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Bernard Maigrot échappe de peu aux assises
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Bernard Maigrot échappe de peu aux assises
Sept ans après les faits, le principal suspect du meurtre de Vanessa Lagesse, Bernard Maigrot, retrouve le sourire. Le Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Gérard Angoh, a estimé qu?il n?y avait pas matière à entamer des poursuites aux assises. Une décision qui vient mettre un terme à une longue procédure judiciaire. Le principal concerné se verra, demain, notifié de l?arrêt des poursuites à son encontre lors de sa comparution en Cour suprême.
La décision du DPP est venue prendre à contre pied celle du Senior Magistrate, Azam Neerooa, qui avait, le 28 novembre 2007, décidé de déférer Bernard Maigrot aux assises pour le meurtre de Vanessa Lagesse. Lors de l?enquête préliminaire qui avait été initiée, quelque 71 témoins ont été appelés à la barre. Le principal suspect a, lui, toujours clamé son innocence, expliquant qu?il avait été victime de brutalités policières.
Le corps de la styliste Vanessa Lagesse a été découvert dans la nuit du 9 au 10 mars 2001, gisant dans la baignoire de son bungalow à Grand-Baie. Les soupçons des enquêteurs s?étaient très rapidement dirigés sur Bernard Maigrot, qui n?était autre que l?amant de la victime. Son épouse, Isabelle, et lui sont d?ailleurs interrogés par la Major Crime Investigation Team le 24 mars 2001 en présence de leur homme de loi. Les interrogatoires étaient menés par l?ex-surintendant, Gyan Unmar, l?ex-surintendant, Bala Kamachi, l?inspecteur, Daniel Monvoisin, et le sergent Nukalu.
Un mois plus tard, soit le 23 avril 2001, deux policiers, soutient-il, se présentent chez lui et le transportent dans un lieu inconnu où il aurait été roué de coups. Toujours selon Bernard Maigrot, ses aveux lui auraient été extorqués sous la torture. Des aveux fabriqués, a-t-il toujours maintenu, qui ont été reportés dans le Diary Book de la Criminal Investigation Division de Curepipe par feu Prem Raddhoa.
Bernard Maigrot a, ces dernières années, dénoncé les « procédures barbares » et les « sévices » utilisés par certains des enquêteurs pour obtenir ses aveux. Même s?il a toujours réfuté ces accusations, Prem Raddhoa n?a jamais caché qu?il s?était promis de prouver la culpabilité de Maigrot. Un acharnement qui lui avait d?ailleurs causé quelques ennuis avec le judiciaire.
« Soulagé et épuisé »
À l?issue de cette procédure judiciaire, qui aura duré sept ans, rien n?aura permis de retrouver le meurtrier de Vanessa Lagesse. Bernard Maigrot sort, lui, de cette affaire « soulagé et épuisé ». « Il a été très éprouvé par ce procès qui n?avait que trop duré. Il peut désormais tourner la page et se consacrer de nouveau à sa famille », laisse-t-on entendre dans l?entourage de l?ancien principal suspect.
Il lui faudra, pour tourner définitivement la page, attendre l?issue du procès en réclamation qu?il a intenté aux héritiers de Prem Raddhoa : son épouse, Soolekha, ses deux filles, Sharon et Karen, et son, fils Hanley. Une procédure qu?il a entamée, estimant avoir été victime de brutalités policières. Mais en attendant de toucher les Rs 150 millions réclamées, Bernard Maigrot récupérera les Rs 200 000 versées au tribunal de Mapou pour sa remise en liberté conditionnelle.
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