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Australie - Angleterre le choc des défenses

21 novembre 2003, 20:00

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Si la première phase de la compétition a été marquée par une débauche d?essais, trois seulement ont été marqués lors des demi-finales et deux d?entre eux par les équipes vaincues, la France et la Nouvelle-Zélande.

Pour s?en tenir aux seules feuilles de match, les Anglais ont éliminé les Français 24-7 par la seule botte de Jonny Wilkinson.

Face aux All Blacks, battus 22-10 et un essai partout, les Wallabies ont fait la différence par leur buteur Elton Flatley.

« Je ne crois pas que le fait de retrouver les deux meilleures défenses du tournoi en finale soit une surprise », a déclaré l?entraîneur-adjoint anglais Phil Larder. L?Australie et l?Angleterre sont aussi les équipes qui ont montré qu?elles avaient le plus de caractère pendant les six semaines de compétition.

Les Wallabies ont peiné lors du match d?ouverture face à l?Argentine. Ils n?ont battu l?Irlande que d?un point 17-16 dans leur dernier match de poule et ont été longtemps tenus en échec par l?Ecosse en quart de finale.

Leur propre presse s?est déchaînée et les «légendes du rugby australien», comme on appelle ici les anciens internationaux, ont commencé à demander la tête de l?entraîneur, Eddie Jones.

Vagues sucessives d?attaque

Mais quand le vrai tournoi a commencé, en demi-finales, samedi dernier, les Australiens, comme par enchantement, ont retrouvé leur valeur de champions du monde en titre. Ils ont aussi justifié leur ambition de devenir le seul pays à jouer la finale deux fois d?affilée et le seul à remporter trois fois le titre.

Au cours de la première mi-temps, ils ont joué ce que l?entraîneur anglais Clive Woddward a déclaré être « le meilleur rugby depuis le début du tournoi.»

Ils ont lancé vagues après vagues d?attaques.

Les All Blacks ont été contraints de faire deux fois plus de plaquages et ils n?ont jamais pu lancer Doug Howlett, Joe Rokocoko ou Mils Miliaina.

Toutes les «expériences» tant décriées de l?entraîneur Eddie Jones ont soudain porté leurs fruits. Les deux troisièmes lignes de grand champ George Smith et Phil Waugh étaient aux quatre coins du terrain au bon moment. Les anciens treizistes Mat Rogers, Wendell Sailor et Lote Tuqiri ont enfin trouvé leur place dans l?équipe.

Les critiques se sont tues et tout le pays a communié avec le capitaine George Gregan et ses joueurs lorsqu?ils ont fait un tour d?honneur du Stade Olympique de Sydney.

Le lendemain, les Anglais, eux, n?ont pas fait de tour d?honneur après leur victoire sur la France. Peut-être parce qu?il pleuvait, sans doute parce qu?ils ne se laisseront aller à exprimer une émotion qu?après avoir gagné la finale.

«PAYÉ POUR GAGNER»

L?Angleterre a débarqué en Australie avec la froide et totale détermination de devenir le premier pays de l?hémisphère Nord à remporter la Coupe du monde. Eux aussi ont souffert dans les matches de poule. L?Afrique du Sud et les Samoa leur ont longtemps tenu la dragée haute. En quart de finale, le Pays de Galles les a menés 10-3 à la mi-temps pour ne s?incliner finalement que 28-17.

La presse anglaise s?est elle aussi déchaînée et s?est même attaquée à Jonny Wilkinson, le David Beckham du rugby anglais. Mais comme les Wallabies, les Anglais ont été à la hauteur du rendez-vous des demi-finales.

Et comme pour les Wallabies, le jeu préparé par Clive Woodward s?est mis en place et la France, considérée par beaucoup comme la meilleure équipe du début de la compétition, a été noyée 24-7 par trois drops et cinq pénalités de Wilkinson.

Sous un orage de pluie et de vent, les chevau-légers français n?ont rien pu faire pour contrer la puissance du meilleur pack du monde et la maîtrise de Wilkinson qui est immédiatement redevenu le « King Jonny » des tabloïds de Londres.

Ceux de Sydney, de Brisbane ou Melbourne ne sont pas de cet avis, bien sûr. Pour eux l?Angleterre est une équipe vieillissante qui pratique un jeu ennuyeux mais la rose d?Angleterre a encore des épines.

« Je suis payé pour gagner des matches de rugby et nous avons gagné les quatre derniers matches que nous avons joués en Australie », a répliqué Clive Woodward. «Si nous voulons jouer un rugby ennuyeux, nous jouerons un rugby ennuyeux. Les Australiens n?ont encore rien vu. »

Jean-Paul Couret (Reuters)

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