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Bernard Faucon à L?Artothèque

5 octobre 2003, 20:00

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?Le plus beau jour de ma jeunesse ? Une fête de Bernard Faucon?. Ainsi s?intitule l?exposition de photographie en quadrichromie que tient le photographe international, à L?Artothèque du Département de la Réunion, au 26, rue de Paris, à Saint-Denis. Inaugurée le 12 septembre dernier, cette manifestation artistique qui rassemble une centaine de photographies de jeunes de La Réunion, durera jusqu?au 2 novembre 2003.

Présente-t-on Bernard Faucon, ce Provençal né en 1950 ? Voilà plus de vingt ans qu?il réalise des mises en scènes photographiques exposées dans le monde entier. On a pu les apprécier chez Léo Castelli à New-York, Agathe Gaillard et Yvon Lambert à Paris. Ses grandes séries, dont Les Grandes Vacances, Évolution probable du Temps, Les Chambres d?amour, Les Chambres d?or, Les Idoles et Les Sacrifices, Les Écritures, La Fin de L?image, ont participé aux grandes expositions internationales autour de l?image fabriquée.

Le plus beau jour de ma jeunesse est un événement qu?il a réalisé dans pas moins de vingt pays, de 1997 à 2000. Et il implique à chaque fois cent jeunes du pays. ?Cet événement est d?abord une journée de fête avant d?être un événement de la photographie. Cette fête, je l?ai organisée dans des pays très riches, des pays très pauvres, dans des paysages sublimes, dans des sites archéologiques millénaires??, raconte l?artiste. Il l?a aussi réalisée à Puli, pays récemment dévasté par une catastrophe naturelle.

?Une ruse avec le temps?

L?on imagine sans peine l?émotion qui a dû l?étreindre lors de cette opération. Une façon de dire aux enfants de Puli la charge d?amitié et d?espoir qu?il entretient à leur égard, davantage en cette heure pénible. ?Le plus beau jour de ma jeunesse est une ruse avec le temps, une fiction de la photographie. Il se construit sur les traces que l?on a laissées?, dit-il encore. A ces enfants, il conseillera d?emporter de ce qu?ils aiment, une trace, un symbole, une photo, qu?ils mettront dans leurs images. Morceau d?intimité qui aiderait à fleurir le paysage blessé.

Le photographe réfléchit sur le pourquoi de la photographie. Il est d?avis que ?l?on photographie pour l?avenir, pour les autres et pour soi-même dans le futur. Pour pouvoir leur dire, pour pouvoir se dire : cet être, ce visage, ce paysage, cette construction du réel, ils ont bien existé?? Comme il est aussi peintre, il lui est aisé d?établir, par le vécu, un parallèle entre ces deux arts. Les photographies ?ne sont pas un produit de mon imagination et de mon désir, poursuit-il. Dessiner, peindre, chanter, c?est de l?ordre de l?imaginaire, de l?art. Photographier, c?est attester en plus que ce rêve a bien existé, au moins une fois, cette fois-là !? Bernard Faucon, un tendre géant !

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