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Armstrong, l?homme qui a vaincu le Tour !
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Armstrong, l?homme qui a vaincu le Tour !
Anéantissant toutes les prédictions et défiant toutes les logiques, Lance Armstrong a remporté hier le Tour de France pour la septième fois de sa carrière, un record inimaginable hier, presque inhumain aujourd?hui et peut-être inégalable demain.
Au-delà de la démesure de cette réussite, au-delà du fait qu?Armstrong occupe une place encore un peu plus unique et inaccessible dans l?aventure du cyclisme, c?est toute la philosophie de la Grande Boucle qui se retrouve confrontée à elle-même.
La magie du Tour, depuis plus d?un siècle, fut que l?événement a toujours eu raison des hommes, qu?il a toujours su leur imposer sa loi.
Ce sont bien sûr les coureurs qui ont rédigé les pages de cette épopée mais c?est la course, juge impitoyable et aveugle, qui a accompli le tri dans leurs ambitions, qui leur a décerné les honneurs ou qui a fait couler sur leurs visages les larmes de la déception.
En plus de 100 ans, jamais un homme n?avait réussi à imposer sa volonté à ce qui reste certainement comme l?épreuve sportive la plus difficile du monde. Toujours la course avait répliqué, ramené les orgueilleux à la modestie, les fous à la raison, et les rêveurs à la réalité.
Armstrong est le premier. Il a gagné le Tour de France chaque fois qu?il en a eu l?intention et le Tour de France n?a jamais eu la force de contrarier sa volonté.
Ses détracteurs lui reprochent de n?avoir aucune faiblesse, de ne pas être un héros tragique comme on les aime parce que les limites de l?humanité inspirent immanquablement la sympathie.
Il y a pourtant chez le Texan quelque chose qui appartient à la mythologie, un mélange d?Hercule et d?Ulysse.
Un homme qui est capable d?accomplir les travaux les plus périlleux et les plus ingrats et un voyageur parti à la recherche de lui-même, qui a traversé les contrées les plus reculées de l?âme pour en revenir plus sage et plus fort.
Vouloir expliquer la réussite d?Armstrong est presque aussi vain qu?essayer de vouloir comprendre les desseins des dieux. Au cours des sept dernières années, tout a été écrit sur le héros américain. Toutes les hypothèses et toutes les théories ont été formulées pour donner un sens à cette insolente aventure.
Il fut souvent question de l?aide qui venait, non du ciel, mais de l?alchimie pharmaceutique : des soupçons se sont formés sans qu?aucune preuve irréfutable ne puisse jamais être fournie.
Il fut également question de sa volonté, de son tempérament méticuleux, de sa capacité à réduire le hasard à une donnée invariable.
Il fut enfin question de sa bonne étoile. ?Un type gagne sept Tours de France, il traverse 21 semaines sans la moindre anicroche. À mon sens, la chance a forcément mis son nez là-dedans?, affirme son compatriote Bobby Julich.
Mais plus que la question pourquoi, il convient de se demander qu?est-ce qu?Armstrong, au moment de prendre sa retraite, laisse aux générations futures.
?Indiscutablement, il a modifié le cyclisme?, reconnaît son manager, Johan Bruyneel, qui le suit depuis 1999. ?Son héritage est immense. Sa manière de travailler a été copiée par de nombreux autres coureurs. Il a placé le Tour de France au centre de ses préoccupations. Il a poussé le professionnalisme et le souci du détail jusqu?à l?extrême.?
C?est bien ce que lui reprochent ses adversaires : être devenu le maître d?un seul événement, un maître qui néglige, voire méprise toutes les autres courses sans réel intérêt à ses yeux. Même s?il a remporté le Dauphiné-Libéré, le Tour de Suisse et le Midi-Libre.
L?ère du professionnalisme exacerbé avait commencé avec Greg LeMond à la fin des années 80, elle s?est développée sous l?impulsion de Miguel Indurain, mais elle n?a pris tout son sens qu?avec Armstrong.
Au fond, ce qui agace le plus chez le Texan, c?est sa capacité à s?asseoir sur les conventions et à ne pas en tenir compte lorsque cela dessert ses intérêts ou risque de frustrer ses ambitions.
Quoi que l?on en pense, Armstrong aura fait beaucoup de bien au cyclisme et par voie de conséquence au Tour de France. Le cyclisme est devenu un sport populaire dans le pays qui reste le plus gigantesque réservoir à champion de la planète : les États-Unis.
Avant Greg LeMond, on comptait les coureurs américains sur les doigts d?une seule main. Après Lance Armstrong, il sont une légion à revendiquer sa succession.
Mais quand on voit comment Eddy Merckx est encore aujourd?hui accueilli par le public du Tour, on peut espérer qu?Armstrong bénéficie un jour du même traitement.
Et peut-être qu?un peu d?humanité filtrera sur ce visage qui a paru si souvent en manquer.
LA DERNIÈRE ÉTAPE
<B>Quel panache ce Vino ! </B>
Le Kazakh Alexandre Vinokourov a bataillé jusqu?au dernier mètre de son Tour de France, remportant en costaud la 21e et dernière étape de l?épreuve sur les Champs-Élysées hier. Le coureur de la T-Mobile, déjà vainqueur à Briançon, a décroché sa deuxième victoire d?étape de cette Grande boucle en faussant compagnie au peloton à deux kilomètres du but. Résistant au retour de l?Australien Bradley McGee et du Suisse Fabian Cancellara, respectivement deuxième et troisième, Vino faisait une excellente opération au général. Grâce à ce succès, il passait sur le fil l?Américain Levi Leipheimer pour prendre la cinquième place dans le classement final. L?étape d?hier devait être le lot commun des sprinteurs mais le sens de la course de Vinokourov a eu raison de tous les pronostics.
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