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Belingo Faro, l?artiste qui bouleverse les temps

23 octobre 2005, 20:00

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Belingo Faro est l?un des artistes les plus doués de sa génération. Pianiste réputé, c?est surtout un musicien complet qui n?hésite pas à bousculer les genres et les convictions. Parti à Dubayy il y a plus de trois ans, il revient une ou deux fois par an. L?occasion de faire un peu le point sur son art.

Belingo Faro a débuté en musique dans le giron familial. Son père jouait du violon et ses frères jouaient dans un groupe. Il y avait toujours un instrument qui traînait à portée de main. Vu son jeune âge, Belingo n?avait pas le droit d?y toucher. Mais lui s?obstine et finit par s?essayer à tout : guitare, basse, batterie. La première fois qu?il joue en public, c?est dans un fancy fair. Et depuis, il ne s?est plus jamais arrêté?

?J?écoutais puis je jouais tout ce qui se faisait à l?époque, surtout des standards mais tout cela était nouveau pour moi?, raconte Belingo Faro. Il joue dans les hôtels, au Chaland (aujourd?hui le Shandrani) puis au Saint-Géran. Belingo Faro va rencontrer Ernest Wiehé et fait rapidement partie de sa formation.

Autodidacte, l?artiste affirme avoir beaucoup appris auprès du jazzman. Mais il fait surtout confiance à son oreille. ?La musique est faite pour l?oreille, pas pour les yeux. Avant de commencer à écrire, l?homme n?a-t-il surtout pas produit des sons ? Même si l?écriture est importante pour l?ordre des choses, l?oreille est plus importante et certains l?ont plus que d?autres. C?est comme la parole, la voix. Tout le monde parle, mais certains disent aussi des conneries et d?autres n?ont pas forcément une bonne voix.?

Pour lui, l?important c?est de jouer. L?apprentissage vient par la suite, avec l?envie. L?envie de jouer donne envie d?apprendre? ?Ceux qui rendent la musique vivante sont ceux qui n?ont pas forcément appris car ils y mettent leur sincérité, leur voix intérieure, leur personnalité.?

Par la suite, Belingo Faro se met à composer. Il s?intéresse surtout à la rythmique séga et à son mariage avec le jazz. Il est d?ailleurs probablement l?un des premiers à s?aventurer sur cette voie. Dans la foulée, il constitue un trio. Il joue du clavier et se fait accompagner par Linley Marthe à la basse et Momo Manancourt à la batterie. Trois copains, trois musiciens hors pair qui font forte impression, c?est le trio Mogolé.

Les expériences musicales s?enchaînent et Belingo fait partie de plusieurs autres aventures au sein du groupe Zemoga ou de Néo Fusion. ?Nous avons toutes les cultures musicales à Maurice, mais les musiciens sont encore un peu timides.?

Belingo aime les défis. Il continue de composer mais bouleverse les temps. ?La musique est une façon de gérer le temps. On peut la concevoir avec ou sans. C?est cette liberté qui est importante pour l?artiste car moins l?art est académique, mieux c?est?, insiste-t-il. Le musicien se met à voyager au gré des tournées. Malaisie, Suède, Madagascar? Il rencontre de grosses pointures, comme le Français François Jeannot, et se nourrit de ces échanges. Il atterrit finalement à Dubayy. ?Là-bas, j?ai d?abord eu une certaine appréhension. C?était après septembre 2001. Mais finalement, c?est une ville très souple.? Il y est depuis trois ans et demi et l?expérience scénique qu?il en retire est très enrichissante. Musicien dans un hôtel sept-étoiles (unique au monde), il chante, joue de la guitare, du piano, des morceaux à la demande ou des improvisations. Il songe aussi à enregistrer et pourrait bientôt entrer en studio? à Dubayy.

Mais, en attendant, l?artiste veut savourer pleinement son séjour à Maurice. En famille, bien sûr, mais aussi avec ses potes musiciens. Il croise le trompettiste Philippe Thomas, le bluesman Eric Triton? Il pourrait bien se produire quelque part, le temps d?une soirée. Et pas forcément au piano?

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