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Bettini, à la fois David et Goliath
Impérial en Coupe du monde, Paolo Bettini Quick Step incarne la science de la course, et est plus que jamais annoncé comme le grand favori pour le Mondial, à quelques jours de l?épreuve à Hamilton, au Canada.
Paolo Bettini, qui a terminé 11e de Paris - Tours, a mathématiquement conservé ?sa? Coupe du monde, avant même la dixième et dernière manche au Tour de Lombardie dans deux petites semaines (18 octobre). ?J?avais hâte de clore tout suspense dès ce dimanche, soufflait Bettini à l?arrivée, afin de ne plus songer qu?à l?épreuve mondiale de la semaine prochaine à Hamilton. C?est chose faite désormais et, psychologiquement, je peux partir l?esprit tout à fait libéré au Canada.? Cette année, le ?Grillo? (la sauterelle) de la Quick Step, ainsi surnommé pour sa puissance explosive et son agilité à s?extirper du peloton, a causé des ravages au sein des campagnes de la Coupe du monde.
Le nouveau maître des classiques
En s?imposant à Milan ? San Remo, Hambourg et Saint-Sébastien, le pétillant petit champion italien a été le premier à remporter trois épreuves de Coupe du monde dans la même saison. ?Pour moi, Bettini est le meilleur coureur de classiques?, admet beau joueur Van Petegem, pourtant auteur de l?exceptionnel doublé Tours des Flandres ? Paris-Roubaix. Et, à vingt-neuf ans, il a largement le temps de rattraper son coéquipier Johan Museeuw (onze épreuves de Coupe du monde), d?autant que le Livournais possède un répertoire qui lui permet de s?exprimer sur les terrains les plus variés. Son taux de réussite est assez impressionnant quand on sait qu?il n?a disputé que six manches cette saison, puisqu?après le Tour des Flandres, une chute dans Gand-Wevelgem (luxation de l?épaule) le priva des ses Ardennaises préférées.
Petit gabarit (1m68 pour 61 kg), Paolo Bettini est davantage réputé pour son habilité man?uvrière que pour ses qualités de sprinter.
Selon Andrea Tafi, qui le côtoyait chez Mapei, il possède une qualité essentielle : le sang-froid, doublé d?une intelligence rare. ?Je ne l?ai jamais vu s?énerver ou commettre un effort inutile?, confesse-t-il. ?Quel que soit l?enjeu, il sait analyser toutes les situations?, renchérit Franco Ballerini, le sélectionneur de l?équipe d?Italie. On a du mal à imaginer aujourd?hui qu?il fut, il n?y a pas si longtemps, le lieutenant de Michele Bartoli. Qui sait, si ces deux-là ne s?étaient pas disputés (Bartoli sentant la classe de son équipier le pousser vers les sommets), Bettini ne serait peut-être encore qu?un gregario.
Son ?premier objectif atteint?, Bettini a maintenant le regard fixé sur Hamilton où il rêve de décrocher l?autre maillot irisé ?sur un parcours rêvé pour lui? (dixit son compatriote Daniele Nardelo). Mais, parce qu?il fait le métier comme personne, le tout récent papa sait que l??on peut tenir une forme exceptionnelle et pourtant ne pas parvenir à s?imposer. Il faut toujours une petite part de chance pour gagner ou, tout du moins, que les circonstances de course soient favorables.?
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