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Banques : les mauvais payeurs de plus en plus nombreux

27 avril 2004, 20:00

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La qualité du portefeuille de crédits des banques s?est détériorée entre juillet 2002 et juin 2003. Les institutions bancaires ont eu à faire face à davantage de débiteurs indisciplinés. Pour preuve, les non-performing loans (prêts sur lesquels des intérêts n?ont pas été payés pendant une période de trois mois) des banques commerciales sont en hausse : Rs 6,7 milliards à fin juin 2002 contre Rs 7,2 milliards à fin juin 2003.

Depuis, la Banque de Maurice (BoM) a tiré la sonnette d?alarme et a demandé aux banques de prendre des mesures appropriées. ?La situation est sous contrôle et l?objectif est de réduire le montant des non-performing loans?, déclare un responsable de la BoM. Néanmoins, les mauvais payeurs continuent à affecter la performance des banques. La State Bank of Mauritius (SBM) a enregistré une perte de Rs 150 millions sur les crédits au cours des neufs derniers mois (voir également le texte ci-dessous).

Le rapport annuel de la BoM sur la supervision bancaire met l?accent sur l?importance de la fiabilité des actifs à la disposition des banques. Gérer un portefeuille de qualité inférieure implique des revenus réduits et des risques élevés.

L?industrie manufacturière se place en haut du hit parade des mauvais payeurs. Les difficultés des industriels de la zone franche, en particulier, contribuent largement à cette situation. Le montant des non-performing loans attribué à ce secteur s?élève à Rs 2,5 milliards à juin 2003. Depuis quelque temps cependant, les banques ont pu réduire leurs expositions aux activités de la zone franche. Les financements avancés sont sujets à plus d?analyse.

Les manufacturiers dans le rouge

Le secteur de la construction suit en deuxième position avec une ardoise d?emprunts non-performants de Rs 1,7 milliard. Les commerçants bouclent le trio de tête avec une note mal réglée de Rs 2 milliards.

Les dettes non honorées dans le segment des particuliers (y compris les prêts au moyen de cartes de crédit) se chiffrent à Rs 0,9 milliard. Les professionnels sont les plus fiables avec Rs 58 millions de non-performing loans seulement. Des provisions existent pour absorber en partie les dettes douteuses.

?Depuis quelques années déjà, la Banque de Maurice a émis des directives très claires sur la gestion du risque des crédits. Peut-être que certaines banques prennent un peu de temps avant de les mettre en pratique. Il est aussi vrai qu?il y a aujourd?hui une meilleure comptabilisation des non-performing loans?, commente Jacques de Navacelle, Managing Director de Barclays Mauritius.

La Banque centrale demande aux banques d?avoir des procédures bien établies touchant à l?octroi des crédits et à l?évaluation continue du portefeuille afin de pouvoir identifier à temps toute détérioration. Les institutions sont aussi tenues de veiller à une distribution sectorielle saine de leurs ressources.

Le rapport de la BoM de Maurice fait état du progrès accompli dans la mise en place d?un Credit Information Bureau (CIB) qui fournira des informations sur les clients aux différentes banques. Les données disponibles auprès du CIB permettront aux institutions bancaires de prêter avec plus de perspicacité.

La BoM a institué une série de directives afin de permettre aux banques de bien gérer leurs portefeuilles de risques. Ces guidelines touchent à toute l?activité crédit (procédures pour approuver les avances; le processus de documentation et de l?enregistrement; le déboursement des fonds; la vérification des prêts de manière individuelle; le contrôle de l?ensemble des crédits; la classification des prêts; et la gestion des cas à problèmes et les actions enclenchées pour récupérer les dettes non-honorées.

Cela implique que les banquiers aient un ?il très vigilant avant d?accorder des prêts. Toute l?activité de due diligence et d?évaluation des projets qui sollicitent des financements devient de plus en plus cruciale.

Sécurisation des prêts

Néanmoins, les directives de la Banque centrale soulignent que les collatéraux sont seulement un instrument pour mitiger les risques encourus par le créditeur. Les garanties ne peuvent se substituer à la capacité de remboursement du client. Les institutions financières ne peuvent, par exemple, financer les fonds de roulement des entreprises uniquement sur la base des garanties fournies.

Dans sa note d?introduction, le Gouverneur de la BoM, Rames-wurlall Basant Roi, attire l?attention sur les difficultés des banques à réaliser les garanties quand les clients jouent aux abonnés absents. Les banquiers se plaignent que les procédures pour liquider les biens offerts pour sécuriser les prêts accordés sont longues. Sans compter que les recettes réalisées sont souvent inadéquates pour compenser l?arrêt du remboursement, note le patron de la BoM.

Le Gouverneur fait aussi référence au scandale MCB-NPF qui a éclaté en février 2003 : ?Il aura fallu un redéploiement de nos ressources de supervision, mais aussi des initiatives stratégiques en vue de sauvegarder la confiance du public dans le secteur bancaire.?

Le rapport évoque les mesures qui ont été prises pour renforcer la vigilance des banquiers et celle des institutions de régulation afin de prévenir les possibilités de malversations, et d?encourager les meilleures pratiques dans le business. Il est beaucoup question des normes de bonne gouvernance et des systèmes de gestion de risques, dont les risques opérationnels.

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