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Aux Assises : Avinash Treebhowon dit avoir été forcé à avouer le meurtre de Michaela Harte

23 mai 2012, 20:00

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Aux Assises : Avinash Treebhowon dit avoir été forcé à avouer le meurtre de Michaela Harte

 
La défense est revenue sur les allégations de torture du principal accusé du meurtre de la touriste irlandaise. Et elle a cité une plainte faite par le valet de chambre en cour de Mapou au tout début de l’enquête policière. L''''époux de la victime (photo) figure parmi les témoins à charge.

 
L’élément n’est pas nouveau. Il risque cependant de faire basculer le procès en l’absence de preuves matérielles. Avinash Treebhowon, le principal accusé dans le meurtre de la touriste irlandaise Michaela Harte, persiste à dire qu’il a fait des aveux à la Major Crime Investigation Team (MCIT) sous la torture.
 
Lors de la reprise du procès en cour d’Assises, où il est entendu aux côtés de Sandip Moonea, ce jeudi 24 mai 2012, l’avocat du valet de chambre de l’hôtel Legends - rebaptisé Lux* Grand-Gaube -, Me Sanjeev Teeluckdharry, a cité le greffier de la cour de Mapou, Dewanarayan Ramdawa, à comparaître. Ce, après avoir lu une plainte faite par l’accusé devant cette instance deux jours après son arrestation, à propos de sévices subis lors de son interrogatoire. Avinash Treebhowon avait été appréhendé le lendemain du crime, soit le 11 mai 2011.
 
« Le premier jour, j’ai été emmené au poste de police de Piton où les policiers m’ont giflé à plusieurs reprises au visage, à la joue et à l’oreille. On m’a, par la suite, emmené dans les locaux de la Major Crime Investigation Team, à Port-Louis. Des policiers m’ont déshabillé et frappé sur une table », avait fait ressortir le valet de chambre à la magistrate Sheila Bonomally lors de cette première comparution.

Me Sanjeev Teeluckdharry a lu le compte-rendu de la cour de Mapou où de plus amples détails sont donnés par son client quant aux « tortures » qu’il aurait subies. « Le deuxième jour, des policiers m’ont placé sur une chaise alors qu’ils remplissaient un seau d’eau. Ils m’ont alors attrapé par le cou et m’y ont plongé la tête. Ils m’ont aussi mis une serviette sur le visage et versé de l’eau dessus », avait poursuivi Avinash Treebhowon.
 
Lors d’une autre comparution en cour de Mapou, l’accusé avait également attiré l’attention de la magistrate Bonomally sur le fait que le surlendemain de son arrestation, il aurait été malmené dans un véhicule de la MCIT. A chaque fois, avait-il fait ressortir, il avait été examiné par un médecin.
 
L’audience de ce jeudi 24 mai 2012 a aussi été marquée par la reprise de l’interrogatoire du constable Jeewooth. Photographe au Scene of Crime Office (SOCO), il a concédé aux questions de la défense qu’il y avait une disparité entre les clichés pris peu après le crime et ceux de la reconstitution des faits.
 
Il semble que cet officier, tout comme le dessinateur qui l’a précédé à la barre des témoins, n’ont pas été suffisamment préparés pour ce procès. Le photographe a admis que la baignoire de la Chambre 1025 paraît avoir été endommagée d’après le cliché pris lors de la reconstitution du crime. Sans plus.
 
Or, il s’avère que la baignoire a été démontée par les experts du Forensic Science Laboratory (FSL) peu après la découverte du corps de Michaela Harte. Ceux-ci étaient en quête d’indices dans le système d’évacuation.
 
L’avocat de Sandip Moonea, Me Rama Valayden, a ainsi demandé au constable Jeewooth : « En entrant dans la salle de bains, n’avez-vous rien remarqué de choquant ? En particulier concernant la baignoire ? » Ce à quoi le constable Jeewooth a répondu : « Je ne sais pas ».
 
Le juge Fekna s’est alors élevé contre la réponse du photographe. Questionné une nouvelle fois, le témoin a affirmé que selon ses photos datant du 13 janvier 2011, la baignoire de la chambre d’hôtel a été sérieusement endommagée. Selon lui, elle aurait même été arrachée du mur de la salle de bains.
 
La veille, soit le mercredi 23 mai 2012, ce même policier a admis que le fameux paquet de biscuits qui a mené la touriste à sa perte avait été déplacé. Encore une fois, parce que les experts du FSL avaient tenté d’y trouver des empreintes ainsi que dans le tiroir dans lequel il se trouvait.

Autre fait marquant de cette séance de ce jeudi 24 mai : le témoignage du dessinateur de la police, le constable Hurgobin du SOCO. Dans un premier temps, le témoin a été appelé à certifier les plans de la scène du crime. Après s’être emmêlé les pinceaux, il a admis n’avoir rien dessiné : le plan lui a été remis par la direction de l’hôtel. La cour a ainsi décidé que cette carte ne sera pas prise en considération dans le cadre du procès.

Le constable Hurgobin a aussi été interrogé par l’autre avocat d’Avinash Treebhowon, Me Ravi Rutnah. Pendant près de deux heures, l’homme de loi a interrogé le témoin quant aux différentes dimensions enregistrées à l’intérieur et à l’extérieur de la chambre 1025 ainsi qu’aux policiers présents sur les lieux du crime, ou encore concernant des questions sur la visibilité dans les environs.

Le juge est intervenu de nombreuses fois pour demander à l’avocat de poser des questions pertinentes. En précisant qu’il ne pouvait faire perdre son temps à la cour. Le « manque de professionnalisme » de ces officiers de police ainsi que des membres du barreau et du judiciaire a été largement déploré par l’ensemble des journalistes étrangers présents au procès dans les comptes-rendus parus dans leurs publications respectives.

 

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