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Ashock Jugnauth lance son « Union nationale »
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Ashock Jugnauth lance son « Union nationale »
Ashock Jugnauth veut en découdre. Auréolé de son nouveau poste de leader de l?Union nationale (UN), lancée hier en grande pompe, l?homme mesure l?ampleur de la tâche à abattre. Il compte faire de son parti une composante incontournable de la scène politique locale en trois mois seulement. Le leader de l?UN compte pour cela battre le pavé, épaulé de ses lieutenants. Ils ont fait leur première sortie publique hier après-midi, à Saint-Pierre.
Le leader de ce parti affiche une détermination sans faille. « Il était l?heure qu?un parti politique vienne de l?avant avec de nouvelles idées. Lezot parti zot destin bien flou », lance Ashock Jugnauth, pas peu fier du soutien « des nombreuses personnes qui sont venues (lui) dire de ne pas se retirer de la politique après (sa) démission du MSM ». Ashock Jugnauth confie en effet avoir songé à démissionner de son poste de parlementaire. Cet état d?esprit, assure-t-il, n?est plus d?actualité.
Évoquant les raisons qui l?ont poussé à fonder un parti politique, Ashock Jugnauth parle de la vulnérabilité des piliers économiques du pays, de l?« instabilité » politique tant au gouvernement qu?au sein de l?opposition et de la fragilité sociale à laquelle fait actuellement face le pays? des arguments mille fois ressassés !
Le « challenger » de Ramgoolam
Le gouvernement, souligne-t-il, a perdu la confiance de la population neuf mois seulement après avoir pris le pouvoir. « Zot finn fer trop foss promess. Mo finn santi ki ena enn vide dans nou system », déclare Ashock Jugnauth, aussitôt applaudi par les membres de son parti, assis derrière lui. Tous affichent une mine réjouie, pour ne pas dire béate, confiants que l?UN sera bien accueillie par la population. « Pena bare, nou pou al vers prosin eleksion pou prezant Ashock kouma premie minis », confie un membre fondateur du nouveau parti.
Pour sa première sortie publique en tant que leader, Ashock Jugnauth a choisi de se rendre dans son fief, la circonscription no 8 (Quartier-Militaire-Moka) où il est député depuis 1991. Une soixantaine de ses fidèles ont par ailleurs démissionné de la régionale MSM durant la semaine pour venir grossir les rangs de l?Union nationale. Sur l?estrade, Ashock Jugnauth, visiblement à l?aise, déploie ses talents d?orateur d?une voix de stentor. Il parle de la nécessité pour un nouveau parti de faire entendre ses idées et se voit, ni plus ni moins que comme un « challenger » de Navin Ramgoolam lors des prochaines élections. Comme de juste, il n?a pas manqué d?égratigner, sans le nommer, Pravind Jugnauth : « Si le leader de l?Union nationale n?arrive pas à se faire élire lors des législatives, il n?aura pas d?autre choix que de céder sa place ! »
Les intervenants qui se succèdent au micro vantent tout à tour le « charisme » et la « compétence » de leur leader. Mais tous confient leur impatience à « descendre sur le terrain » pour faire découvrir à la population une « alternative politique » mieux à même à répondre à leurs attentes. L?UN organisera son premier « grand meeting », laisse entendre Ashock Jugnauth, dans la deuxième semaine de juin. Les membres de ce tout nouveau parti sont en tout cas unanimes : il faudra désormais compter avec l?Union nationale. D?ailleurs ils ont choisi leur couleur : l?or, ni plus ni moins !
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