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Aux portes de la Chine

22 janvier 2006, 20:00

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<B>Centre culturel

Au service de tous</B>

Le Centre culturel chinois, situé à Bell-Village, propose des cours de mandarin pour adultes uniquement. Débutants et niveau intermédiaire trouveront leur compte dans ces sessions à Rs 500 par semestre, assurées par une enseignante. Médium de communication : l?anglais.

Bai Guang Ming, directeur du centre ? ouvert depuis juillet 1988 ? détaille les autres formations disponibles. Cours de danse traditionnelle pour enfants à partir de 10 ? 11 ans et adultes jusqu?à 35 ans, cours de wu shu, arts martiaux regroupant plusieurs disciplines dont la boxe taï chi et le taolu. Des activités accessibles à Rs 500 par semestre également.

?Nos cours attirent tellement d?élèves que nous n?avons plus suffisamment de place pour accommoder tout le monde?, explique Bai Guang Ming. D?où l?urgence d?une rénovation des locaux du centre. ?Si nous obtenons tous les permis nécessaires, la construction d?un nouveau bâtiment doit commencer d?ici le mois prochain.?

Il est également du ressort du centre de chapeauter la venue de troupes artistiques, dont celle de Fujian, qui sera en tournée dans l?île à l?occasion du Nouvel An, d?organiser des conférences et des expositions.

<B>Fédération des sociétés

Favoriser l?entraide </B>

Elle regroupe une vingtaine de sociétés, organisées non pas par des familles mais par clan. Noo Lam Cham Kee, assistant trésorier de la fédération et président du Spring Festival Committee nous explique : ?Prenez mon cas, je m?appelle Lam. En principe, tous les Lam ont un lien de parenté. C?est le principe du clan.?

Il poursuit en remontant le temps. ?Les immigrants chinois étaient en minorité dans le pays étranger qu?est Maurice. Le clan est une organisation où ils pouvaient se retrouver entre eux, se protéger, s?entraider.? Noo Lam Cham Kee nous dira que la majorité de ces ressortissants chinois étaient dans le commerce.

Une fois la semaine, ils ferment boutique pour s?approvisionner à Port-Louis. Il leur fallait alors un lieu pour se reposer, un endroit où entreposer la marchandise, le temps de louer un camion pour les transporter. D?où l?utilité des sociétés. Elles n?ont pas de vocation culturelle, telle que l?enseignement de la langue.

<B>Middle School

Maîtriser le mandarin</B>

Fondée en 1912, par Ven Pin, Lai Fat Fur, Ng Cheng Hin, cette école de mandarin fait la promotion de la langue chinoise. André Chung Koy Chung How, président du conseil d?administration de l?école, nous dira que le mandarin est la langue nationale de Chine, alors que le hakka est celle d?une province. ?Les différences entre les deux langues se situent au niveau de la prononciation, l?écriture est la même.?

Désormais, l?école ne fonctionne que le samedi matin. Sont admis les enfants à partir de 4-5 ans. Les cours se poursuivent jusqu?au niveau de la Form IV. ?Après, il faut aller à l?université en Chine.? Interrogé sur le niveau d?enseignement au primaire, dans les écoles publiques, il dira : ?Le niveau est bas mais acceptable.?

L?école payante (Rs 150 à Rs 250 par mois) compte près de 250 élèves, dont une dizaine de petits Mauriciens qui ne sont pas d?ascendance chinoise. ?Le fait que des cours sont dispensés à l?école primaire, les classes du samedi matin sont l?équivalent d?une leçon particulière pour les élèves.? Des cours de mandarin pour adultes débutent en février, dans les locaux de l?institution située à la rue Joseph Rivière, à Port-Louis.

<B>School of Music

Les rythmes d?antan</B>

Ecole de musique traditionnelle crée en 1986, son présent est celui d?une sensibilité qui n?a pas de relève. Tout commence avec la venue de Chu Liang Kai, professeur de musique traditionnelle, envoyé dans l?île par le ministère des Arts et de la Culture chinois. Il restera deux ans à Maurice. Lew Chin Sin Chan, OSK devient ensuite directeur de la School of Chinese Music.

Ce professeur passera la main à deux autres, ?mais au fur et à mesure, les élèves ont diminué. La musique traditionnelle chinoise, li impe monoton?, explique Lew Chin Sin Chan. Une musique qui, pour lui, ne s?apprend qu?en particulier, le professeur ne pouvant prodiguer son attention qu?à un seul élève à la fois.

Actuellement, l?institution ne compte qu?un groupe de six musiciens, qui sera sur scène à l?occasion du Nouvel An chinois. Une formation constituée d?un erhu (violon à deux cordes), le yangqin (percussion qui peut se décrire comme un xylophone à cordes), le pipa (mandoline) et le dizi (flûte de bambou).

?Nous n?avons pas de professeur pour le moment. Li pa kouma konservatoir kot ena lexamen.? Et de nous expliquer que la politique d?ouverture de la Chine a amélioré les conditions de vie des musiciens. ?Là-bas, ils peuvent gagner 100 yuen, c?est-à-dire Rs 400 pour une heure de cours, alors qu?ici cela coûte Rs 250 par mois. Dans cette conjoncture, il est difficile de recruter un enseignant.?

<B>Golden Lion Circle L?euphorie du folklore</B>

Intensément rouge ces lions et dragons qui gesticulent chaque année dans les rues. Ce sont les spectacles de danse traditionnelle montés par les artistes du Golden Lion Club.

La plus vieille association de promotion de la culture chinoise qui a été fondée en 1955 par Liow Yan Man et Wong Sam Yue. C?est à travers la danse du dragon et du lion qu?elle extériorise ses v?ux de bien-être et de prospérité.

Le 18 décembre 2005, le Golden Lion Circle a fêté son jubilé. L?association se compose de 70 membres. Et comme l?explique son vice-président, Alain Chan, les artistes, chinois, hindous ou chrétiens, pratiquent régulièrement le kung fu avant de s?exercer sur les danses traditionnelles.

La légende du lion et du dragon représente deux points déterminants de la culture chinoise. Le dragon symbolise le pouvoir, la fertilité, la vigilance et la dignité. Le lion attire la chance et la joie.

Alain Chan conte cette légende : ?Dans les villages d?antan, les animaux détruisaient les champs des fermiers. Et pour faire fuir ces bêtes, les villageois se sont mis à fabriquer des animaux en carton et faisaient du bruit à partir de casseroles pour effrayer les méchantes bêtes?? La légende se matérialise dans les rues de nos jours.

Tambours battant à l?unisson, grand fracas sèmeront les meilleurs v?ux dans les villes pour faire fuir ces ?mauvais airs?. Les artistes du Golden Lion Circle se font aussi acrobates en dansant sur des pilotis élevés à plus de dix pieds du sol.

Le folklore se verra dans toute la masse ardente de ces danseurs qui renforcent leur entraînement ces jours-ci afin d?offrir des spectacles marquants.

Cette association regroupe des enfants aussi bien que des personnes d?expérience. Elle brave les années et semble ne jamais s?essouffler, virevoltant autour du globe. Du 27 au 29 janvier, les artistes s?envoleront pour un spectacle à l?île s?ur. Cette année encore, elle prévoit de diffuser au mieux de sa forme, son identité chinoise.

<B>Centre Ming Tek

Au c?ur de la culture </B>

Depuis 1975, le Centre Ming Tek s?efforce de rassembler sa communauté chinoise sous son toit. Elle ne se contente pas de communiquer son savoir-vivre à la population, mais prêche aussi l?évangélisation de ses membres. Sur le plan global, le centre Ming Tek offre une panoplie de cours à tous ceux désireux de mieux connaître la langue, les coutumes et les traditions chinoises. Il a été fondé par le père Paul Wu.

Le père Régis Wan Sai Cheong, nouveau directeur du Centre Ming Tek, explique les différentes fonctions des activités proposées. Plusieurs cours de mandarin sont offerts à divers endroits de la capitale le samedi, à ceux désireux de connaître cette langue à la finesse architecturale. Mais ce centre est surtout connu pour ses animations de danses. Annie Wong se charge de diriger cette troupe de 150 jeunes talents au moins.

Pour leurs 25 années d?existence l?année dernière, un ballet chinois, l?Enfant Jésus, avait été mis en scène au théâtre de Port-Louis pour témoigner tant de la ferveur de cette communauté que du talent de ces artistes. Une sublime démonstration des liens qui rapprochent les jeunes étudiants.

?Nous offrons aussi, continue le père Régis, des cours d?anglais pour les ouvrières chinoises. Nous avions l?année dernière, une quinzaine d?entre elles qui venaient apprendre la langue gratuitement. Nous ne continuerons cette année seulement si elles sont intéressées??

Le Centre Ming Tek est aussi le centre de la Mission catholique chinoise qui a dernièrement publié un numéro spécial. Ce bimestriel, L?Aurore, met en exergue toutes ses activités. Mais il connaît néanmoins un léger problème de financement. Les parutions risquent de diminuer cette année.

En parallèle, le centre possède sous son aile, une école maternelle, accueillant des enfants de diverses communautés. Son objectif est de favoriser l?échange entre communauté et renforcer les liens entre sino-mauriciens.

Pour cette nouvelle année, le père Régis souhaite que la culture chinoise puisse progresser au centre de la démocratie, ?accroître les relations entre la Chine et Maurice et que les accords diplomatiques entre le Vatican et la Chine se resserrent?.

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