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Au royaume du court-métrage

25 mars 2006, 00:00

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Ce festival nous donne l?occasion de réfléchir sur ce genre cinématographique que l?on a tendance à reléguer à la deuxième place. Le public est appelé à venir en nombre pour regarder ces morceaux de cinéma locaux. L?entrée est gratuite.

L?avenir du cinéma mauricien se trouve peut-être dans le court-métrage. Le Festival Fenêtre sur Courts, est là pour nous le suggérer. Huit aspirants-cinéastes, débrouillards, font ainsi leurs premiers pas, ou presque, dans le cinéma, en faisant du court-métrage.

Considéré comme étant le galop d?essai vers les moyen et long métrages, le court-métrage est pourtant un genre cinématographique à part entière. Il est au cinéma, ce que la nouvelle est au roman.

Le court-métrage est d?abord un lieu d?apprentissag. Jean-Luc Godard disait que le court-métrage « offre la possibilité de faire ses gammes. » De par sa longueur, il varie entre 13 et 26 minutes, un court-métrage doit imposer d?emblée un rythme. Il y a donc peu de temps pour son réalisateur, pour ressentir ou habiter personnages et situations. « Le court-métrage montre peu, il démontre beaucoup, » dit-on.

C?est en 2003, Selven Naidu, directeur de la MFDC, arrive avec un projet d?aide et d?accompagnement pour aspirants-cinéastes. Le premier Fond d?aide à la production audiovisuelle, trouve un écho favorable.

Objectif : soutenir et accompagner des projets cinématographiques sous forme de court-métrages, dans toutes les étapes de développement, de la préparation, jusqu?à la production, en passant par le tournage et le montage. Les projets cinématographiques atterrissent sur la table d?un comité de lecture, indépendant de la MFDC.

Depuis, 65 postulants ont soumis leurs dossiers, en vue de bénéficier de ce fond d?aide. Un budget de Rs 600 000, a été attribué aux huit bénéficiaires du 2ème fond d?aide. Ce budget comprend également, les salaires perçus par les trois formateurs, venus partager leur savoir aux bénéficiaires : Michel Vuillermet s?est occupé d?animer l?atelier de fiction, Caroline Barthes s?est chargée de l?atelier de documentaire et Rajendra s?est attelé à animer l?atelier de l?écriture du scénario.

« Toutes les ?uvres qui seront montrées, sont pour la majorité, des premières ?uvres. Certaines sont bonnes, d?autres moins bonnes, mais l?objectif est de faire voir que l?on peut faire des choses avec peu de moyens. Le potentiel existe, » explique alors, Selven Naidu, directeur de la MFDC. «En même temps, nous souhaitons, que ce Fond d?aide donne envie à ceux qui ont fait leurs premiers pas dans le cinéma, de faire d?autres court-métrages et encourager ceux qui hésitent à se lancer à se mettre à l?ouvrage.»

Le public est appelé à venir prendre le pouls de la production cinématographique locale, et à aimer le court-métrage dans toute sa diversité.

<B>Axelle Tennant :

La caméra inspirée </B>

Elle aime le cinéma sous toutes ses coutures. Initiée dès l?enfance par une mère qui la traînait ses amis et elle dans les salles de cinéma d?art et d?essai dans sa Bretagne natale, Axelle Tennant ne pouvait que faire du cinéma.

Elle décroche une licence d?audiovisuel de la prestigieuse Université Paul Valéry à Montpellier. Avec son mari, elle décide de s?installer ici. Au sein de la défunte société de production Mauzimaz, elle a l?occasion de travailler avec la chaîne française Voyage, avant de se mettre à son propre compte. A travers le Fond d?aide, elle «a trouvé l?occasion unique de faire enfin un projet personnel. » A 34 ans, c?est déjà un sacré joli parcours.

<B>Nathalia Vadamootoo :

Faire ?uvre utile </B>

Née à Maurice, d?un père mauricien et d?une mère Colombienne, Nathalia Vadamootoo travaille dans le social et gère sa propre boîte. Pour ses premiers pas dans la réalisation, cette jeune maman de 29 ans, a voulu faire ?uvre utile et sociale, sa formation académique et sa profession, obligent. Elle met en exergue, « l?absurdité » des leçons particulières, qu?elle trouve « anormal », dans notre système éducatif.

Ce projet lui tenait à c?ur puisque Juan David, son fils de neuf ans, a été contraint « de faire comme les Mauriciens, » en s?exposant aux leçons particulières. Son documentaire est le fruit d?une longue réflexion.

<B>Govindasawmy Teeroovengadum : Le cinéma du partage </B>

C?est au cours d?un voyage dans le Sud de l?Inde, que Govindasawmy Teeroovengadum découvre le métier de sculpteur de statues pieuses qui ornent les temples.

Fasciné par le travail de ces hommes au talent fou, il décide d?en faire le sujet de son documentaire. Informaticien de formation, Govindasawmy Teeroovengadum,51 ans, délaisse l?enseignement en 1983, pour se lancer dans la construction, avant de créer sa propre société d?informatique. Producteur du VCD La faya Riyé, il débute donc dans la réalisation. « C?est une étape importante pour moi, car je compte bientôt me lancer dans l?élaboration de VCD ludiques et éducatifs pour les enfants, » explique-t-il.

<B> Satish Khorugdharry : Croire dans le cinéma mauricien </B>

A 46 ans, Satish Khorugdharry, fait du cinéma depuis quelques années déjà. La noblesse d?un métier rare, son 1er court-métrage, a décroché la Mention spéciale du jury en 2003, lors du défunt Festival de Courts-métrages. Décidé à « réhabiliter » le folklore, il redonne vie au personnage de Tizan. « Je veux non seulement préserver la mémoire de Tizan, mais également faire rire, dans cette histoire de concubinage, » raconte-t-il. Cet ancien enseignant de mathématiques, a commencé à écrire des scénarios depuis qu?il est au collège. Après des cours de théâtre, il participe à tous les ateliers de formation de la MFDC. Il a écrit Zappatta, un projet pilote. « Je crois dans le cinéma mauricien, » martèle-t-il.

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