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Azim Currimjee : «Investissements insuffisants dans les infrastructures»

28 mars 2008, 00:00

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Les obstacles au maintien du rythme de la croissance ont été exprimés hier lors de l?assemblée générale de la Chambre de commerce et d?industrie (CCI). Il s?agit principalement des goulots d?étranglement causés par l?insuffisance des investissements dans les infrastructures du port, de l?aéroport et des télécommunications, en particulier du secteur public.

C?est un des principaux thèmes abordés dans son intervention par Azim Currimjee, président sortant de la CCI. Son successeur à ce poste est Ahmed Parkar, managing director du groupe Star Knitwear.

Selon Azim Currimjee, la réduction du déficit budgétaire semble avoir été réalisée au détriment de l?investissement public. L?année dernière l?investissement public a baissé de 25 % comparé à 2006. Pire, en termes réels, cet investissement a baissé de 34 % si on le compare au niveau de 2003.

La situation est aussi mauvaise pour les services publics, notamment au sujet de la fourniture d?eau. Car malgré la pluviosité moyenne qui peut satisfaire nos besoins chaque année, le pays connaît des périodes de pénuries. L?investissement inadéquat dans la capacité de stockage d?eau et le réseau de distribution résulte en de grosses pertes d?eau. Et au fur et à mesure que le pays bouge vers une économie de services, surtout avec la croissance dans les secteurs de l?hospitalité (hôtellerie et Integrated Resorts Scheme principalement), la demande pour l?eau va augmenter de façon significative.

Favoriser une industrie locale alimentaire</B>

Pour l?énergie, la situation est encore gérable. Mais, selon Azim Currimjee, l?absence d?une politique bien définie et d?un organisme indépendant pour réguler le secteur peut créer des problèmes. Une attention particulière doit être accordée à la séparation des activités de production et de distribution de l?énergie afin de créer un «level playing field» pour tous les opérateurs dans le secteur.

Azim Currimjee se demande comment Maurice peut s?ouvrir davantage au monde avec les connexions maritimes inadéquates, le retard dans le projet d?extension du terminal de l?aéroport et le coût élevé des télécommunications.

Concernant l?appréciation de la roupie, Azim Currimjee a fait état des effets de l?appréciation de la roupie sur le secteur textile. Alors qu?Anand Neewoor, secrétaire aux Affaires extérieures au ministère des Affaires étrangères, estime que les exportateurs devraient élargir leurs bases d?exportation au-delà des exportations traditionnelles des produits textiles et de sucre vers les pays de l?Union européenne (UE).

Cela, dans le contexte des possibilités offertes sous l?Accord de partenariat économique. Sans compter les opportunités pour les entreprises d?accroître les exportations vers l?Afrique, surtout vu que Maurice ambitionne d?être un pont entre l?Asie et l?Afrique, notamment dans le commerce des services.

Le ministre de l?Industrie et du Commerce, Rajesh Jeetah, a plutôt mis l?accent sur un taux de croissance de 10 % environ attendu en 2008 dans le secteur manufacturier d?exportation, avec des exportations de Rs 50 milliards prévues et des Rs 3 milliards d?investissements envisagés.

Selon Azim Currimjee, il faudra donner plus d?attention au développement d?une industrie locale alimentaire. Dans ce contexte, il considère que la menace de la fermeture des Moulins de la Concorde, un producteur efficient et efficace de la farine de blé, avec les décisions malheureuses prises l?année dernière au sujet de l?achat de la farine, vont à l?encontre de la stratégie que le pays devrait adopter. «N?ajoutons pas à nos difficultés avec de telles initiatives non justifiées», dit Azim Currimjee.

En se référant brièvement à la question, le ministre Jeetah fait pour sa part comprendre que «le gouvernement doit prendre des décisions et ces décisions sont parfois douloureuses». Il ajoute qu?il y a eu des abus par des commerçants au sujet du prix de vente de grains secs et que les autorités gouvernementales ont eu à intervenir pour faire baisser les prix. Rajesh Jeetah a souligné que, pour faciliter le commerce, des dispositions seront prises pour enlever du contrôle de l?Import Division de son ministère une liste de produits pour lesquels cette division n?a pas de compétences techniques ou de savoir-faire pour faire une évaluation et octroyer des permis d?importation.

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