Publicité

Avenir sombre pour l?industrie du tabac

12 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?annonce du départ de la British American Tobacco (BAT) de Maurice sonne le glas de la petite industrie du tabac locale. Le résultat immédiat de cette délocalisation est la perte de 70 emplois à la BAT. Mais à l?avenir ce sont les planteurs de tabac locaux qui pourraient être affectés par ce départ. Et éventuellement disparaître.

Pour l?heure, toutefois, la BAT ne tient absolument pas de discours alarmiste. « La compagnie continuera à soutenir la plantation de tabac et va continuer à acheter et utiliser les feuilles de tabac cultivées localement. Les matériaux d?emballage seront aussi procurés de Maurice. La BAT restera toujours très active au sein de la société, à travers son programme de responsabilité sociale », souligne Vishwanee Lingachetti, Corporate & Regulatory Affairs Manager.

La production locale n?a cessé de chuter

Propos rassurants, certes, mais ils ne constituent pas une garantie pour l?industrie du tabac. « L?intention est louable, mais ce n?est pas une garantie écrite sur papier. Pour combien de temps encore la BAT pourrait-elle continuer à soutenir les planteurs ? », explique un opérateur de l?industrie qui ne souhaite pas parler à visage découvert.

Mais ce n?est pas sans raison valable que la BAT quitte la scène de la production. Depuis la récolte de 1997-1998, la production locale n?a cessé de chuter. Elle est passée de 723 tonnes à quelque 350 tonnes actuellement.

Ce qui est bien en deçà des 500 tonnes annuelles dont a besoin la BAT. Jusqu?ici, c?est en tablant sur un double approvisionnement local et étranger que la BAT a pu maintenir ses cadences de production à Maurice.

Mais l?entreprise fait preuve de réalisme. Des feuilles de tabac de qualité égale sinon meilleure sont disponibles à trois fois moins cher ailleurs, notamment en Afrique. Un malheur n?arrivant jamais seul, l?industrie du tabac est déjà confrontée à un sérieux problème de maladie de feuilles qui affecte surtout les planteurs de l?Est.

Paradoxalement, c?est au moment même où son avenir paraît sérieusement menacé que l?industrie amorce un début de réflexion sur sa restructuration. En effet, un plan de développement étalé sur une période de trois ans devrait être déposé dans les jours à venir sur le bureau d?Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.

Trop tard ? Nul ne le sait. En tout cas, le vénérable Tobacco Board, la plus vieille organisation parapublique créée en 1932 et dont le rôle est de contrôler la commercialisation et la production du tabac, a du pain sur la planche pour empêcher l?industrie de sombrer.

Publicité