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Bien choisir avant de construire

19 novembre 2003, 20:00

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UN CHEZ-SOI demeure encore, pour un grand nombre, un rêve inaccessible si l?on n?a pas recours à un prêt d?une institution spécialisée. La Mauritius Housing Company Ltd (MHC) innove, tandis que les banques commerciales ont trouvé là un nouveau filon. Mais rien n?est donné et des promesses alléchantes peuvent parfois cacher quelques petits désavantages?

En cette année où elle fête son quarantième anniversaire, la MHC a voulu se refaire une jeunesse. Elle se veut un ?one-stop shop? en matière de prêts logements. Ainsi, à ses plans de prêts subventionnés par le gouvernement et réservés aux seuls détenteurs d?un compte Plan épargne logement (PEL) aux taux d?intérêts de 6,5 % et de 10 % l?an, elle ajoute trois nouveaux produits. D?abord, un prêt pour l?acquisition d?un terrain résidentiel ou d?une résidence secondaire, avec un plafond de Rs 1,5 million et un financement jusqu?à 90% de la valeur du terrain ou de la maison. Ensuite, un plan de Fast Loans qui permet un emprunt sans hypothèque, pour la rénovation, l?amélioration ou la finition de la maison, ou un refinancement des dettes encourues pour les projets résidentiels. Enfin, un plan de Normal Loans pour ceux dont les revenus mensuels sont supérieurs à Rs 10 000, avec un moratoire de trois mois pour le premier remboursement et une assurance vie et une maison gratuite pendant la première année.

Outre ses nouveaux plans, la MHC met également à la disposition de ses clients ? et à un prix qu?elle qualifie de très compétitif ? les services conseils de ses ingénieurs et de ses architectes pour la conception et la réalisation des plans selon les normes et spécification requises par les autorités. Cet organisme a aussi ouvert des succursales à Goodlands, Flacq, Rodrigues et Curepipe pour un service décentralisé.

Les banques ne veulent pas être en reste. S?inspirant des produits existants, elle en proposent des versions améliorées. Ainsi, le Mauritius Commercial Bank Housing et le State Bank of Mauritius flexi offrent des possibilités de financement jusqu?à 100 % du coût du projet, évitant à l?emprunteur de s?endetter ailleurs. A la MHC, par exemple, l?on demande à l?emprunteur une parti-cipation de 30% du coût global du projet. Où trouver ces 30 % sinon en ayant recours à un autre prêteur ? Même politique à la Barclays Bank et à la HongKong and Shanghai Banking Corporation (HSBC), qui réclament une participation à hauteur de 25 % du coût du projet.

Mais le véritable souci de l?emprunteur concerne les taux d?intérêts. Les banques commerciales qui se sont lancées sur le marché du prêt logement ont voulu capitaliser sur cet aspect. Si les taux sont variables, dépendant des Prime Lending Rates, les propositions des banques commerciales se comparent favorablement à celles de la MHC.

Ecourter la durée de remboursement

Le SBM flexi réclame actuellement 10,5 %; le MCB Housing réclame entre 9,5 et 10,75 % en fonction des objectifs et des montants des financements demandés. Pour exemple, le taux d?intérêt sur un prêt de moins de Rs 2 millions à la MCB pour l?acquisition d?un premier terrain ou l?acquisition ou la construction d?une première maison est de 9,5 %. Tandis que pour l?acquisition d?un second terrain ou l?acquisition ou la construction d?une seconde maison, toujours sur une valeur de moins de Rs 2 millions, l?emprunteur paiera 10,25 % d?intérêts. A la HSBC, le taux d?intérêt est de 10 % pour tout prêt de Rs 500 000 à Rs 5 millions, et de 10,5 % pour les prêts de moins de Rs 500 000. La Barclays prête à 10,50 % sur moins de Rs 1 million et 10,25 % sur plus d?un million.

Autre source d?inquiétude pour l?emprunteur : la période de remboursement. Il va sans dire que la durée de celle-ci influe directement sur le montant des mensualités. Presque tous les plans traditionnels fixent la période de remboursement à quinze ans. Les plans des banques commerciales vont un peu plus loin. Pour le MCB Housing, la période maximale de remboursement va de quinze à vingt-cinq ans. Le SBM flexi va jusqu?à vingt ans de même que le plan de la Barclays. Seule la HSBC conserve cette limite de quinze ans.

La rigidité dans le mode de remboursement peut paraître contrai-gnante à certains. Le MCB Housing parle de remboursement du capital et des intérêts en mensualités fixes, tandis que le SBM flexi tient compte de la possibilité que le salaire de l?emprunteur évolue au fil des années, et de l?évolution de sa capacité de remboursement. Il peut donc écourter la période de remboursement sans se voir imposer une pénalité. Les autres institutions imposent une pénalité en cas de early repayment.

La garantie, un incontournable

La période de remboursement est fixée en fonction de l?âge légal de la retraite. Pas étonnant donc que tous les plans établissent leurs modalités de remboursement en prenant pour acquis que l?emprunteur devient profesionnellement inactif à l?âge de 60 ans. Des institutions offrant des plans de prêts logement, seule le MCB Housing se montre quelque peu novatrice en fixant à 65 ans l?âge de l?emprunteur à maturité du prêt.

Les différents plans présentent aussi quelques petites variantes. Par exemple, l?emprunteur qui s?adresse au SBM flexi peut bénéficier d?un moratoire d?une année sur la période de remboursement. Et si toutes les institutions prêteuses offrent un plan d?assurance, il faut savoir que tel plan offre une couverture étendue (décès, invalidité permanente et incapacité permanente) et tel autre se limite à une assurance-vie ou assurance-vie et maison gratuites pendant la première année du prêt.

Enfin, et cela est évident, aucune institution ne prête sans garantie. Dans tous les cas de figure, il est demandé une hypothèque sur le terrain ou la maison. Le MCB Housing précise qu?il accepte les sécurités suivantes : sûretés fixes, dépôts, titres cotés en bourse.

Les demandeurs de prêts peuvent sans aucun doute se réjouir d?avoir un plus large éventail de produits. Mais il faut savoir faire un bon choix, en fonction de son projet, de ses revenus et de sa capacité de remboursement. Il ne sert à rien de s?emballer pour tel avantage offert par un des plans, car il n?existe aucun plan parfait et sans inconvénient.

Il faut faire doublement attention aux contrats. Pour l?heure, il n?existe aucune législation qui protège l?emprunteur contre les clauses abusives que peut contenir un contrat entre deux parties, et en cas de litige, l?institution prêteuse est presque toujours en position de force.

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