Publicité
Attentat de Poste-Lafayette : Kadhafi Oozeer plaide coupable
Par
Partager cet article
Attentat de Poste-Lafayette : Kadhafi Oozeer plaide coupable
Jeudi 17 août 2000. Il fait nuit. Des coups de feu sont tirés sur le bungalow des Wiehé à Poste-Lafayette. Bilan : un blessé. Traduit en cour intermédiaire, hier, Kadhafi Oozeer est accusé d'avoir participé à l?attentat et de possession d?arme à feu ?with intent to endanger life?. Il a plaidé coupable.
La magistrate Rita Teelock présidait le procès. La poursuite était représentée par Me Rajesh Ramloll, Principal State Counsel, assisté du surintendant Chimmunlall Ghoorah. Quant à l?accusé, il a retenu les services de Me Elias Oozeerally.
La poursuite stipule que Kadhafi Oozeer avait en sa possession ce ?Shotgun? et qu'il voulait tuer Jacques Wiéhé (Il a blessé son fils Johan). Dans les trois dépositions lues et produites en cour, Kadhafi Oozeer raconte?
?Depuis huit mois ou un an, je fréquente une équipe qui avait sept membres auparavant et maintenant il n?en reste que trois et je me suis joint à eux pour être le quatrième. Ces trois personnes sont Bahim Coco, Azad Nandoo et Afzal Chummun, un policier de Brisée-Verdière. Ils ont l?habitude d?effectuer des missions, d'éliminer des personnes.?
La préparation de l'attentat contre les Wiéhé commence début août 2000. Bahim Coco, dans la soirée, anime une réunion chez lui. Il informe le reste de l?équipe de sa rencontre avec un Sud-Africain. Ce dernier l?aiderait à décrocher un contrat d?importation de pommes d?amour et d?autres articles. ?En contre-partie, il nous faudra assassiner une personne. Nous sommes tombés d?accord. Bahim Coco nous a expliqué qu?à l?exécution de la tâche, nous aurions le contrat et que tout le monde serait bien loti.?
Le revolver d?un policier
Une semaine après, Azad Nandoo se présente chez Kadhafi Oozeer pour lui demander de se tenir prêt car la mission est prévue dans ?trois, quatre jours?. Bahim Coco lui confie alors la garde d?une 4x4 Toyota.
Le jeudi 17 août 2000, Azad Nandoo rencontre Kadhafi Oozeer sur son lieu de travail, une boucherie, et l?informe que le ?travail? est fixé pour le même jour. Il devra le soir même passer prendre Bahim Coco avec les armes en sa possession : ?deux fusils de calibre 12 simple canon, un de calibre 16 double canon, un autre revolver 0.38 appartenant à la police et un autre pistolet à six coups?, sans oublier les dizaines de balles. Kadhafi Oozeer apporte aussi deux paires de gants et deux cagoules noires.
La nuit tombe. Le jeune boucher se présente chez Bahim Coco à l?heure prévue. Ce dernier met un ?petit revolver? dans sa poche. Le prochain arrêt est chez Azad Nandoo, rue Edgar-Laurent, puis ils prennent la direction de Brisée-Verdière pour récupérer Afzal Chummun.
Avant de s?engager vers Poste-Lafayette, raconte l?accusé aux enquêteurs, Bahim Coco fixe de fausses plaques d?immatriculation sur la 4x4. Les hommes s?arment. Afzal Chummun choisit le fusil de calibre 16 et le pistolet à six coups. Azad Nandoo opte pour le revolver de la police et Kadhafi Oozeer prend le calibre 12.
Il a crié ?fire?
Poste-Lafayette. Leur van est garé devant un bungalow ?abandonné?. Ils sortent avec leur cagoule. Bahim Coco les guide vers un bungalow situé plus loin (celui des Wiehé) et part en reconnaissance puis revient pour annoncer qu?il y a du monde à l?intérieur. Ils atteignent la varangue. Kadhafi Oozeer se tient à proximité d?une colonne. Afzal Chummun est accroupi derrière Bahim Coco alors qu?Azad Nandoo est en retrait.
Il est environ 21h15. ?A travers la fenêtre en face de moi, j?ai vu des personnes à l?intérieur. Tout à coup, Afzal a bougé en avant, sur ma gauche. Il a crié : Fire ! Quand j?ai entendu un coup de feu, j?ai tiré en direction de ces personnes. Afzal a tiré une deuxième fois mais la balle n?est pas partie. Une femme a hurlé. Et Bahim Coco nous a demandé de nous sauver.?
Sur le chemin du retour, à la demande d?Afzal Chummun, l?accusé recharge son arme à feu. Il s?aperçoit que la douille usée de son calibre 12 n?est plus dans la chambre. Le constable est ensuite déposé chez sa belle-mère avec les armes.
Le lendemain, Kadhafi Oozeer apprend d?Azad Nandoo que Bahim Coco n?est pas satisfait du ?travail?. ?Zot fine amène amateur, ti bizin touye dimoune mais personne pas fine mort.? Il ajoute que la précédente équipe de Bahim aurait exécuté le travail correctement.
Kadhafi Oozeer continue son récit : ?Les journaux font mention d?un blessé. Azad m?a dit que Bahim lui a indiqué que je n?ai pas d?expérience et que je devrais être entraîné davantage.? Sur les ordres de Bahim Coco relayés par Azad Nandoo, l?accusé Oozeer se rend alors chez le constable Afzal Chummun pour reprendre le sac d?armes.
Alors que la poursuite n?a appelé à la barre qu?un témoin, la défense a sollicité l?accusé de même que le capitaine Harry Raddhoa, principal enquêteur dans l?affaire de ?l?escadron de la mort?. Il a été question du rôle joué par l?accusé dans le démantèlement de la bande. D?ailleurs, le capitaine, tout comme Kadhafi Oozeer, a indiqué que si tel n?avait pas été le cas, ?il y aurait eu plusieurs autres crimes?. L?autre argument mis en avant par Me Elias Oozeerally est l?accord écrit entre la police et l?accusé selon lequel il ne serait pas poursuivi s?il divulguait des renseignements. La magistrate a réservé le verdict pour le 2 octobre.
Publicité
Publicité
Les plus récents