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?Basic Instinct 2?

19 mai 2006, 00:00

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Sharon Stone fume là où il est interdit de fumer. Assise sur une chaise dans le cabinet du psychiatre, elle écarte les jambes. Mais, comme elle est assise avec le dossier de la chaise devant, il n?y a donc strictement rien à voir. Il y a un pic à glace dans le film, mais il ne sert qu?à briser de la glace. On voit aussi une main glisser sous un lit, à un moment dans le film, mais il n?y a rien sous le lit.

Basic Instict 2, film de Michael Caton-Jones, contient ces quelques références au premier film de 1992 pour nous rappeler que nous sommes bel et bien en présence de la suite. Autrement, on aurait plutôt tendance à l?oublier. Basic Instinct était un film noir plutôt tape-à-l??il mais sulfureux, né de la collaboration entre un cinéaste tordu, Paul Verhoeven, et Joe Eszterhas, un des meilleurs scénaristes des années 1990. Basic Instinct 2 est aussi un film noir, mais écrit et réalisé de manière beaucoup plus convenue.

Les scénaristes ont fait émigrer Catherine Tramell (Sharon Stone) à Londres. Cela leur aurait fourni un bon prétexte pour donner à leur film une saveur de ?vieille Europe décadente?. Manquant de vaillance, ils ont préféré s?en tenir à la vieille Europe sans la décadence. Ainsi, nous avons quelques vues de la City et quelques bons acteurs britanniques, Charlotte Rampling en tête, dans des seconds rôles qui ne contribuent rien, soit au récit, soit au film en lui-même.

Pour les premiers rôles, on se demandera ce qui a bien pu pousser Sharon Stone à rempiler dans le personnage de Catherine Tramell. Il est peu probable que cette deuxième incarnation vienne relancer sa carrière, même s?il est difficile de regarder ailleurs quand elle est sur l?écran. A 48 ans, l?actrice, encore très belle, expose sa plastique dans trois séquences qui sont à l?érotisme ce que la margarine allégée est au vrai beurre. Peu d?actrices auraient pu être aussi convaincantes tout en interprétant un personnage qui n?arrive pas à surprendre.

On sait depuis le premier Basic Instinct que Catherine Tramell aime le sexe, qu?elle est aussi manipulatrice que diabolique et qu?elle ne vit que pour le risque. Basic Instinct version 1992 ayant engendré tellement de copies, on était en droit d?espérer une suite qui soit au moins à la hauteur de l?original. Et, bon nombre de films et téléfilms ayant montré des héroïnes calquées sur ce personnage, on aimerait la voir aller plus loin dans ces trois voies.

Dans le film, elle est diagnostiquée comme ayant développé une dépendance au risque, et elle même avoue ne redouter que l?ennui. Il aurait donc été digne d?elle de s?en prendre à un personnage encore plus dangereux que celui de Michael Douglas dans le premier film. Au lieu de quoi, elle s?en prend au psychiatre Michael Glass, personnage sans relief interprété par l?acteur David Morrissey, insipide dans le rôle. C?est un peu comme voir une panthère chercher querelle à un caniche. On sait dès les premiers échanges que le malheureux n?a aucune chance. Mais, d?un autre côté, qui s?en soucie ?

Ce n?est pas que la présente version soit un mauvais film. C?est une honnête petite série B et on pourra pardonner aux scénaristes de ne pas avoir compris qu?il aurait été plus intéressant de faire la part belle aux instincts primaires. Par contre, on leur pardonnera difficilement, à eux comme au réalisateur, de nous avoir pondu cette suite qui n?arrive qu?à la hauteur des copies.

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