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Athènes sous haute sécurité

11 août 2004, 20:00

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Athènes retient son souffle. Les Jeux Olympiques, qui débutent demain, sont-ils à l’abri d’attentats terroristes du type 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ? En tout cas, la Grèce ne veut prendre aucun risque. Ce qui explique les nombreuses mesures de sécurité pour éviter que le drame de Munich ne se reproduise.

Souvenez-vous. Munich, Allemagne, les J.O de 1972. Un commando armé palestinien de la mouvance “Septembre Noir” prend en otage 11 athlètes israéliens. Les onze sont exécutés après que des pourparlers entre le commando et la police allemande eurent échoués. Le sport vivait sans doute une des heures si ce n’est l’heure la plus sombre de son histoire.

Le sport qui se veut unificateur, sain, qui se doit de récompenser l’effort et les sacrifices, devenait, l’espace d’un événément planétaire retransmis sur des centaines de chaînes de télévision, la cible d’attentats lâches et meurtriers.

La cité mythique est peut-être placée sous la protection des dieux grecs mais cela pourrait ne pas suffire.

L’Etat grec ne s’y trompe pas, lui qui a déployé les grands moyens pour assurer la sécurité des athlètes et des nombreux dirigeants, officiels et volontaires présents à Athènes.

D’abord, les services de l’OTAN ont été sollicités pour patrouiller dans les eaux grecques, notamment sur la mer Egée. D’ailleurs c’est la première fois qu’un pays fait appel à cette force armée pour assurer la sécurité des Jeux. Tout porte à croire que cela a été fait sur les conseils des Etats-Unis.

Car le chef de la délégation américaine pour les présents olympiques n’est nul autre que le père du Président, George Bush senior. Il sera accompagné de sa femme Barbara et de ses deux petites-filles, les enfants de l’actuel occupant du bureau oval de la Maison Blanche. Une dizaine d’agents du FBI assureront leur protection.

La sécurité à Athènes, c’est aussi 70 000 policiers et militaires, un dirigeable-espion qui survole la cité et six batteries de missiles anti-aériens Patriot. Ces batteries ont été placées à l’aéroport militaire de Tatoi, qui se trouve à proximité du village olympique. Une surveillance maximale pour assurer le spectacle.

Un tel déploiement de force n’a forcément pas de prix. Si pour les Jeux de Sydney, en Australie (année 2000), environ 250 millions d’euros avaient été dépensés pour l’aspect sécurité, ce chiffre a plus que quadruplé pour la présente édition. Plus d’un milliard d’euros de dépenses pour protéger la vie des gens, c’est de loin les Jeux à avoir coûté le plus cher.

"Le monde a changé : Un cinglé armé dans un bateau et c’est tout de suite des ennuis", a précisé Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO). "La sécurité est notre priorité. Nous faisons tout pour l’assurer mais personne ne peut garantir le risque zéro", a-t-il ajouté.

N’empêche, et fort heureusement, toutes ces mesures n’ont pas tempéré l’ardeur des Grecs pour les Jeux. Chaque jour, des dizaines de milliers de billets sont vendus. Même si d’autres préfèrent quitter la ville pour passer des vacances paisibles ailleurs, Athènes est prête à vibrer au rythme des Jeux qu’elle a elle-même engendrés à lépoque de la Grèce antique, soit au IXe siècle avant Jésus Christ.

“L’important c’est de participer”, avait jadis déclaré le Baron Pierre de Coubertin, concepteur de l’olympisme. Aujourd’hui “l’important c’est la sécurité”.

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