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Barcelone, le jardin de Popov

26 juillet 2003, 20:00

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Onze ans après son premier titre olympique à Barcelone, Alexander Popov a renoué avec un sacre planétaire en Catalogne. Le Russe a ajouté une nouvelle médaille d?or mondiale à sa collection en remportant le 100m nage libre.

En 48?42, il s?est imposé jeudi dernier devant ses deux grands rivaux, le Néerlandais Peter Van Den Hoogenband, deuxième en 48?68 (qui rate encore l?or) et le phénomène australien Ian Thorpe, troisième en 48?77.

Grand favori de la course, VDH a une fois encore calé aux portes du titre. Comme sur le 200m, où il avait été battu mardi par Thorpe, le géant batave doit se contenter de l?argent. Il a nagé trois dixièmes moins vite que lors de la demi-finale, où il avait signé la meilleure performance mondiale de l?année en 48?39.

Triplé historique

Il s?agit, d?une certaine façon, de la deuxième médaille d?or de ces championnats pour Popov, qui a déjà permis la victoire de la Russie au relais 4x100 mètres. Il entre d?autre part dans l?histoire en devenant le premier nageur à remporter l?or au 100 mètres messieurs dans trois championnats du monde, neuf ans après sa première couronne.

Rien, jeudi, n?a pu dépasser en lustre ce haut fait, bruyamment acclamé par les milliers de spectateurs, pas même les records du monde qu?avaient fait tomber l?Américain Michael Phelps et le Japonais Kosuke Kitajima.

Le moins que l?on puisse dire c?est que le « Tsar » Alexander Popov, deux fois double champion olympique du 50 et 100 m libre et figure emblématique de la natation mondiale, a parfaitement réussi ses retrouvailles avec Barcelone, la ville qui l?a révélé au monde en 1992, lors des jeux Olympiques.

Onze ans plus tard, beaucoup d?eau a coulé sous le corps du géant russe (2 mètres). En une décennie, Popov, aujourd?hui âgé de 31 ans, a tout connu : la gloire d?être le premier nageur à réussir, après le mythique Johnny Weissmuller, à conserver son titre olympique sur 100m, mais aussi les défaites régulières devant les Australiens, Américains et Néerlandais.

Il a aussi expérimenté la joie d?avoir un enfant comme de recevoir un coup de couteau qui a failli lui coûter la vie, à l?aube d?un jour d?août 1996 sur un marché moscovite, alors qu?il négociait le prix d?une pastèque. L?éloge d?avoir révolutionné le style libre avec ses longs bras, et le mérite d?avoir cloué au pilori jeudi, ceux qui le croyaient dépassé.

Avant les championnats du monde, Popov semblait pourtant avoir appris à revoir ses objectifs à la baisse : « Je suis ici pour m?amuser et en profiter ». Il refusait également de commenter sa forme après ses victoires au Mare Nostrum. « Je ne dirai rien. Je le garde pour moi. Excusez-moi de ne pas parler mais parfois il le faut », poursuivait Popov.

Titre olympique

Alexander Popov ayant décidé de s?installer en Suisse cette année, beaucoup avancent qu?il s?intéressait désormais plus aux dollars des meetings qu?à une préparation pour Barcelone?

Le Russe devrait en tout cas tirer sa révérence après les jeux d?Athènes, en rêvant sans doute de pouvoir réussir l?incroyable pari qui s?est refusé à lui en 2000 à Sydney : remporter un cinquième titre olympique individuel. « En remportant un titre olympique, tu es connu. En en remportant deux tu deviens célèbre, mais si tu en remportes dans trois jeux différents, là tu rentres dans l?histoire », précisait Popov avant les jeux de Sydney où il n?a finalement décroché aucune médaille d?or.

L?histoire, Popov a justement pris la facheuse habitude de la réécrire au cours de sa carrière. Vendredi, il a battu le record du championnat du monde du 50 m libre (21.98) lors de séries et il posait ainsi hier sa candidature (il concourait en finale sur la même distance) à un triplé auquel personne ne s?attendait il y a encore quelques jours.

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