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Au service des handicapés mentaux
?J?ai trouvé ma mission, ma vocation.? C?est ce que nous dit d?emblée Linda Yagapen-Gébert. Âgée de 36 ans, sa vocation se résume en cela : se consacrer aux personnes handicapées. Assistante sociale dans une association pour handicapés mentaux, elle effectue des visites à domicile. ?J?ai une centaine de patients que je vois régulièrement. Le but est d?apporter un soutien moral aux familles tout en proposant des activités éducatives aux malades?, explique-t-elle.
Mais ce travail ne lui suffit pas. Linda est aussi la vice-présidente de l?Association pour l?hébergement des personnes inadaptées. L?association a ouvert depuis janvier, le Foyer Namasté à Vacoas. Il accueille des personnes autistes, trisomiques ou ayant d?autres formes d?handicap mental.
?L?idée vient de Jean-Alain Antoine, le président de l?association, qui a trouvé qu?il y avait un manque d?infrastructure de ce genre à Maurice.? Le Foyer Namasté est donc une résidence payante qui accueille les personnes de tout âge ayant des problèmes mentaux. ?On ne fait pas de profit. Les pensionnaires sont obligés de payer en vue de régler les frais de location et le salaire employés?, nous explique Jean-Alain Antoine.
Linda Yagapen-Gébert a, pour sa part, toujours été active en tant que bénévole dans plusieurs associations mais elle n?en a fait sa carrière que depuis sept ans. Secrétaire d?administration auparavant, elle n?arrivait pas à s?épanouir dans ce poste.
À 20 ans, elle décide même de devenir religieuse. Mais après un séjour dans un foyer, elle se rend compte que c?est la vie auprès des démunis qui l?intéresse. ?Je ne voulais pas être coincée dans une congrégation. Je voulais absolument être sur le terrain. C?est ainsi que j?ai décidé de devenir travailleur social. J?ai suivi plusieurs formations en la matière et je continue mes études dans ce sens.?
Ce que son travaille lui apporte ? J?ai découvert des réalités mauriciennes que peu de gens connaissent. Les choses sont très difficiles pour certaines familles. Les parents ont une question majeure : que vont devenir leurs enfants handicapés après leur mort ? Le foyer est une réponse à cette inquiétude.?
La place de la religion dans sa vie actuellement ? ?Je suis croyante et pratiquante. C?est ma foi qui m?aide dans mes choix, dans ma mission.? Hormis son dévouement aux autres, cette jeune femme est surtout animée par une idéologie tournée autour de l?interculturel. ?Mes ancêtres étaient de culture tamoule mais de religion catholique. C?est un double héritage que je revendique. La culture c?est la manière de s?habiller, la nourriture, la musique, etc. et la religion c?est ma foi catholique.?
?À 20 ans, elle décide de devenir religieuse. Mais après un séjour dans un foyer, elle se rend compte que c?est la vie auprès des démunis qui l?intéresse.?
Un aspect de sa vie qu?elle a eu un peu de mal à expliquer à son mari. ?Au début, il ne comprenait pas pourquoi je portais le sari, par exemple mais il a fait un cheminement et maintenant il me soutient totalement. D?ailleurs, c?est un héritage que je souhaite léguer à mon fils.?
Elle fait aussi partie du groupe Mosaïque, fondé après les émeutes suite au décès du chanteur Kaya. ?C?est un groupe interreligieux et le but est de créer des passerelles entre les différentes religions à travers des discussions. Ce n?est qu?une goutte d?eau mais c?est déjà ça.?
Une ouverture d?esprit qui la pousse à connaître l?autre et sa culture. ?J?ai lu le Coran, le Bhagavad Gita. Cela m?aide à consolider ma foi.? Une ouverture d?esprit qu?elle dit avoir hérité de l?éducation de ses parents.
Son ouverture d?esprit l?aide aussi dans son travail. ?Quand je vais chez des gens, je me rends compte qu?ils m?accueillent comme un membre de la famille. Dans la souffrance, on est tous dans le même bateau.?
Mariée et mère d?un fils de deux ans et demi, Linda Yagapen-Gébert s?épanouit aussi au sein de sa famille. ?Mon mari comprend tout à fait cette mission que je me suis attribuée. Il m?encourage dans ma voie.?
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