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Barzotti, un rêve que nous oserons bien encore?
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Barzotti, un rêve que nous oserons bien encore?
Accoudés à une rambarde boisée, les yeux guettant la grille, nous attendons. Nous attendons ce personnage emblématique, au tempérament fougueux, à la voix rauque. Un Italian Lover, paraît-il. Cliquetis des assiettes. Brouhaha. Il est 21 heures. Et Pépé tente de rassurer son public : ?Il va venir Claude Barzotti, dans dix minutes?? Dix minutes écoulées, toujours rien. Ce dîner-concert au Jardin d?Italie à Flic-en-Flac, lundi dernier, était devenu un supplice.
Une heure et quelques minutes plus tard, le grand Barzotti fait son entrée. Enfilant son costard à la va-vite. Chemise rose fleurie. Pointe d?étonnement. Il séduit d?emblée. Du coup, il efface nos frustrations d?être mal reçu et notre impatience.
Belle voix cassée, encore plus cette fois car le pianiste annonce au micro que Claude Barzotti a attrapé une angine, mais ?Il chantera quand même?? Quel beau spectacle ! Délectable moment. Intense. Malgré ses trois injections de cortisone, Claude Barzotti est magnifique, fiévreux sur cette scène dénuée de tout luxe. Et oui, il lance à l?assistance : ?Comme vous pouvez le remarquer, il n?y a rien ici ! Que la voix?? Une voix et un pianiste.
Ce chanteur parvient d?un coup de souffle à nous emmener dans son univers. Dans sa chanson de Barzotti à l?Olympia, il confie entre les lignes : ?Barzotti, c?est un rêve que je n?osais pas ?. Dansant, forçant le ton malgré la gorge qui lui fait souffrir, il s?est donné, sans rien demander en retour que de la chaleur de son public.
?Je n?ai que la musique à offrir?, chante-t-il avec émotion. Un chanteur qui offre à tous, jeunes et moins jeunes, une richesse, une beauté musicale indescriptible. Oui, c?est un chanteur qui n?intéresse pas forcément quelques jeunes, mais il aurait été incorrect de ne pas assister à ce concert rien qu?à cause de ces a priori.
Car Claude Barzotti chante qu?il a ?si peur de décevoir?. Il est ?si petit entre Jacques Brel et Barbara?. Il le chante peut-être, mais ce n?est pas vrai. Combien d?individus parmi le public se sont abstenus de chanter avec lui, de taper dans les mains ou d?esquisser un sourire ? Très peu. Confinés dans le Jardin d?Italie, le public avait à peine de la place pour marcher et pour s?asseoir. Faisant fi de ces conforts superflus, certains passants sur la route Royale de Flic-en-Flac se sont arrêtés. Médusés par le charisme et le charme de Barzotti.
Hurlement des femmes alors que le chanteur s?élance sur Souvent je pense à vous Madame, sortie en 1975. Que de souvenirs, que de finesse, que de rêves. Cette chanson balaie le temps, fait renaître une époque. Les fans, de sexe dit faible, se tenaient par les mains, bougeant la tête selon le rythme, diffusant de la lumière de leur briquet. L?émotion était bel et bien présente.
Et c?est entre les tables que Barzotti s?est faufilé. Balançant des hanches. Jouant avec la voix. Un répertoire musical qu?il effeuille avec une souplesse intrigante. Il bouillonne d?énergie malgré son angine. Il se rend bien compte qu?un public généreux s?était déplacé spécialement pour lui. Parmi, nous avons retrouvé des personnalités telles que Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme, Lise Coindreau, Mario Armel.
En modeste chanteur qu?il est, Barzotti a plu à tous sans distinction aucune. Il incarnait pour certains un rêve. Pour d?autres, un chanteur rétro qui date des années 70 à 80. Mais ce qui est certain, c?est que toutes les idées faites se sont envolées. Barzotti, c?est un rêve que nous oserons bien encore?
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