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Au bord de la décrépitude

13 mai 2007, 00:00

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Port-Louis est pleine de contradictions. D?un côté il y a la ville moderne, avec des immeubles de grand standing, de l?autre des bâtiments vétustes qui détonnent. L?hôpital Jeetoo en fait partie.

Des bâtiments surannés, des fils électriques qui pendent aux murs, des toits qui fuient, un bien triste spectacle pour les visiteurs. Mais le mal est plus profond, indiquent les infirmiers.

« En termes d?infrastructures, l?hôpital ne répond plus aux besoins des patients. Près de 100 000 personnes se rendent ou transitent par la capitale chaque jour. Il y a une concentration de bureaux, d?entreprises qui utilisent des produits chimiques, d?entrepôts de stockage de gaz et de produits inflammables. S?il y a une catastrophe, nous aurons bien du mal à y faire face », explique un membre du personnel médical.

Prenons le département de consultation externe (outpatient department). Dans le hall, on trouve deux unités qui sont le centre nerveux de l?établissement : les urgences et le Service d?aide médicale d?urgence (SAMU). Ces lieux exigus, abritent aussi les salles de consultation pour la physiothérapie, la gynécologie et l?obstétrique, la pédiatrie et la cardiologie.

Entre 9 et 11 heures, les malades doivent jouer des coudes pour trouver une place assise. Dans un lieu aussi inconfortable, où il fait chaud à longueur de journée, il est difficile de maîtriser son exaspération. Ainsi, les scènes d?agressions verbales et physiques sont fréquentes. « Certains sont irrités par cet état de choses. Nous ne cautionnons pas leur réaction, mais parfois, on peut comprendre leur colère », note un infirmier.

Et pour lui les averses d?été sont synonymes de tracasseries car le toit de certaines salles, dont une d?opération, sont de véritables passoires. Ces salles doivent alors être fermées. L?administration se débrouille comme elle peut pour que les opérations urgentes puissent se faire ailleurs, tout en reportant celles qui le peuvent. Dans les salles, il faut bouger les lits pour qu?ils ne soient pas trempés.

L?environnement de travail est le sou-ci principal du personnel soignant. D?ailleurs, la Journée internationale des infirmiers, célébrée hier, était placée sous le thème Positive practice environment, c?est-à-dire un environnement de qualité.

Mais malgré tous ces inconvénients, médecins et infirmiers arrivent à offrir un service de qualité. « Il est toutefois malheureux de constater que nous fonctionnons dans un environnement désuet, qui influe sur la qualité de service. Et cela énerve les malades », note encore cet infirmier. Ses collègues envient souvent ceux de l?hôpital de Souillac, un bijou architectural moderne et confortable. Un rêve encore inaccessible pour eux?

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