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Bisa Williams assouplit la position américaine sur la contrefaçon

31 mars 2004, 20:00

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LA MISSION diplomatique américaine recherche l?apaisement après l?énervement causé par la déclaration de l?ambassadeur John Price sur le problème du piratage et de la contrefaçon à Maurice. Les Etats-Unis reconnaissent les efforts du gouvernement pour lutter contre le piratage, déclarait Bisa Williams, chargée d?affaires de l?ambassade américaine, hier après-midi. Elle réagissait sans doute à la sortie en règle du chef de la diplomatie, Jayen Cuttaree, hier matin.

A l?assemblée générale de l?American Chamber of Commerce of Mauritius (Amcham), la semaine dernière, John Price avait, dans un discours lu par Bisa Williams, déclaré que l?industrie de la contrefaçon était en passe de devenir ?le sixième pilier de l?économie de Maurice?.

Le ministre des Affaires étrangères et du commerce international, Jayen Cuttaree, a décidé de hausser le ton, hier, vis-à-vis des diplomates américains à Maurice. Il a profité de son intervention à l?assemblée générale de la Chambre du commerce et de l?industrie pour remettre les pendules à l?heure.

?Si nous allons développer un sixième pilier, nous allons le faire sur la base de notre capacité. Nous n?allons pas, pour cela, voler la propriété intellectuelle des autres?, a affirmé avec force (et sous un tonnerre d?applaudissements) le chef de la diplomatie mauricienne.

Les efforts du gouvernement

C?était la première fois qu?un représentant du gouvernement réagissait publiquement aux propos de John Price sur le problème de la contrefaçon. Le ministre a réitéré la volonté du gouvernement de combattre la contrefaçon sous toutes ses formes. ?Le problème de la contrefaçon dépasse l?affaire Ralph Lauren. Nous comprenons parfaitement la nécessité d?avoir des lois pour protéger la propriété intellectuelle car nous voulons produire des logiciels et des vêtements pour les grandes marques.?

Dans l?après-midi, ce fut au tour de Bisa Williams, n° 2 de l?ambassade des Etats-Unis, de commenter l?affaire. On ne voulait blâmer personne, laisse-t-elle entendre, en reconnaissant que le discours fait à l?Amcham n?avait pas suffisamment reconnu les efforts du gouvernement pour combattre le piratage et la contrefaçon.

Intervenant à la 30e assemblée générale du Mauritian Institute of Management (MIM), la diplomate américaine a voulu resituer dans son contexte les commentaires de John Price qui ont suscité des grincements de dents au gouvernement. Elle rappelle qu?elle a lu le discours de l?ambassadeur à l?assemblée générale de l?Amcham car ce dernier n?était pas à Maurice. Cette association comprend des hommes d?affaires américains et aussi le secteur privé mauricien qui a des échanges avec les Etats-Unis.

C?était donc le forum approprié pour le gouvernement américain d?évoquer les problèmes que rencontrent les hommes d?affaires américains pour faire du business à Maurice. On y a aussi parlé des défis économiques qui attendent Maurice et de l?Africa Growth and Opportunity Act. C?est ainsi que la question de l?industrie de la contrefaçon a été évoquée, rappelle Bisa Williams. ?J?ai reçu deux réactions différentes à ce discours. La communauté des affaires semble l?avoir bien accueilli alors que certains membres du gouvernement ont trouvé que c?était un affront. A en croire la presse, il y aurait même une crise bilatérale. Qu?est-ce qui s?est passé ? Pourquoi est-ce que cela a mal tourné ??

Selon elle, il existe déjà une volonté commune des gouvernements mauricien et américain de lutter contre le piratage. ?Malgré notre convergence d?opinions sur ce problème nous n?avons pas réussi à transmettre notre message?, poursuit Bisa Williams en se référant au discours lu à l?assemblée générale de l?Amcham.

?Nous n?avons pas suffisamment mis en exergue les efforts du gouvernement pour combattre ce problème malgré les risques que cela peut représenter pour lui. J?ai bien essayé d?ajouter quelques mots hors du texte écrit pour dire cela mais ce n?était sans doute pas suffisant pour équilibrer notre message. ?

A l?assemblée générale du MIM, elle s?est rattrapée en évoquant le leadership du gouvernement sans lequel on n?aurait pu trouver un accord dans le cas Ralph Lauren. ?Le Premier ministre, Paul Bérenger, et le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, ont pris des mesures pour trouver une solution?, dira encore Bisa Williams.

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