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Autant en emporte le vent?

8 septembre 2005, 20:00

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Il n?est pas bon habiter près d?un chantier quand il vente. Quelques habitants de Flic-en-Flac et d?Albion sont incommodés par la poussière.

Un bulldozer déplace un gros rocher au morcellement Anna, à Flic-en-Flac. De temps à autre, le long bras mécanique retourne la terre. Une colonne de poussière monte vers le ciel, mais elle est vite poussée vers les habitations par le vent. Une dame, d?apparence frêle, invite les journalistes à visiter sa maison. Tout comme ses voisins, elle ne veut pas que son nom sois publié dans la presse, par peur de représailles.

Elle nous montre d?abord sa terrasse couverte d?une poussière rougeâtre. Et ensuite, il y a les fenêtres et les portes fermées. En effet, depuis que les travaux d?épierrage ont repris dans un champ de cannes en face du morcellement le 22 août dernier, elle affirme ne plus pouvoir ouvrir ses portes. De plus, elle a aménagé une kitchenette à l?extérieur qu?elle dit ne pas pouvoir utiliser.

?Je comprends qu?il y ait de la poussière quand il y a des travaux, mais l?entrepreneur aurait dû arroser le terrain et aussi mettre un écran géotextile autour du chantier?, déclare-t-elle. Elle dit avoir appelé le ministère de l?Environnement, mais elle n?a pas eu de là-bas une grande aide. ?Un officier m?a répondu que c?est toujours moi qui appelle pour me plaindre. Bref, je le dérangeais?. La police de l?environnement a déjà demandé à l?entrepreneur de faire le nécessaire pour que la poussière n?incommode pas les voisins. Sans résultat.

Un peu plus loin, un couple âgé se plaint aussi. Le mari, cardiaque, vient de subir une opération alors que la femme est asthmatique. Ils disent être dans l?incapacité d?ouvrir leurs fenêtres pour vivre normalement.

Leurs voisins ont vécu pendant sept ans en Belgique. ?Nous rêvions d?une retraite paisible dans le pays, mais nous sommes déçus. Si j?avais une bonne, elle aurait démissionné depuis longtemps?, dit une dame. Pour cause, explique-t-elle, il faut faire le nettoyage matin et soir. Alors qu?elle parle, des particules de poussière atterrissent sur ses vêtements.

<B>Couleur de terre</B>

A quelques kilomètres de là, au morcellement de Chazal, à Albion c?est le même problème. Des travaux sont en cours sur un nouveau morcellement juste à côté. Les camions qui passent sur la terre sèche du chantier avec leur chargement de roches laissent une traînée de poussière. ?Les chauffeurs croient être sur l?autoroute. Il y a trop de poussière. Cela nous fatigue?, dit une vieille dame. Elle nous montre la façade de sa maison qui, de l?ivoire a pris la couleur de la terre. Il y a aussi les arbres, pétrifiés par une épaisse poussière qui se dépose sur les feuilles.

Un petit tour sous sa véranda permet de constater que les fauteuils sont inutilisables. ?Je ne peux pas inviter des amis à la maison. J?ai honte. Il faut une grande quantité d?eau quotidiennement pour tout laver?, ajoute-elle.

A Albion comme à Flic-en-Flac, les habitants craignent l?arrivée de l?été. Ce sera difficile, disent-ils, de rester enfermés à l?intérieur de la maison à cause de la chaleur.

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