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Big B& Rani Héros de l?ombre
Alea jacta est. En 2006, le jury des Filmfare Awards n?aura aucun mal à désigner le meilleur et la meilleure actrice. Le Big B et Rani Mukherji méritent amplement ses récompenses. Tout comme Rome qui ne s?est pas bâtie en un seul jour, il a fallu à Sanjay Leela Bhansali presque une année pour réaliser son film, le fameux Black.
Les critiques, même celles qui sont parfois les plus dures, sont unanimes. Amitabh Bachchan et Rani Mukherji seront imbattables avec Black.
«Le plus grand triomphe de Sanjay Leela Bhansali est d?avoir imaginé un tel scénario. C?est une histoire humaine tellement puissance et déchirante. C?est vrai qu?on ne retrouve pas le fabuleux décor de Devdas avec ses belles couleurs et ses magnifiques vitraux, mais Black comporte des scènes d?intenses émotions. Il n?y a aucune chanson, cependant les amateurs ne films musicaux ne se sentiront pas du tout perdus,» explique Amitabh Bachchan.
Bien que Black ne comporte aucune chanson, la musique de fond contribue énormément à rendre les émotions plus intenses et captive encore plus les spectateurs.
«J?ai fait beaucoup de films durant ma longue et riche carrière. Cependant, je n?ai jamais tourné un film comme Black. Au départ, je pensais même que ce qu?on me demandait était au-dessus de mes capacités. Le tournage a été par moments éprouvant mais ô combien gratifiant. Comme on dit si bien, après l?effort, le réconfort.»
Sanjay Leela Bhansali a récemment déclaré dans une interview qu?après avoir dirigé Amitabh Bachchan il ne pourrait plus diriger un autre acteur pendant les cinq ans à venir. Le réalisateur a fait sourire quand il a révélé qu?il était devenu l?esclave du Big B. Comment l?acteur réagit-il à ses commentaires?
Pressenti pour les Oscars
«(Rires) Sanjay est beaucoup trop bon envers moi. Quelle modestie de sa part. Sanjay est capable de vous surprendre, de vous étonner à n?importe quel moment. Il peut emprisonner certaines belles images qui avec d?autres passeront inaperçues. Voilà toute la magie de Sanjay. Sa vision, son sens de l?esthétique et son professionnalisme restent selon moi jusqu?à l?heure inégalés.» Black est pressenti pour figurer parmi les films que l?Inde compte présenter au jury pour les Oscars 2006. Qu?en pense un acteur de la trempe d?Amitabh Bachchan ?
«Un Oscar est une des plus prestigieuses récompenses américaines. Mais je ne comprends pas le besoin insatiable des Indiens d?être toujours à la recherche d?un Oscar. On n?a pas la même culture, pas la même couleur. Est-ce qu?on fait les films avec Meryl Streep ou Brad Pitt ? Est-ce que quelqu?un va un jour demander si Tom Cruise va recevoir le Filmfare Award ? Bien sûr que non. Alors je ne vois pas pourquoi il nous faut aller mendier un Oscar,» réplique Amitabh Bachchan.
Sanjay Leela Bhansali a dit que Black l?avait changé ? Est-ce que le film a aussi changé l?acteur ? «Black m?a fait voir le potentiel extraordinaire que détient Sanjay. Black n?est que le commencement pour lui. On n?a vu que la partie visible de l?iceberg. Black restera ma plus belle expérience au cinéma.»
Rani Mukherji, de son côté, a révélé que Black l?avait littéralement transformée. «Je suis vraiment heureuse d?avoir fait ce film. Quand je me suis vu à l?écran, je pouvais à peine croire que c?était moi. Dès que je commençais à interpréter le personnage de Michelle, je devenais une autre personne. Black m?a apprise une leçon, celle de la vie. Quand une personne ne possède pas les sens vitaux comme la vue et l?ouïe, c?est un vrai cauchemar. J?ai ressenti cette douleur en tournant Black.»
L?actrice ajoute que Black est un tournant dans sa carrière parce qu?après le film elle a su qu?elle pouvait aller au-delà de ses limites. Depuis 2004, l?actrice est enfin appréciée à sa juste valeur. Après Saathiya et Hum Tum, Rani Mukherji a prouvé qu?elle pouvait désormais jouer dans la cour des grands.
«Tout ce que j'ai fait dans ma carrière jusqu?à présent m?a énormément appris. Black me fait désormais porter une lourde responsabilité. Je ne pense pas que je pourrai faire aussi bien à chaque fois. Mais cela m?a donné envie de me surpasser à chaque fois.»
Les autres actrices n?ont qu?à bien se tenir. La grande et puissance Rani est bel et bien là.
«Pour être honnête, je ne cherche pas la compétition car dans ce milieu elle est malsaine. Je m?intéresse de près à ma carrière mais elle ne doit pas se faire au détriment des autres. La faim ne justifie pas les moyens. Faire des films est important, mais ce qui compte le plus dans ma vie est ma famille,» commente la comédienne.
Black est sans conteste le film de l?année. Il ne fait aucun doute qu?à la prochaine cérémonie des Filmfare Awards, Sanjay Leela Bhansali et sa petite équipe répartiront avec plusieurs trophées. Mais reste qu?au-delà des récompenses futures, Black a démontré que le cinéma indien est doté d?un formidable potentiel. Bollywood n?a à rougir de rien.
La magie de Black
La couleur n?est désormais plus noire elle est devenue dorée. Les multiplexes indiens font salle comble pour Black depuis trois semaines. Le distributeur, Anil Thadani, avait un peu peur avant la sortie de Black. C?était injustifié.
«J?avais peur que le public n?apprécie pas ce genre de film. Les films dans lesquels les acteurs interprètent des rôles d?handicapés ne marchent pas tellement à Bollywood. Dans le passé, on a eu de très mauvaises surprises. Mais cela ne c?est pas du tout passé comme on l?avait imaginé avec Black. On a été agréablement surpris. Le premier jour les salles n?étaient pas totalement remplies. Mais la nouvelle s?est propagée aussi vite qu?une traînée de poudre. Les gens ont vite su que c?était un excellent film,» explique Anil Thadani. Dès la première semaine, les recettes se sont élevées à Rs 21 millions et les choses ne s?arrêteront pas en si bon chemin.
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