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Basant Roi : il faut l?audace et la créativité

4 décembre 2004, 00:00

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Nos opérateurs ont-ils perdu leur instinct d?entrepreneur et leur sens de la créativité et de l?innovation ? C?est la question que s?est posée hier le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, au dîner annuel de la banque pour les hommes d?affaires.

La réception, au Sugar Beach à Wolmar, a été l?occasion pour la Banque de Maurice d?expliquer sa position, à la communauté des affaires, sur un ensemble de sujets, notamment les taux d?intérêts, l?évolution de la monnaie locale par rapport aux devises, la compétition sur le marché des services bancaires et la supervision des banques. Cette année, le patron de la Banque centrale a décidé d?axer son intervention sur la politique monétaire et l?impact de celle-ci sur l?activité économique. L?argumentation principale de Ramesh Basant Roi est que la politique seule ne peut faire des miracles. En l?absence d?autres facteurs, son influence sur la croissance reste mitigée. Les entrepreneurs doivent contribuer leur part.

«Quelques années de cela, nous avions moins d?épargne et plus d?investissements. Aujourd?hui, nous sommes submergés de fonds et pourtant, l?investissement est stagnant, malgré toute une panoplie d?incitations», s?inquiète le Gouverneur. «N?avons-nous pas trop étirer l?Etat providence au point que le sens d?inventivité et de créativité soit étouffé.»

La stabilité durable des prix, qui est, par ailleurs, l?objectif de toute banque centrale à travers la politique monétaire, est une condition nécessaire à la croissance et le maintien d?un niveau d?emploi élevé. Toutefois, ce seul élément ne suffit pas, explique le gouverneur, pour bien démontrer les limites des initiatives de l?institution.

Ramesh Basant Roi a profité de son discours pour récuser certaines critiques faites à l?encontre de la Banque centrale. Il y a d?abord les accusations selon lesquelles elle serait peu sensible aux impératifs de la croissance et de la création d?emplois. Elle aurait les yeux rivés, selon ses critiques, uniquement sur la nécessité de maintenir un environnement de faible inflation. «Cela est une fausse perception. (?) Nous tenons effectivement ces considérations en ligne de compte. Mais nous privilégions une approche à moyen et à long terme et non pas une vision à court terme.» La politique monétaire ne peut promouvoir la croissance économique et la création d?emplois de manière directe. Elle le fait grâce à une stabilité durable du niveau général des prix. Un système monétaire et financier stable est une condition inévitable pour une croissance soutenue.

Le responsable de la Banque de Maurice s?est aussi fait le porte-parole des banquiers sur certaines accusations dont ils font l?objet. D?abord, l?existence alléguée de cartel dans le secteur bancaire. Il affirme que les taux sur les prêts et sur l?épargne varient d?une banque à une autre. Les commissions et autres charges sur les services le sont aussi, dira-t-il. «Imaginons un instant que toutes les banques offrent le même taux d?intérêt sur les dépôts. Cela voudra-t-il nécessairement dire qu?il existe une collusion entre les agences ? (?) Les interactions des forces du marché font que les prix des biens et des services convergent vers le même niveau avec le temps.»

L?autre critique que Ramesh Basant Roi a dû réfuter, concerne la question des profits (trop élevés au goût de certains) que réalisent les banques. «Ce n?est pas un péché de faire des profits. Les banques génèrent de gros profits mais elles prennent aussi de gros risques. Elles doivent faire des provisions pour des dettes irrécupérables», a-t-il déclaré.

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