Publicité
Biro dan vilaz
Récapitulons. Un biro dan vi.laz alors que le Morne Heritage Trust Fund a des quartiers généraux à Réduit. Et qu?il tient des réunions dans la salle de conférence du ministère des Arts et de la Culture. Un biro dan vilaz avec un ordinateur doté d?une connexion ADSL?qui vient pallier ( l?invitation est de Stéphanie Anquetil, directrice du Le Morne Heritage Trust Fund) l?ordinateur en panne du centre communautaire du Morne.
Dans un dossier où le mot ?compensation? résonne à chaque 1er février, faut croire que ?compensation? s?est trouvé une nouvelle date au calendrier. Celui du 23 août, journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.
Non, nous n?allons pas encore parler de ce type de commémoration où le symbolique prend le pas sur l?action. Non, nous n?allons pas rappeler que l?an dernier, à pareille date, une BD sur l?esclavage avait été lancée en grande pompe. Sauf que cette BD date de 2004, année, où elle avait été lancée en fanfare? par le même ministère, celui des Zrts et de la Culture.
Non, nous ne nous arrêterons pas à l?inauguration d?un bureau (ou est-ce un centre communautaire bis offert aux villageois ?) qui fonctionne déjà depuis deux mois. Et qu?il fallait ?ouvrir? à date propice.
Non. Notre propos n?est pas non plus de trouver à redire sur ce dossier d?intérêt national qu?est l?inscription du Morne sur la liste du patrimoine mondial de l?Unesco. Bien au contraire. Nous sommes parmi ceux qui trépignent d?impatience en attendant le résultat de la nouvelle campagne de fouilles archéologiques qui a lieu actuellement au Morne. Il se pourrait que ce soit un village d?esclaves. Imaginez toutes les possibilités. Un dossier renforcé. De quoi faire taire la version qui relègue les marrons qui se seraient jetés dans le vide, ?parski zot kontan liberte? au rang de mythe. Qui sait, ce site pourrait même générer de quoi pérenniser le site.
Alimenter le plan de gestion qui est en préparation. Celui qui stipule qu?il n?y aura pas de développement sur les Pas géométriques, pas de développement sur la portion de terrain qui relie la péninsule à la terre ferme, pas de nouveaux hôtels sur les plages.
Ces paramètres établis, excusez-nous de revenir à qui tout à coup semble si dérisoire. Car nous avons beau chercher, nous ne voyons pas bien en quoi une adresse symbolique aidera à faire avancer un plan gestion en phase terminale. Alors que l?action se passe au septième étage du Renganaden Seeneevassen Building.
Un bureau au Morne avec du personnel recruté au village du Morne. Avec un (seul) ordinateur pour les étudiants du Morne. Cynisme pur mais pourquoi est-ce que plus nous y pensons plus cela ressemble à une compensation pour descendant d?esclave ?
Serait-ce un sursaut ? Alors que le village a soif de développement intégré ? Ou est-ce une de ces subtilités pour dépenser les deniers publics par ces temps de ?early harvest?. D?autant plus que depuis deux ans que des réunions se tiennent dans la capitale, que les personnes du village devant y prendre part s?y sont rendues à leur propre frais, aucune objection audible n?a été émise.
Alors qu?il ne reste moins d?un an avant que la décision finale de l?Unesco ne soit connue (en juin 2008 au Canada), alors que les consultations sur le plan de gestion ont atteint les derniers stages, c?est seulement maintenant que l?on ?sagrin? les ti-dimoun. Seulement maintenant qu?on leur donne un outil pour être mieux informés. C?est très bien de ne pas oublier. C?est d?ailleurs le but de la journée du 23 août. Journée du souvenir. Tâchons de ne pas oublier les priorités. Notamment l?émotive question des Integrated Resort Scheme.
Publicité
Publicité
Les plus récents