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Beeharry sonne l?alarme !
Stéphane Beeharry persiste et signe. A 29 ans, ce vieux routier continue à faire parler de lui. Nul de la jeune génération, on pense ici à Hyder Aboobakar, Yogesh Mahadnac ou encore Vishal Sawaram, n?arrive à lui barrer la route. Du coup, il poursuit sa quête aux titres, sans être grandement inquiété. Et pas plus tard que dimanche ? à l?occasion du All Sport National Open ? il a encore une fois confirmé sa suprématie en remportant la finale qui l?opposait à Hyder Aboobakar.
Mais pourquoi la jeune génération a-t-elle autant de mal à sortir de sa coquille ?
Stéphane Beeharry est bien placé pour y répondre, lui qui est membre de la sélection nationale depuis 13 ans et enseignant d?Education physique au collège du St-Esprit. « Nous avons une bonne équipe de réserve. Malheureusement, elle n?a pas suivi un entraînement approprié de manière continue depuis le départ du Directeur technique national, Mike Adams en 1999. Quand il est parti, Maurice avait un très bon niveau », raconte-t-il.
Les ennuis ne faisaient alors que commencer. « Malgré son départ, les joueurs étaient motivés. Ils pensaient que le nécessaire avait été fait pour lui trouver un remplaçant. Mais tel n?était pas le cas », explique Stéphane Beeharry. Les grosses performances ont alors cédé la place au découragement et à la démotivation. Certains joueurs ont même préféré partir pour limiter leur frustration. « La fédération a essayé de colmater les choses en proposant des encadreurs aux joueurs. Après quelques mois passés sous la férule d?un entraîneur, on se voyait confier à un autre. Ce petit jeu a perduré. Et, les conséquences on les connaît : le badminton a chuté de très haut, ces cinq dernière années », dit-il avec un brin d?amertume.
<B>« Le niveau stagne »</B>
Chez les filles, n?en parlons pas. La situation est encore plus catastrophique, fait remarquer Stéphane Beeharry, avec toujours les mêmes têtes qui vont en finale. « Il n?y a qu?une petite poignée qui constitue la sélection féminine. Du coup, le niveau a tendance à stagner et les filles ne font aucun effort pour se surpasser car elles savent qu?il n?y a personne derrière elles », poursuit-il.
Ce constat est alarmant, d?autant plus qu?il vient de la bouche d?un joueur qui côtoie le haut niveau depuis plus d?une dizaine d?années.
Pour Stéphane Beeharry, il n?y a pas de solution miracle. Un encadrement approprié et surtout régulier est nécessaire.
« Nous ne pouvons plus continuer à changer d?entraîneur d?année en année. Il nous faut quelqu?un de qualifié, qui soit disponible sur une olympiade. Dans le cas des filles, il faudrait qu?un travail de détection soit fait au niveau des régions pour élargir le réservoir. Si nous ne prenons pas les mesures qui s?imposent, le badminton chutera encore », lance-t-il.
Dans l?immédiat, les joueurs s?entraînent dans le flou. Stéphane Beeharry aurait donc souhaité que la fédération communique aux joueurs ses objectifs pour l?année 2005.
C?est donc tout le plan administratif qui doit être revu pour que la situation s?améliore. Une équipe dirigeante qui soit à la hauteur de ses responsabilités doit être constituée, contrairement aux responsables qui ont servi leurs propres intérêts ces dernières années.
Un pas a déjà été fait, avec la venue des émissaires de la Fédération africaine ? Cephas Lar, Larry Keys et Peter Gacheru ? à Maurice. A la suite d?un rapport, l?ancien comité directeur a été dissolu pour faire place à un comité ad hoc en attendant les nouvelles élections. Plus important encore, les représentants de la FAB ont, dans un rapport étoffé, fait une série de recommandations qui devraient aider le badminton mauricien à sortir du gouffre.
Mais, il faudra compter avec la volonté des autorités, en particulier celle du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Quoi que nous ayons l?impression que tel n?est pas le cas, du moins, pour l?instant.
« Avant de soumettre leur rapport, les représentants de la FAB ont rencontré les personnes concernées directement et indirectement par la situation au sein de l?AMB. A la lumière de ces informations, ils ont fait leurs recommandations aux autorités. C?est donc, je crois, un rapport honnête. Les autorités ne devraient pas prendre ces recommandations à la légère. Il y va de l?honneur du pays et de l?intérêt de cette discipline. En cas de suspension de l?AMB, ce sont les joueurs qui paieront les pots cassées », conclut-il.
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