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Bhadain suspendu
LE feuilleton de l?Icac s?est enrichi d?un nouveau rebondissement hier. Cette fois, c?est le directeur de la Corruption Investigation Division, Roshi Bhadain, qui en fait les frais. Il est suspendu de ses fonctions. En outre, il s?en est fallu de peu qu?il soit arrêté.
Alors que rien ne laissait présager un développement si dramatique, quatre officiers de la commission lui remettent à 15 heures hier une lettre l?avisant de la mesure de suspension à son encontre. Il reçoit aussi l?ordre d?évacuer ses bureaux mais de laisser sur place tout son matériel de travail. Il obtempère mais fait savoir qu?il doit emprunter un ordinateur portable sur lequel sont stockés ses mails personnels. Face à son insistance, les policiers attachés à la commission menacent de l?arrêter pour vol.
Dès qu?il comprend que les choses se gâtent pour lui, il prend contact avec son avocat, Me Yousuf Mohamed. Celui-ci juge la situation assez grave pour en parler au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh. Finalement, il est convenu que l?ordinateur restera sous la garde de la police de Trou- Fanfaron en attendant qu?un juge soit appelé à statuer sur la question.
La lettre de suspension ne fait mention d?aucune charge spécifique. Roshi Bhadain est seulement accusé d?avoir un comportement susceptible de porter préjudice à la commission. Me Yousuf Mohamed compte riposter dès ce matin, également par voie de lettre, pour protester contre ce qu?il considère une ?suspension arbitraire?. Il envisage de réclamer des dommages à la commission pour son client.
Selon une interprétation du Prevention of Corruption Act, la commission aurait agi dans l?illégalité en sanctionnant Roshi Bhadain sans passer par la procédure statutaire. La clause 40 de cette loi prévoit qu?il revient au Corruption Advisory Committee de ?review the operational, staffing and administrative policies of the Commission?. Or ce comité n?a pas été consulté.
L?express a enquêté sur les circonstances qui ont débouché sur la mesure spectaculaire prise hier. Il en ressort que c?est pour empêcher la réunion du comité parlementaire prévue cet après-midi de prendre la tournure d?un déballage sordide que Roshi Bhadain a fait l?objet d?une mesure aussi sévère.
Ce dernier a transmis, mercredi, au comité Dawreeawoo une lettre dans laquelle une de ses collaboratrices se plaint de harcèlement de la part d?un haut responsable de la commission. L?employée condamne la manière d?agir du haut responsable qui serait ?very unprofessional, very unethical? et dit qu?elle est ?pressurized and threatened that my career will be at risk?. Cet après-midi, Roshi Bhadain serait allé plus loin et aurait communiqué d?autres détails de l?affaire devant le comité si l?occasion lui avait été donnée.
L?histoire de la lettre remonte à deux mois. Alors qu?elle se trouvait devant son ordinateur, une jeune investigatrice de la Corruption Investigation Division reçoit une visite fort inopportune. Elle ne proteste guère car elle est intimidée par le fait que l?intrus est un haut gradé. Ce dernier fait des gestes qui embarrassent la dame mais celle-ci résiste aux avances. Les jours suivants, comme les choses ne s?améliorent guère, elle informe verbalement son chef de section, en l?occurrence, Roshi Bhadain. Ce dernier aurait fait signer par ses collègues une pétition de soutien destinée au comité parlementaire.
Vendredi dernier, la tension monte d?un cran. La victime présumée du harcèlement est rabrouée devant témoins par l?entreprenant haut responsable. La jeune femme reçoit l?ordre d?imprimer des documents se trouvant sur l?ordinateur d?un collègue de bureau, dont elle est jugée ?trop proche?. Elle refuse. La situation dégénère et des menaces sont proférées contre elle. L?investigatrice décide alors de rapporter par écrit à Roshi Bhadain les propos échangés lors de cette réunion houleuse. C?est cette lettre qui a été transmise au comité.
Ignorant les dessous des tensions prévalant au sein de l?organisme depuis plus de deux mois, le comité parlementaire avait inscrit à l?ordre du jour de la réunion d?aujourd?hui une question portant sur les procédures à l?Icac. Il semble qu?à hier après-midi, l?instance n?avait aucune indication des causes réelles des problèmes relationnels prévalant à l?Icac.
Plusieurs personnalités du pays ont suivi de près les développements intervenus hier soir dans cette affaire. Le secrétaire général du MMM, Ivan Collendavelloo, a été parmi ceux qui ont réagi vivement en apprenant la suspension de Roshi Bhadain. ?C?est avec désolation et tristesse que je prends note de ces développements?, a-t-il commenté dans une déclaration à l?express. ?J?en appelle au comité parlementaire pour qu?il agisse avec poigne. J?en appelle aux Madun Dulloo et Rasheed Daureeawoo pour qu?ils enterrent la hache de guerre , car il s?agit de l?avenir du pays, pas de la politique partisane. Je dis à Navin Bheekarry et à Roshi Bhadain qu?ils ont commis des erreurs de jugement durant leurs parcours mais qu?ils doivent cesser leur querelles de clocher. Je demande aux commissaires de se réunir au plus vite pour procéder à un examen de conscience?.
?You have to act now?, a déclaré le secrétaire général du MMM pour exhorter tout un chacun à régler la crise de l?Icac le plus vite possible.
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