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Bérenger : ?Haute voltige continue?

23 juin 2004, 20:00

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L?on ne compte plus le nombre de fois où le Premier ministre, Paul Bérenger, a prononcé le terme ?continuité? dans son intervention au cours des débats budgétaires. Une manière de bien faire comprendre que le budget présenté par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, s?inscrit dans la ligne de la politique économique amorcée depuis l?arrivée au pouvoir du gouvernement. C?est aussi un moyen de faire taire ceux qui disent que son successeur se serait largement démarqué de lui.

Le PM résume sa vision de la continuité dans la politique budgétaire et économique. ?Il nous faut développer une services and knowledge economy. Maurice doit passer à un nouveau stade de développement. C?est la continuité que nous prônons.?

Pour lui, l?alliance poursuit ses efforts en faveur du développement de nouveaux pôles de croissance, des mesures pour réduire le déficit budgétaire et la dette publique, en maintenant des investissements dans l?éducation, la santé, le logement ou le tout-à-l?égout. ?C?est ce même exercice de haute voltige qui continue.?

Certes, Paul Bérenger n?a pas manqué de passer en revue les nouveautés du budget. Et de féliciter Pravind Jugnauth pour ?son coup d?essai et coup de maître?, tout en rappelant le ?courage? dont il a fait preuve dans la mise en ?uvre de la réforme sucrière engagée il y a trois ans. ?Il y a nouveauté dans le ton et dans l?accent sur le social et sur la démocratisation de l?économie après trois années d?efforts de redressement économique.?

Le Premier ministre a aussi fait des remarques acerbes à l?encontre de l?opposition qui a critiqué la politique de démocratisation économique. Il a ainsi énuméré les actions prises par son gouvernement en vue de mieux repartir la richesse nationale. ?L?opposition est déstabilisée par la création du Real Estate Investment Trust qui permettra à 325 000 Mauriciens de devenir propriétaires de biens fonciers de valeur. Elle avait dit la même chose au moment de la création du Sugar Investment Trust (SIT).?

Référence inévitable au deal Illovo, qui, dit-il, aura déclenché une réforme agraire de grande envergure, en douceur. Le SIT a bénéficié de cette transaction et en a fait profiter ses actionnaires, travailleurs de l?industrie sucrière et petits planteurs.

?Pour les ti-dimounn?

La participation des employés dans l?actionnariat des compagnies a aussi été abordée. Mais le gouvernement prône le réalisme. L?ouverture du capital se fera de manière volontaire. Pas question pour le gouvernement de forcer les entreprises à prendre cette direction, même si des mesures fiscales seront déployées pour faciliter ce développement.

Dans le même souffle, le PM annonce que le plan d?employees share participation chez Mauritius Telecom est sur le point d?être finalisé. Il répond ainsi à l?opposition qui accuse le gouvernement de n?avoir pas donné le bon exemple à travers les sociétés étatiques.

Paul Bérenger a consacré une large partie de son discours au social. ?C?est un budget pour les ti-dimounn.? Il a d?abord défendu la décision de revoir l?application de la pension de vieillesse. ?Le targeting envoie un signal fort dans le sens de la consolidation de l?Etat providence.? Les autres sujets évoqués sont : le logement social et le problème des squatters; les pratiques suspectes entourant la vente à la barre et les ?casseurs??

Le chef du gouvernement a passé en revue la situation dans divers secteurs. La zone franche et le sucre sont menacés par l?intensification de la compétition internationale. Il parle d?actions visant à soutenir le textile et se félicite des progrès sur le dossier de l?Africa Growth and Opportunity Act à Washington.

Paul Bérenger se dit, en outre, préoccupé par la situation au site d?enfouissement de Mare-Chicose qui atteindra son point de saturation avant le délai prévu. Il s?intéresse aussi aux menaces qui guettent nos nappes souterraines, évoquant les investissements importants dans le traitement des eaux usées.

AMENDEMENT ENVISAGE

Critiques acerbes contre l?Icac

  • Le Premier ministre a laissé parler son exaspération vis-à-vis de l?Independent Commission against Corruption (Icac) lors de son intervention hier soir à l?Assemblée nationale. Il n?est pas content de la performance de cette institution et il lance une menace en termes très clairs : le ?Prevention of Corruption Act?, loi-cadre qui régit la commission, sera amendée. ?Je le ferai savoir à qui de droit?, dit-il. Fait-il référence au président de la République, Sir Anerood Jugnauth, lorsqu?il s?exprime ainsi ? Les amendements qu?il souhaite apporter tournent-ils autour de l?Appointments Committee ? Cette instance prévoit une prise de décision collégiale engageant le Président, le premier ministre et le Leader de l?opposition quand il s?agit de nommer ou de faire partir un dirigeant de la Commission. On sait, par ailleurs, que le président a toujours opposé son veto aux diverses tentatives de l?Exécutif de relever de ses fonctions le directeur actuel de l?Icac, Navin Beekarry. Un amendement à la loi pourra enlever cet obstacle et le gouvernement pourra alors agir à son gré. ?Enough is enough. Nous ne pouvons accorder un budget de Rs 110 millions à l?Icac pour qu?elle continue à faner?, s?est exclamé un Paul Bérenger visiblement énervé.

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