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Autres tensions

24 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Description explicite. «C?est de là que nous avons les yeux braqués sur les centrales. Que je pique des colères quand elles sortent de la ligne, car il faut balancer le réseau pour éviter toute instabilité. Et démarrer les centrales hydrauliques. Dans deux à trois ans, il faudra améliorer notre système, car pour un CEB fort, il faut un réseau fort.» Propos de Patrick Assirvaden, président du Central Electricity Board (CEB).

Juste avant, nous avons eu l?autorisation d?aller à la salle de contrôle, le coeur du CEB. Au mur : la carte de l?île avec dessus, en bleu, le réseau de transport, en rouge les postes sources.

Gérard Hébrard, adjoint au directeur général décrypte le tout pour nous. Il est notre guide durant la visite. «En bleu, c?est l?épine dorsale du système qui transmet la puissance électrique aux postes sources.»

Le réseau de transport achemine l?énergie sur des lignes de 66 000 volts vers des postes sources comme ceux de La Chaumière, Wooton, etc. Ces postes sources sont des relais équipés de transformateurs qui ramènent la tension à 22 000 volts pour les besoins de la distribution. De ces postes sources, des lignes fournissent des transformateurs qui ramènent la puissance à 140 volts pour les abonnés.

Un réseau alimenté par des centrales situées aux quatre points cardinaux. «Pour ce qui est de la capitale par exemple, les quatre principales centrales au diesel sont situées dans un rayon de trois kilomètres autour de Port-Louis.» Il s?agit de Fort-Victoria, Fort-George, Nicolay et St-Louis. Dans l?est c?est Fuel, dans le sud la centrale thermique de Savannah qui a été mise sur le réseau cette année.

Citant de mémoire les chiffres 2006, Gérard Hébrard explique : à Maurice, 47% de l?énergie est faite avec du diesel, 35% avec du charbon, 14% avec de la bagasse. Le reste ce sont les centrales hydrauliques, dont la plus importante est Plaine-Champagne. Il en existe aussi à Ferney, à Tamarin, Eau-Bleue, Cascade-Cécile et Réduit.

Pas de baisse des prix</B>

Notre guide nous signale au passage les images pieuses épinglées au mur par les employés. Avant de répondre à nos interrogations. Questionné sur la saturation du système, il explique que cela arrive en cas d?excès de capacité. «On sera saturé dans la mesure où tous ceux qui font des centrales sont sur le réseau.» Cas de figure que le CEB veut éviter en maintenant l?équilibre entre la capacité installée et la puissance demandée.

Et l?augmentation de la production, quelle incidence sur le prix ? Gérard Hébrard est laconique : «Il ne faut pas se faire d?illusion, les prix ne vont pas baisser.» Avant de réitérer que la ligne directrice du CEB est «d?avoir un niveau de puissance raisonnable pour éviter que le coût d?investissement soit répercuté».

Ainsi avec ses 100 % de desserte de l?île, le CEB enregistre, selon l?adjoint au directeur-général, une croissance de 7 % dans la demande en énergie, ce qui correspond à 5 % de la demande en puissance.

Devant nos yeux, l?emplacement des centrales thermiques est indiqué avec précision. «Pour faire une centrale thermique, il faut s?y prendre quatre ans à l?avance. Si la centrale arrive trop tôt sur le réseau, il faudra assurer le coût d?investissement et si elle arrive trop tard, il y a risque de coupure de courant évidemment à cause de la rupture du niveau de production», explique notre guide.

Alors que nous avions pendant tout ce temps les yeux rivés sur la carte, dans notre dos, six ordinateurs rangés en groupes de trois quadrillent le tout Maurice.

Notre guide se retourne. S?empare d?une souris et en deux clics, nous montre «la même carte actualisée». En somme le fonctionnement réel de ce centre de conduite qui contrôle à la fois l?alimentation et la production d?énergie.

A l?écran des diagrammes représentant la production en temps réel, donnée disponible en instantané. «Nous avons un planning pour la gestion du coût de production. Nous essayons d?optimiser les coûts, c?est cela le despatching. Exemple : à la centrale de Nicolay, qui est une turbine à combustion, cela coûte Rs 8 de fabriquer un kilowatt/heure. Ailleurs cela peut coûter Rs 2.80. L?appel de puissance sera d?abord là où c?est le moins cher.»

Décision planifiée à 23 heures pour le lendemain en fonction des réalités. Avec doublement d?effectifs notamment si le lendemain est un jour de fête comme Divali, la Noël ou le Nouvel An.

A l?écran, notre guide ouvre une fenêtre. Sur le diagramme, les cinq groupes de Fort-George avec quatre qui roulent, l?un qui est arrêté pour entretien, sont affichés. Tout cela pour nous expliquer que la surveillance se fait à la minute.

On peut aussi voir les «organes de coupure» ou disjoncteurs, on peut contrôler le mouvement d?énergie. En clair, la coupure d?énergie, pour faute sur le réseau, peut être effectuée dans n?importe quelle partie de l?île, à partir de Curepipe. Dans une salle où le personnel de conduite du centre d?aiguillage des réseaux est de deux personnes au moment de notre visite.

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