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Bel Air S. E. déclare qu?elle démolira la déposition du ministre Dulull
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Bel Air S. E. déclare qu?elle démolira la déposition du ministre Dulull
La version du ministre Asraf Dulull à la police sera contredite par la direction de Bel Air Sugar Estate (S.E.) la semaine prochaine. De sources proches de la propriété sucrière, l?on affirme que Bel Air S.E. compte révéler à la police les «failles» de la déposition du ministre du Logement et des Terres. De ce fait, la compagnie prévoit de «démolir la déposition» d?Asraf Dulull : «Tout ce que nous allons dire ne pourra que démontrer que les propos du ministre ne sont pas exacts.»
Anil Nemchand, cadre de Bel Air S.E. avait porté plainte en déclarant que l?homme d?affaires Rafiq Peermamode avait demandé Rs 50 millions de la part du ministre. Ce pour qu?il débloque le projet hôtelier et d?Integrated Resorts Scheme (IRS) de la propriété sucrière.
Un des points essentiels de la contre-attaque s?articulera autour de la rencontre du 29 décembre dernier, au bureau du ministre. Asraf Dulull avait affirmé que c?est le directeur de Bel Air S.E., Patrick Rountree qui y avait emmené Rafiq Peermamode.
Ce qui ne tient pas la route, selon une source de Bel Air S.E. : «Cela ne peut pas être possible que ce soit Patrick Rountree qui emmène Rafiq Peermamode. C?est lui qui a rendez-vous avec le ministre et il ne peut pas décider d?emmener quelqu?un d?autre avec lui. C?est impossible. D?autant que Rafiq Peermamode n?est ni employé, ni directeur de Bel Air S.E. Toutefois, comme Peermamode avait organisé la rencontre, il a demandé à Rountree de l?attendre pour qu?il l?emmène chez le ministre.»
<B>Rayer la charge provisoire</B>
Par ailleurs, les discussions sur la motion visant à rayer la charge provisoire de trafic d?influence contre Rafiq Peermamode pourraient, dès lundi, donner une nouvelle dimension à cette affaire de corruption présumée. D?autant que les hommes de loi de Rafiq Peermamode estiment que, comme le ministre Asraf Dulull, leur client doit «être exonéré de tout blâme».
«La police croit en Asraf Dulull, tant mieux. Nous avons toutes les raisons d?avancer que le même traitement doit être réservé à notre client», soutient Me Ashley Hurrangee. Cette décision est intervenue après que la police n?a retenu aucune charge contre Asraf Dulull, mercredi soir.
La motion s?appuiera sur plusieurs éléments dont le fait, selon les avocats, que «it has been established by police inquiry that there is no nexus between minister Dulull and Rafiq Peermamode concerning any illegal transaction whatosever». Anil Nemchand a allégué que Rafiq Peermamode lui avait demandé Rs 50 millions, et qu?il avait fait une première demande le 1er mars de Rs 35 millions.
De plus, les deux avocats comptent soutenir également qu?il n?y a pas de «circumstantial evidence» entre le ministre Dulull et l?homme d?affaires à propos de cette demande de commission.
Les hommes de loi notent des «material contradictions» dans les versions d?Anil Nemchand et du directeur de Bel Air S.E., Patrick Rountree.
Ashley Hurhangee et Dick Ng Sui Wa sont d?avis que c?est sur la version de Rafiq Peermamode que le ministre a pu être libéré car il a abondé dans le même sens que leur client. Pour toutes ces raisons, l?accusation provisoire ne tient pas, d?après les deux avocats.
<B>Dossier pas à l?agenda</B>
Par ailleurs, Asraf Dulull, dans sa déposition mercredi, a affirmé aux enquêteurs qu?il ne souvient pas si Rafiq Peermamode était présent au dîner offert par son frère, Noorani, à Péreybère, en décembre dernier. Quelques invités notent cependant que la présence de Rafiq Peermamode a pu échapper au ministre car il y avait beaucoup de monde à cette soirée même s?il avait dîné à la même table.
Les promoteurs n?ont pas attendu les «bons offices» de Rafiq Peermamode en décembre pour faire bouger leur dossier. Deux mois après les élections, le 5 septembre, Anil Nemchand a écrit au Premier ministre en sa capacité de président du Fast track committee. Et cela, après qu?il avait lu dans la presse que ce dernier allait présider la première réunion de ce comité.
C?est parce qu?il a appris que le dossier de Bel Air S.E. n?est pas à l?agenda du Fast track committee qu?il a écrit à Navin Ramgoolam. Il a alors expliqué quelques détails du projet au chef du gouvernement, tout en lui présentant les partenaires intéressés, dont Raffles International Hotels & Resorts, Oberoi Hotels and Resorts, entre autres.
L?impatience avait gagné Bel Air S.E. car la société est en négociation depuis 2001 pour le renouvellement de 104 arpents de Pas géométriques pour la construction de deux hôtels, un parcours de golfe, et un projet IRS, par la suite.
Le bail a été donné à Bel Air Sugar Estate en 1898. Par la suite, ce bail a été renouvelé le 1e août 1969, pour 30 ans. Il a donc expiré en 1999. Le ministère a décidé de ne plus renouveler le bail. La société a envoyé une lettre au ministre d?alors, Moorthy Sunasee. Elle n?a reçu aucune réponse.
<B>L?Icac explique pourquoi elle n?enquête pas sur Dulull</B>
L?Independent Commission against Corruption (Icac) peut, de sa propre initiative, démarrer une enquête. Mais en l?absence d?un conseil d?administration, qui a la prérogative de cette décision, le département des enquêtes n?est pas habilité à le faire. L?article 46 de la loi prévoit que «where under section 43, 44, 45, or on its own initiative, the commission becomes aware that a corruption offence may have been committed, it shall refer the matter, to the director of the Corruption Division».
Par ailleurs, un communiqué émis hier par l?Icac fait ressortir que l?article 45 (2) du Prevention of Corruption Act, prévoit que lorsqu?il y a une enquête de police sur une affaire de corruption, le commissaire de police peut référer ce cas à la commission s?il le juge pertinent. C?est donc à la discrétion du commissaire de police de référer l?affaire à l?Icac. Le communiqué de la commission juge inapproprié, à ce stade, d?avoir une enquête parallèle.
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