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Bernard Idelson «La radio est le média de la proximité»
22 mai 2004, 20:00
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Bernard Idelson «La radio est le média de la proximité»
Peut-on comparer Radio One et Radio FreeDom ?
- Non, on ne peut pas comparer deux médias différents. Radio One est composée d?une rédaction avec des journalistes. Ils sont issus d?une tradition de presse. Radio FreeDom est née d?un mouvement associatif qui est devenu un mouvement politique. Il n?y a pas des journalistes mais des animateurs qui font de l?information. La seule chose qui les lie est qu?elles sont toutes deux les premières radios privées de leurs îles respectives.
Radio FreeDom est devenue une radio politique. Est-ce son rôle de faire de la politique ?
- Radio FreeDom est liée à l?histoire de la Réunion. Il y a eu la radio puis la télévision, Télé FreeDom. Elle est née au moment où la population réunionnaise avait besoin d?autre chose. Il y avait une soif audiovisuelle. Cette télévision a connu beaucoup de succès. Lorsque Télé FreeDom a été interdite d?antenne, les gens sont descendus dans la rue pour soutenir la radio et la télévision. Les dirigeants se sont par la suite présentés aux élections municipales. Ils se sont présentés pour défendre la cause des médias. Mais il y a eu beaucoup de rhétorique.
Pourquoi la radio est un média qui a aussi bien traversé le temps malgré l?arrivée de la télévision ?
- La télévision est moins souple. La radio a un aspect pratique. On écoute la radio partout, en voiture, chez soi, dans le jardin? Elle se met facilement en place. C?est aussi le média de la proximité et du quotidien. C?est un beau média. Il est instantané. La radio est aussi un média ludique avec un aspect musical et de loisir.
A Maurice actuellement, des appels d?offres ont été lancés pour des permis d?opération de télévision privée. Quel impact cela aura-t-il ?
- A la Réunion, l?avènement de la radio et de la télévision privée s?est fait avec un écart de dix ans. A Maurice, cela va plus vite. Tant mieux. Cela aura une influence tout à fait positive. Avoir deux journaux télévisés, sur deux chaînes, qui traitent de l?actualité, évite des dérives. Cela crée de la concurrence et stimule aussi. Je m?aventure peut-être mais depuis que Maurice a libéré ses ondes, la Mauritius Broadcasting Corporation a changé et est devenue plus professionnelle. Il y a plus de diversité. L?habillage s?est aussi professionnalisé. Je me dis que la télévision privée permettrait de poursuivre ce changement positif. Une diversité télévisuelle existe déjà avec les chaînes satellitaire mais la multiplication doit venir de l?intérieur.
Comment voyez-vous l?avenir audiovisuel de l?Océan Indien ?
- Il faudrait que l?on puisse créer des ponts dans l?Océan Indien. C?est du commerce comme le fait la chaîne Antenne Réunion avec Parabole. Moi, je rêve d?un journal télévisé en prime time qui réunirait les informations des quatre îles : Maurice, La Réunion, Madagascar et les Comores. Il y a quarante ans, qui aurait dit, que le paysage audiovisuel mauricien aurait été ce qu?il est aujourd?hui. La technologie permet des avancées en matière de diffusion. Le haut débit permet de transférer des images avec facilité. Mais il y a encore du travail à faire pour que les îles arrêtent de se cloisonner.
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