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Attention, le Pitbull est lâché
Old Trafford, Edgar Davids connaît. Au début des années 90, il fut sur le point d’y être transféré. Il jouait alors à l’Ajax Amsterdam et avait tapé dans l’oeil de sir Alex Ferguson qui avait demandé à le rencontrer.
« Je me souviendrai toujours de la conversation que j’ai eue avec lui. C’est un entraîneur attachant, un personnage unique. Je ne dévoilerai pas le contenu de notre aparté, mais, ce que je peux vous dire, c’est que j’ai été à deux doigts de signer pour United », a confessé cette semaine le milieu de terrain hollandais.
Edgar Davids, qui a fêté ses 32 ans cette année, n’a aujourd’hui aucun regret. Jouer pour Manchester United était un rêve, certes, mais sa carrière n’en a pas pour autant souffert. Avec l’Ajax, le club de ses débuts, il a même conquis l’Europe en 1995. Sous le maillot de la Juventus de Turin, le club de son coeur, il a enrichi singulièrement son palmarès en même temps qu’il a eu l’occasion de côtoyer Zinedine Zidane, Didier Deschamps et Alesandro del Piero, « des joueurs extraordinaires ».
Ce soir, le Pitbull foulera la pelouse du Théâtre des rêves, mais il prendra place dans les vestiaires de l’équipe visiteuse, Tottenham Hotspur, bouillant deuxième d’un championnat d’Angleterre que surclasse indécemment Chelsea.
Davids n’est pas du genre rancunier mais autant dire qu’il aura à coeur de faire un bon match, histoire de donner tort à ceux qui, à United, avaient fait capoter son projet de transfert.
Avec les Spurs, Davids entend relever l’ultime défi de sa brillante carrière, à savoir mener ses coéquipiers sur la scène européenne dès la prochaine saison et, dans le même temps, réinstaller durablement le vieux club londonien au sommet de la hiérarchie du championnat d’Angleterre. « Jouer les premiers rôles, c’est ce que mérite Tottenham, un club qui a marqué l’histoire du football anglais. Deuxième, c’est un peu une surprise, mais on est pourtant à notre place », estime Davids.
Un bilan flatteur
Cinq victoires et trois nuls, c’est un bilan forcément flatteur pour une équipe dont la seule défaite concédée jusqu’ici aura été contre la machine à gagner Chelsea, 0-2.
Aujourd’hui face à Manchester United, qu’ils précèdent à la différence de but, les Spurs auront droit à un défi grandeur nature. Un test qu’ils ont les moyens de relever tant les Diables rouges s’embourbent dans les situations les plus compliquées, la faute à un effectif devenu presque squelettique tant les suspensions et les blessures se succèdent à Old Trafford.
Pour le choc de ce soir, United, accrochée mardi par Lille en Ligue des champions, sera privée de plusieurs cadres et non des moindres. Roy Keane, Gabriel Heinze, Gary Neville et Wes Brown sont à l’infirmerie depuis longtemps. Ils ont été rejoints cette semaine par Ryan Giggs, qui se fera bientôt opérer des paumettes.
Edgar Davids espérait croiser le fer en milieu de terrain avec Keane. Il devra se contenter du marquage de Paul Scholes, dont les sautes de forme deviennent chroniques.
Si United, sous l’inspiration de ses matadors Wayne Rooney et Ruud van Nistelrooy – 13 buts à eux deux– a des arguments offensifs à faire valoir, la défense de Tottenham, menée par l’international Ledley King, est une des plus respectées d’Angleterre.
La saison dernière, les Spurs avaient réussi l’exploit d’aller chercher un match nul flatteur à Old Trafford, 0-0. Et encore que Pedro Mendes s’était vu, on s’en souvient, refuser un but tout fait. Un nouveau match nul ne surprendrait cette fois personne mais satisferait évidemment un Martin Jol désireux de voir son équipe s’installer comme le seul dauphin crédible de Chelsea.
Bien plus que Tottenham, qui n’a plus gagné à Manchester depuis 13 ans et dont la présente deuxième place n’était franchement pas prévue, United a une obligation de résultats ce soir. Un faux pas et les protégés de sir Alex pourraient se retrouver, dès la 10e journée, à 13 points de Chelsea, qui jouera demain pour une 10e victoire de rang en championnat sur la pelouse de la lanterne rouge Everton.
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