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B. P. 247
<B>A la recherche d?une poche</B>
Votre correspondant Selwa Appasawmy : Fumisterie, oui mais de qui ? l?express du 27 août 2004, répondant à un éditorial de Raj Meetarbhan, apporte un argument qu?il pense être de poids à la question de savoir QUI va payer la compensation aux descendants d?esclaves.
En effet, alors que Meetarbhan souligne que ceux qui ont bénéficié de l?argent provenant de l?esclavage sont ?tous morts? et que, dans un Etat de droit, on ne rend de comptes que pour ses propres actes, pas pour ceux de ses ancêtres ?morts?, Appasawmy croit être très malin en disant (à titre d?exemple seulement, il est vrai) que la MCB a été fondée ?par? l?argent provenant de la compensation payée aux esclavagistes et qu?elle est UNE SEULE ET MEME PERSONNE *DEPUIS SA CREATION EN 1834 ET QU?ELLE EST BIEN VIVANTE CELLE LA !
Il faut toutefois souligner :
● Que la MCB a été fondée en 1838, pas en 1834;
● Qu?elle n?a sûrement pas été fondée PAR l?argent provenant de l?esclavage; du moins pas dans le sens que les esclavagistes se sont tous mis ensemble en se disant: ?Mes amis, fondons une banque avec nos compensations? et que, de toute façon, l?argent étant fongible, cette compensation a irrigué toutes sortes de dépenses et d?investissements de l?époque tant à Maurice, qu?en France, en Angleterre et sans doute d?autres parties du monde;
● Que si la MCB est ?bien vivante, celle-là?, cela est aussi le cas de ses actionnaires, clients et employés du jour qui, eux, pourtant n?ont RIEN à faire avec ce qui s?est passé en 1834 et ne devraient donc, d?aucune façon être spoliés parce que l?entreprise avec laquelle ils opèrent a été une réussite suffisante pour durer plus de 165 ans !
Il faut ainsi, comme actionnaire de la MCB m?insurger violemment contre l?insinuation d?Appasawmy que la MCB, vivante parce que réussie, doit, par ce seul fait, être sollicitée pour réparation aux descendants d?esclaves. De grâce, foutez-nous la paix avec vos élucubrations légales sur les ?vivants? nés en 1838 et laissez les vivants de chair et de sang, tranquilles !
<B>Paul POTTE</B>
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