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Avinash Ramgotee avait incriminé son oncle dans une interview à la police
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Avinash Ramgotee avait incriminé son oncle dans une interview à la police
par Vinesen ABEL
Avinash Ramgotee, le neveu de Rajesh Ramlogun, allègue, dans une interview au bureau de la Major Crime Investigation Team (MCIT) le vendredi 13 janvier, qu?il a trouvé son oncle au domicile d?Indira Jhurry, 66 ans, et Geeta Jhurry, 56 ans, à Lallmatie, le jeudi 5 janvier. Selon cet étudiant de 23 ans, c?est Rajesh Ramlogun qui les aurait tuées ce soir-là. Et il aurait, lui, accouru en entendant des cris. Mais les enquêteurs de la MCIT et de la Criminal Inverstigation Division (CID) de Flacq ne prêtent pas foi à sa version. Ils le soupçonnent, en effet, d?être l?auteur de cet acte. Et son oncle aurait, selon eux, été complice.
Cette version d?Avinash Ramgotee est une invention de toutes pièces, estiment les enquêteurs. Il s?agirait d?un moyen pour le jeune homme de se tirer d?affaire étant donné qu?il est fortement soupçonné de ce double assassinat. Ce scénario, pensent-ils, lui sert de moyen de justifier sa présence sur les lieux le soir du drame, sachant que ses empreintes digitales allaient été prélevées. Cela, alors que d?autres éléments jouent en sa défaveur, notamment les deux couteaux de cuisine manquant au domicile de ses parents.
A 18 heures le vendredi 13 janvier, Avinash Ramgotee fait, ainsi, dans le bureau de la MCIT, le récit des événements du 5 janvier. Interviewé par le sergent Balgobin en présence du caporal Madarbux et de l?inspecteur Jokhoo, il raconte que vers 19 h 55, il marchait le long de Bharuth Lane, Lallmatie, pour aller acheter des cigarettes. «Mo finn tande ape kriye dan lakaz dada Jhurry kouma enn madam ki an detres ape kriye. Mo finn galoupe et rant dan lakour dada Jhurry», explique-t-il dans cette interview enregistrée dans le Diary Book (DB) de la MCIT de la Northern Division et portant le numéro de l?Occurrence Book (OB) 20/06.
«Narien pou kokin»
Il aurait alors vu la porte en bois entre-ouverte et aurait sonné et appelé «dada Jhurry» trois ou quatre fois, en vain. Il décide d?entrer. «La, mo finn trouv dada Jhurry so madam ape dormi dan enn lamar disan lor so zepol kote goss e so figir li a pe fer fas laport par ki mo finn rantre la.»
Avinash Ramgotee dit s?être approché pour vérifier si la victime respirait. Mais elle ne respirait plus. Il est sorti pour chercher de l?aide. A peine avait-il quitté la maison qu?il a entendu un bruit, «kouma dir enn kitsoz lour ape tombe». Il est revenu sur ses pas, est rentré dans la maison pour appeler dada Jhurry.
N?obtenant aucune réponse, il dit s?être dirigé vers le salon pour aller dans une autre pièce. Mais comme celle-ci n?était pas éclairée, il aurait posé un pied sur le corps de l?autre victime. «Mo finn santi mo lipie droit poz lor enn oter e la mo remarke ki ena enn lot madam ki so lekor fer fas sali e li osi ti dan enn lamar disan.»
C?est là, poursuit le suspect, que lui est venue l?idée de cambrioler la maison. Cela, après avoir vérifié dans le couloir qu?il n?y avait personne. La télévision était allumée, précise-t-il, et un long métrage en hindoustani était diffusé. Il a cherché dans les armoires et les placards. «Mo pa finn gagn narien pou kokin.»
Il aurait donc continué à rôder dans la maison. «Ariv dan lakuizinn, mo trouv mo tonton Ramdoollur Ramlogun ki mo apel li Rajesh pe kachiett avek enn kouto dan so lame.» Choqué, il dit l?avoir interpellé : «Chacha ou sa, ki ou pe fer la ?» Lorsqu?il l?aurait interrogé au sujet du crime, celui-ci ne lui aurait pas répondu.
Rajesh aurait pointé l?arme tranchante sur son ventre et l?aurait contraint à se diriger vers le salon. Là, il lui aurait demandé de se déshabiller et lui aurait dit : «Mo pa pou fer toi nanien, mo pou nek atas toi dan baro. Si to pa pou ekout moi, mo pou fer parey kouma mo finn fer avek zot. »
Rattrapé
Ramgotee aurait trouvé le moyen de s?enfuir, après avoir «tir mo t-shirt e avoy sa lor figir mo tonton». Il serait passé par la porte de la cuisine, dont la clé était dans la serrure. Il dit avoir été pris en chasse par son oncle qui a traversé une haie de bambous et couru dans un champ de cannes avant de le rattraper à proximité de la maison de la famille Beenund. C?est à cet endroit que son oncle l?aurait poignardé dans le ventre.
A la fin de l?interview, Avinash Ramgotee devait ajouter :«Mo pou donn mo lanket pou explik tou sa bann zafer la an detay an prezans mo avocat. Zame mo pa finn gagn okenn problem avek mo tonton. Mo an bon term avek li.»
Maintenant, c?est aux hommes du Central Criminal Investigation Department et la Criminal Investigation Division de Flacq, qui ont pris le relais de cette enquête, de faire la lumière sur toute cette affaire.
Huit policiers du centre de détention d?Alcatraz interrogés
Interrogatoires et arrestations s?enchaînent et accréditent jour après jour la thèse de brutalité policière dans la mort de Rajesh Ramlogun. Dans le cadre de l?enquête menée par le Central Criminal Investigation Department (CCID), sept officiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), dirigés par le surintendant de police Prem Raddhoa, ont ainsi été arrêtés sous une accusation provisoire d?assassinat. Hier, huit policiers du centre de détention d?Alcatraz, aux Casernes centrales, ont été entendus par les enquêteurs.
Ces officiers étaient de service du jeudi 12 au matin du samedi 14 janvier. Ils ont été appelés à donner leur version sur ce qui s?est réellement passé durant leur service, alors que le suspect Ramlogun était en détention. Ils ont notamment dû décrire le comportement de ce dernier dans sa cellule. Le CCID espère ainsi arriver à reconstituer toutes les séquences au cours de la détention de Ramlogun.
Les enquêteurs du CCID sous la supervision de l?adjoint au commissaire de police, Tangavel Seerungun, responsable de ce département, se basent sur le rapport de l?autopsie selon lequel il y a eu «shock of violence that has caused the death» dans le cas Ramlogun pour soutenir la thèse de brutalité policière. Quatre policiers qui faisaient partie de l?interview team de ce suspect après son arrestation, le 12 janvier, ont ainsi été arrêtés mercredi. Ils sont, le sergent Dishiraj Jagdawoo, le caporal Raffick Madarbux, les constables Kinsley Potié et Yvan Levasseur.
Le CCID devait, dans la journée de jeudi, arrêter trois autres policiers, à savoir les constables Paramasiven Arnasala, Homadeven Manaroo et Sudesh Lutchmun. Ils avaient escorté le suspect Ramlogun au centre de détention d?Alcatraz dans la soirée du 12 janvier.
Pour expliquer les 38 minutes qui se sont écoulées entre le moment où ils ont pris le suspect du bureau de la MCIT et celui où ils sont arrivés au centre de détention, le constable Manaroo a précisé qu?il avait déjà inscrit le «departure» à 22 h 15, lorsqu?il s?est rendu compte qu?il n?avait pas rempli le «charge sheet» du détenu Ramlogun. Il dit avoir regagné le bureau pour accomplir cette formalité et que durant ce temps-là, le suspect mangeait un pain que l?inspecteur Ranjit Jokhoo lui avait offert. Et, poursuit-il, le suspect a été conduit à Alcatraz après s?être rendu aux toilettes.
En fin d?après-midi d?hier, ceux présents à proximité du bureau de la MCIT ont été intrigués par un déménagement. Des tables de bureau, des chaises et des armoires ont été embarquées sur un camion. Renseignement pris, c?était l?équipe de la brigade de jeux, qui tombe également sous la responsabilité du SP Raddhoa, qui évacuait ce bureau afin de faire de la place pour des «interrogation rooms» qui seront munies de caméras. Un changement qui fait suite au décès de Ramlogun. Le CCID attend, en outre, les différents rapports, dont celui de toxicologie effectuée sur le défunt pour pouvoir soutenir leurs soupçons contre les sept policiers de la MCIT.
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