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Aux petits soins des entreprises

12 août 2008, 20:00

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Changer le destin d?une entreprise. La sortir du gouffre. Comme un médecin s?occuperait d?un patient malade. C?est la tâche dont s?est chargée Sudesh Lallchand. En créant Business Turn-Around Experts (BTA) en juin de cette année. La compagnie, basée à Trou-aux-Biches, est spécialisée dans la restructuration des entreprises.

Le travail de Sudesh consiste à «mener des entreprises à progresser dans leurs résultats financiers.» Cela en identifiant leur force, leurs faiblesses, les objectifs à atteindre, les changements à apporter et surtout comment les mettre en pratique. Ceci «contrairement à un consultant qui vient auditer une entreprise.» Autrement dit, Sudesh, lui reste au chevet du malade jusqu?à sa guérison totale. Estimant que «cela n?avance à rien s?il n?y a qu?un rapport sur la table, et que ce n?est pas implémenté? Un travail fait à moitié est pire qu?un travail pas fait.»

«Mon objectif, c?est de consacrer activement une partie de ma vie au développement national. Qui pourrait venir à travers une entrée en politique.»

Son travail est «excitant». Car il y a au bout «un résultat que possiblement personne n?avait atteint dans l?histoire de l?entreprise.» Sauf qu?avant d?y arriver, il y a nécessairement des changements, souvent drastiques à faire. Ce qui n?est pas toujours au goût de tous. Car «on ne fait pas d?omelettes sans casser des ?ufs. On ne peut vouloir atteindre un but, mais refuser de prendre le chemin qui y mène.»

Alors on lui fait des reproches. Du genre qu?il est trop rigide. Ou qu?il ne prête pas suffisamment d?attention au côté intangible quand il préconise des changements dans une entreprise. Qu?il dérange le système. Il n?en a cure. Sa présence a été demandée pour faire la différence. Il la fera. «Si ma présence n?apporte rien, je ne dois pas être là».

Autant au travail, il est intransigeant, à la maison, «je dois me soumettre », raconte-t-il, en riant aux éclats? «à mon épouse et meilleure amie, Geeta». Cette dernière, chef du département des finances au Mauritius Examinations Syndicate agit aussi comme Company Secretary de BTA, qui compte quatre employés.

Avant de fonder sa propre compagnie, Sudesh a travaillé pendant trois années à la Banque de Maurice en tant que statisticien. Il a aussi été interne à l?International Finance Corporation à Washington. Depuis dix ans, il travaille chez Rogers en tant que directeur de projets et du développement, avec à son actif de gros chantiers dans le domaine de l?hôtellerie, des logistiques, de l?aviation, entre autres. C?est ainsi qu?il se familiarise avec la restructuration des entreprises.

«On ne fait pas d?omelettes sans casser des ?ufs. On ne peut vouloir atteindre un but, mais refuser de prendre le chemin qui y mène.»

Fort de son expérience, il monte BTA. Estimant que «pour progresser dans ma personnalité, ce serait bien de faire quelque chose dont j?ai moi-même le contrôle.» Qui plus est, il est d?avis que «la mobilité dans le travail est très importante dans la carrière d?une personne. En Amérique, si vous restez plus de cinq ans dans la même entreprise, ils arrivent à une conclusion simple et directe : la personne n?est pas compétente ou elle n?est pas ambitieuse et dynamique.»

Sudesh Lallchand vient d?une famille «extrêmement modeste» de onze enfants. Sa mère était femme au foyer et son père était marchand de gâteaux sous la varangue du cinéma Anand à Triolet. Pour aider son père, il rate des classes. Mais le papa veut un autre destin pour ses enfants. «Si vous ne voulez pas faire ce que je fais moi, il faut étudier.» Sudesh l?écoute. Enchaîne les réussites. Qui commence par la petite bourse. Qui le fait entrer au Collège Royal de Port-Louis. Puis, il étudie les statistiques au St-Xavier Collège de l?université de Bombay. Obtient de brillants résultats qui le permettent de postuler pour des bourses d?études auprès des universités britanniques. Il en obtient deux. L?un d?Oxford qui lui propose une maîtrise en statistiques et l?autre de Hull. Il opte pour celui de Hull, où il fait une maîtrise en gestion financière «qui avait plus d?avenir à Maurice.» Depuis l?an 2000, il est aussi détenteur d?un doctorat en finances de l?université de Cambridge.

Changer le destin d?une entreprise, c?est son métier. Changer le destin d?un pays, c?est son ambition. «Mon objectif, c?est de consacrer activement une partie de ma vie au développement national. Qui pourrait venir à travers une entrée en politique.»

Si c?est effectivement sa direction, le moment venu, celui qui a 45 ans depuis 24 heures, se joindra à un parti politique qui aura un «bon programme de développement économique et social, et surtout une responsabilité accrue envers l?environnement. Il est courant de penser que le développement économique entraîne le développement social. Or, ce n?est pas vrai car, dans bien de cas de nos jours, c?est le social et l?environnement qui sont de plus en plus sacrifiés. Un changement de mentalité politique s?avère nécessaire.»

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