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?Bénarès? projeté dans cinq grandes villes françaises
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?Bénarès? projeté dans cinq grandes villes françaises
Le soleil mauricien a balayé les remous causées par les manifestations estudiantines en France. Bénarès de Barlen Pyamootoo a été projeté dans cinq grandes villes hier, à savoir, Paris, Strasbourg, Montpellier, Tourcoing et Marseille. Cela fait deux années que Barlen Pyamootoo s?éponge le front pour faire sortir son film. Le coup d?envoi a été rude mais glorieux. Les critiques se sont acharnés. Mais l?humeur des acteurs est inflexible : c?est la fierté qui prime.
Entre émotion et coups de griffes, les commentaires vont bon train. ?Un road-movie attachant?, clame le Journal du Dimanche. Alors que Première grince parceque Bénarès est ?une écriture plus littéraire que cinématographique?.
Il fallait opter entre Basic Instinct 2 ou Bénarès lors des sorties en salles hier. Au grand angle : entre une Sharone Stone périmée mais voluptueuse et l?histoire de jeunes garçons issus du village de Bénarès qui vont à la recherche de deux femmes. Soit, entre action et émotion.
Sur les routes de l?île, entre les champs de canne, la caméra capte l?être humain. Deux garçons qui rencontrent deux filles sur les routes. Deux prostituées. Ils les ramènent dans le village. Et là, arrive ce qui doit arriver : la caméra plonge dans la vie mauricienne dans tout son mordant.
Ce film d?auteur a été tourné de 2003 à 2004. Les dialogues sont en créole; pour les salles françaises, il a été sous-titré. Après maintes difficultés financières, Barlen Pyamootoo a mis le filmen boîte en août 2005.
?Bénarès n?est pas un film grand public, explique Jérôme Boulle qui incarne le taximan qui accompagne les deux garçons, il transmet un drame humain. Lors du tournage, Barlen Pyamootoo nous a demandé de créer un jeu cinématographique très sobre, très calme. Bénarès traduit beaucoup plus les émotions, il démontre les sentiments intérieurs au lieu des actions?.
Jérôme Boulle n?a pas vu le film, mis à part quelques séquences. Selon lui, Bénarès repose sur trois éléments clés. Le premier retrace l?histoire des deux garçons. S?ajoute à cela, celle de ce chauffeur de taxi qui a perdu son emploi à la suite de la fermeture d?un moulin sucrier. Le taximan se berce des regrets. Nostalgique et philosophique.
<B>?A un public adulte?
?Mais l?autre élément, c?est cette comparaison que le film établit entre le village de Bénarès et la ville de Bénarès en Inde. D?une part, un paradis qui disparaît et de l?autre, un paradis qu?on recherche??, précise Jérôme Boulle.
L?élément n° 3 : l?errance qui hante ce film. 80 minutes pour vaciller dans le ressenti. ?Il n?existe aucune unité de lieu, ajoute l?acteur, mais une unité de temps. Tout se déroule en une nuit.? Une nuit pour tout dire. S?il n?y pas d?action, il y a surtout l?errance des acteurs.
A l?époque, elle n?avait que 16 ans. Sandra Faro ou Zelda dans le film qui joue le rôle d?une fille sensible, ?qui écoute les autres?. Même si elle se dit fière de cette sortie en salles, Sandra Faro garde un certain recul sur l?accueil. ?C?est à un public adulte que Bénarès s?adresse. Un public qui pourra comprendre toute la profondeur que Barlen Pyamootoo a voulu faire passer.? Il faudrait aller au-delà des images et des réflexions pour tout cerner.
Le critique ciné de Score s?allie à cette idée. ?Un coup d?essai n?étant pas obligatoirement un coup de maître, il vous faudra redoubler de patience et de tolérance pour pouvoir supporter qu?un film mette 80 minutes à ne rien raconter, et pire, à mal le faire.? Studio magazine (qui est beaucoup plus clément), affirme ?deviner l?intention poétique ?derrière le film, mais il souligne que le réalisateur n?a pas (encore) su ? changer les mots en images?. C?est selon les goûts.
Bénarès sera projeté à Maurice le 3 mai au Caudan Waterfront. Que son public s?y prépare : le film froisse ou plaît, c?est selon?
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