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Au nom du père
La génération Jugnauth existe. Tous ceux qui ont entre 25 et 35 ans aujourd?hui peuvent s?en réclamer. Ils ont grandi en voyant à la télé, ce bonhomme qui parlait un français approximatif, assis à côté du président François Mitterrand, lors du Sommet de la francophonie. Mais qui affichait dans l?heure qui suivait charisme et détermination quand il s?agissait de défendre ses orientations politiques et économiques ou de motiver ses troupes.
Grâce en partie aux efforts de cet homme, des parents ont pu gagner mieux leur vie. Assurant confort matériel à leurs familles et permettant dans beaucoup de cas une meilleure éducation à leurs enfants. Une partie des jeunes cadres qui peuplent nos entreprises et nos administrations sont de la génération Jugnauth.
Puis arriva le fils ! Comme tous les nouveaux venus, on lui a accordé le bénéfice du doute. L?occasion de s?affranchir de l?étiquette « fils de » qui lui était collé dans le dos. Et il a, en effet, brillamment réussi à faire oublier qu?il était le fils de son père. Politique-ment s?entend. Car il n?a rien voulu faire comme lui. Quand Anerood Jugnauth confie la barre à Pravind en 2003, il lui laisse un parti aux riches ressour-ces ; tant humaines que financières.
Moins de trois ans après, les ressources financières sont à peu près là. Mais les personnes qui formaient la charpente idéologique et populaire du parti ont été contraintes de partir ou alors réduites au silence par l?omniscience de leur leader. Même le vieux chef terré au Réduit n?a pas pu prodiguer ses conseils. Le fils n?en voulait pas ! Il a par conséquent brillamment échoué dans la lutte contre l?hémorragie dont son parti a été victime en début d?année.
On aurait pu dire que le pouvoir lui était monté à la tête. Après tout, dès son premier mandat électoral, le voilà propulsé ministre de l?Agriculture puis ministre des Finances et surtout vice-Premier ministre. On lui pardonne donc volontiers toutes les fois où il s?est cru plus malin et plus rusé en économie que les vieux renards des finances.
Mais voilà, relégué dans son caro-cannes extra-parlementaire, il dirige toujours son parti avec la même intransigeance et intolérance. Préférant, par exemple, voir la menace que représentent les vieux routiers de son parti plutôt que de méditer sur les précieux conseils qu?ils pourraient lui prodiguer.
Pour Navin Ramgoolam, 2005 a été l?année de changement. En guise de v?ux pour la nouvelle année, nous souhaitons la même chose à Pravind Jugnauth.
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