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Blendax, un succès dû à une entreprise familiale innovatrice

11 mars 2008, 00:00

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Si en 2008, le dentifrice fait parti du quotidien de tous les Mauriciens (ou presque), cela n?a pas toujours été le cas. Il y a plus de quarante ans, avant l?Indépendance, pour se nettoyer les dents, on faisait avec les moyens de bord et les recettes de grand-mère? Et puis, une révolution, en 1965. La famille Dookun fonde Mauritius Cosmetics Ltd. et commence la fabrication du dentifrice Blendax sous licence de Blendax Merke, de l?Allemagne. Blendax, c?est l?histoire d?une marque qui a réussi à se faire connaître et qui s?impose aujourd?hui comme la marque de dentifrice la plus vendue à Maurice.

Marque allemande rachetée par Procter & Gamble en 1990, encore inconnue des Mauriciens au début des années 60, elle a été la première pâte dentifrice fabriquée localement. Un parfum de menthe. Pas étouffant. Tout juste subtil. Un sol immaculé. Des cuves étincelantes. L?impression d?avoir tout juste fini de se brosser les dents. Et pourtant, pas une trace de dentifrice. Dans l?usine de Mauritius Cosmetics Ltd., à Bonne-Terre, on voit quotidiennement la transformation de dizaine de kilos de matières premières en dentifrice.Une matière première analysée dès sa réception. Une pâte dentifrice étudiée avec minutie à chaque étape de sa transformation.

Le but : donner un produit de qualité aux clients mais aussi et surtout, faire respecter à la lettre la «recette» de Procter & Gamble. Le contrôle est rigoureux. «Si après la mise en tube du dentifrice, nous constatons qu?il manque de la pâte dentifrice ou qu?il y en a en trop, nous devons enquêter pour savoir s?il y a eu erreur dans le dosage», soutient Dan Dhawotal, Quality Assurance Manager.

Deux tubes en cadeau</B>

Jadoo Dookun, aujourd?hui directeur général du Groupe Dookun, avait deux ans lorsque Blendax a fait son entrée. La marque de dentifrice Colgate était, certes, présente sur le marché mais pas en très grande quantité et pas forcément à un prix abordable pour tous. Le parcours de la marque Blendax, il n?en a aucun souvenir, si ce n?est ce que son père, Sir Deo Dookun, lui a raconté. «Nous vivions en Angleterre lorsque mon grand-père paternel est tombé malade. Mon père a décidé de rentrer à Maurice avec toute la famille. Cela a été un choc culturel pour ma mère qui est allemande. Ensemble, ils ont cherché un secteur dans lequel se lancer.» Le couple Dookun pense au dentifrice. D?abord à Colgate.

Mais produire localement le dentifrice n?intéresse pas la multinationale. C?est alors que l?allemande Lady Dookun pense à Blendax, commercialisée en Allemagne. L?entreprise allemande s?enthousiasme pour le projet. Les Dookun se lancent. Au départ, faute de moyens financiers pour investir dans les machines de transformation, ils vont se contenter de faire du tube filling.

Sir Deo Dookun décide de se lancer lui-même dans la vente. «La première fois qu?il est sorti, il a vendu un tube à un magasin et en a donné deux en cadeau. Personne ne voulait acheter son dentifrice», raconte Jadoo Dookun. C?est alors que Sir Deo Dookun prend contact avec la famille Lim Fat qui faisait déjà la commercialisation de produits Procter & Gamble. Ensemble, ils vont faire décoller les ventes de Blendax.

Les Mauriciens ont aimé le goût. De l?efficacité du produit, leur dentiste a pu en juger. Certes Blendax est le produit n° 1 de Mauritius Cosmetics Ltd., mais les Dookun ne se contentent pas de faire que dans le dentifrice. Le groupe Dookun, c?est huit différentes entreprises et même à une certaine époque, 2 000 produits différents. «Avant même la considération économique, mes parents ont toujours eu cette volonté de satisfaire le client. Si un client venait à l?usine et voulait un produit, mes parents faisaient tout pour le fabriquer», soutient Jadoo Dookun.

En 1967, les Dookun créent à nouveau une certaine révolution sur le marché avec l?introduction du «papier toilette» Kleenex. Il fonde pour cela Paper Converting Co. Ltd. Car là aussi, avant Kleenex, on faisait avec les moyens de bord. D?une vingtaine d?employés à ses débuts, le groupe Dookun emploie aujourd?hui quelque 200 personnes. Et là encore, il y a eu un dégraissage qui s?est fait au fil des années avec l?automatisation de certaines opérations.

Des employés qui avaient plus de 20 ans d?ancienneté ont pris leur retraite anticipée. Les autres ont été reclassés au sein même de l?entreprise. «Nous sommes une entreprise familiale. Quand ils ont des problèmes, nos employés viennent nous voir. Nous partageons leur quotidien. Nous ne pouvions pas être ingrats et les mettre à la porte», explique Jadoo Dookun.

Du dentifrice au «papier toilette» en passant par le riz Basmati, le groupe Dookun, c?est 50 % de fabrication et 50 % d?importation. Et un chiffre d?affaires de Rs 350 millions. L?avenir, Jadoo Dookun le voit à Maurice mais également à l?étranger. Il n?exclut pas l?exportation même s?ils ont subi un revers à Madagascar. Ils envisagent de se tourner vers La Réunion ou l?Afrique du Sud. Le groupe Dookun : une entreprise qui a grandi et évolué avec le pays.

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