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Beslan commémore l’anniversaire de la prise d’otages

2 septembre 2005, 00:00

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Pleurs et cris de désarroi mêlés de colère ont à nouveau retenti hier à l’école n° 1 de Beslan, en Ossétie du Nord, où les proches des victimes ont commémoré le premier anniversaire de la tragique prise d’otages qui a fait 331 morts dont une moitié d’enfants.

Dans le gymnase de l’établissement, où de nombreuses victimes ont péri dans une explosion suivie d’un incendie, des mères en larmes sont venues se recueillir, collant parfois leur front aux photos des élèves tués, alignées sur les murs. Plusieurs de ces portraits portent des noms identiques, attestant que des familles entières ont été anéanties dans ce bain de sang.

Craignant que les séparatistes tchétchènes ne saisissent l’occasion pour mener une nouvelle opération, les autorités russes ont renforcé les mesures de sécurité autour de l’école où la police a été déployée en nombre. Un détecteur de métaux a en outre été installé à l’entrée. Partout ailleurs en Russie, les élèves qui effectuaient leur rentrée scolaire sous bonne escorte ont observé une minute de silence.

La reprise des cours avait été repoussée à Beslan, où Klara Gassinova a accompagné Alyona, sa petite-fille de 18 mois, l’une des rescapées, pour lui montrer le portait de sa mère Fatima et de sa soeur Kristina.

<B>Les proches des victimes au Kremlin </B>

Il y a un an jour pour jour, un millier de parents et d’élèves s’étaient présentés comme elles à l’école n° 1 , les bras chargés de fleurs destinées aux enseignants, comme le veut la coutume lors des rentrées scolaires en Russie. Mais ce sont des hommes en armes qui les ont accueillis et les ont retenus en otages pendant trois jours. La plupart des hommes ont été exécutés et les autres privés d’eau par une chaleur étouffante qui a contraint des enfants à boire leur urine. Deux jours plus tard, une explosion a retenti dans le gymnase, précipitant l’assaut.

Parmi les proches des victimes, nombreux sont ceux qui dénoncent la responsabilité des forces de l’ordre, coupables à leurs yeux d’avoir bâclé l’opération. Certains soupçonnent en outre les responsables ossètes d’avoir favorisé, moyennant des pots-de-vin, l’infiltration du commando. Leurs représentants sont reçus aujourd’hui au Kremlin par le président Vladimir Poutine, qui évite d’ordinaire tout contact avec des citoyens mécontents.

A Beslan, plusieurs parents de victimes, incapables de retenir leur colère, s’en sont pris à la directrice de l’école, Lydia Tsaliyeva, l’accusant de collusion avec les preneurs d’otages, tandis que d’autres se portaient à son secours.

“Notre propre peuple nous a vendu”, a lancé Clara Kotounova, dont le petit-fils, Teimouraz Daurov, a été tué il y a un an. “Certains me supplient de ne pas crier. Ils ne veulent pas que je parle. Mais je vais parler, je vais tout dire. Je n’ai peur de rien”.

<B>Oliver BULLOUGH</B>

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