositions faites lundi par la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) concernant le volet énergie, des discussions informelles ont été initiées à travers des émissaires des deux parties et des avancées étaient enregistrées. Mais il s?avère, en fin de compte, que leurs positions restent inconciliables.
Les sucriers se disent disposés à accorder entre 22,5 % et 30 % du capital des centrales au Sugar Investment Trust, aux employés et à d?autres entités désignées par le gouvernement. Celui-ci rétorque que cette part doit s?élever à 40 %. En outre, il y a une divergence fondamentale entre les deux parties sur les modalités de ce transfert d?actions. Les sucriers exigent que la cession des actions se fasse contre paiement. L?Etat rétorque que les propriétaires des centrales ont déjà engrangé des bénéfices considérables et ne peuvent pas espérer un paiement. «Ces actions doivent être données sans paiement additionnel parce que la population est déjà passée à la caisse deux fois. Elle a non seulement payé à travers sa facture d?électricité mais assume aussi tous les risques financiers à travers les garanties exigées par les centrales», argue un proche du dossier à l?Hôtel du gouvernement. Il explique que les actionnaires ont investi Rs 520 millions dans la centrale de Belle-Vue, par exemple, mais ont réalisé des bénéfices de Rs 1,18 milliard en cinq ans.
«Macadam»</B>
Pour leur part, les sucriers insistent sur le fait que le transfert d?actions aura un coût pour les nouveaux acquéreurs. «La valeur des actions variera selon la centrale. Elle sera déterminée par plusieurs facteurs, et ce mutuellement par les parties concernées», déclare Patrick d?Arifat, président de la MSPA, dans une interview à l?express . D?autre part, les sucriers maintiennent qu?il n?y a pas de formule unique applicable à l?ensemble des centrales existantes. Ils proposent que le gouvernement négocie avec les centrales, une à une, car elles ont des configurations différentes.
A l?Hôtel du gouvernement, l?on se dit surpris par la tournure des événements. «Les discussions semblaient progresser de façon satisfaisante et, à mardi après-midi, on pouvait penser qu?une solution était proche et qu?une rencontre des deux parties allait avoir lieu le lendemain. Un macadam de dernière heure a cependant retardé ce processus. Depuis, paraît-il, ils ont durci leur position.»
Même si la question des centrales a constitué, en permanence, la toile de fond des discussions, il semble que le «macadam» auquel se réfère la partie gouvernementale concerne la vente de terres aux métayers de l?industrie sucrière. L?Etat a demandé aux trois propriétés sucrières qui ont loué des terres dans le passé selon un système de métayage de vendre ces terres à leurs locataires actuels.
«Nous voulons rendre justice à ces petits planteurs qui ont transformé des terres improductives en terres fertiles et mettre fin à un système qui les oblige à y planter exclusivement de la canne», dit une source proche des dirigeants. Au total, une superficie d?environ 3 600 arpents est concernée par cette question. En outre, le gouvernement maintient que 2 000 arpents de terres doivent être donnés à l?Etat, sans condition.
De part et d?autre, il y a une volonté de poursuivre les discussions à travers les émissaires. « Le PM va continuer à suivre le dossier de très près à travers un contact quasi-permanent», affirmait hier un de ses proches collaborateurs.
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