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Après des années de galère, la réussite du Chef
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Après des années de galère, la réussite du Chef
?Pa ti fasil du tout? Ruben Sengayen répète cette phrase à six reprises en racontant ses années de galère. Il a connu certes le temps des vaches maigres. Mais tout semble être loin derrière. Il est passé de la situation d?apprenti-cuisinier à celui de gérant de trois restaurants à Riambel, à Chamarel et à La Gaulette.
Nous sommes alors en plein boum de l?industrie textile. Les Mauriciens travaillent jusqu?à fort tard dans les usines. Et la mère de Ruben n?est pas en reste. Elle rentre tard le soir pour faire la cuisine. Les enfants mangeaient alors vers 21 heures. Ruben l?aîné d?une famille de trois enfants, prend une décision. ?Je me suis dit que nous ne pouvions pas rester ainsi.? Il apprend alors à cuisiner. Il n?a que 10 ans. Deux années plus tard, le jeune écolier concoctait pratiquement tous les plats mauriciens.
C?est ainsi que débute une belle histoire d?amour entre la cuisine et Ruben. La passion est tellement grande qu?il en fait son métier à la fin de ses études. Il a travaillé dans plusieurs restaurants du littoral nord où il a appris la cuisine japonaise. ?J?ai fait mes preuves au restaurant L?oiseau du paradis. Je remercie d?ailleurs Diva Narainen, le propriétaire, qui m?a donné la chance de m?exercer.? Travailler dans ce restaurant lui donne des ailes. Un vieux rêve d?enfant refait surface : celui d?ouvrir son propre restaurant.
?C?était très difficile de trouver une source de financement?. Bissoo Ramphul l?aidera à lancer son premier restaurant à Curepipe, Le Chasseur. Il y a eu des hauts et des bas dans la Ville Lumière. Finalement il met la clé sous le paillasson. Il mettra le cap alors sur Riambel où il ouvre un autre restaurant, le Green Palm. Et là encore, il fait face à beaucoup de difficultés. Il emploie une seule personne : il est tantôt au four et tantôt au bar. Peu à peu, il arrive à fidéliser une clientèle de touristes de passage et de Mauriciens. Il arrive aussi à se faire apprécier par les riverains. Riambel lui porte chance. Peu à peu, il se bâtit une bonne réputation parmi les chauffeurs de taxi et ceux des cars de touristes.
Très sollicité
Lors d?une promenade à Chamarel, il découvre un emplacement inoccupé qui deviendra son deuxième restaurant, Chez Ruben, spécialiste en menus locaux. ?Il y a des clients qui exigent que ce soit moi qui fasse la cuisine. Ils téléphonent pour que je sois sur place quand ils viendront?, explique-t-il fièrement. Dans ce petit village montagneux, les touristes affluent. Les veilles connaissances de Ruben lui rendent souvent visite pour déguster un bon plat.
Le dernier-né se trouve à La Gaulette. Il a repris le restaurant La Pointe Pêcheur depuis deux mois. Il marche tant bien que mal. Le secret de Ruben est simple : il a partagé son savoir avec ses employés, avec ses cuisiniers surtout. ?Je leur ai demandé d?oublier tout ce qu?ils savaient et je leur ai enseigné ma façon de cuisiner.? Il y a aussi les prix. Il a sa propre philosophie concernant la question qualité-prix. ?Un client ne doit pas dire : on a bien mangé, mais c?était cher?. Il doit dire simplement : ?On a bien mangé?.
Il dédie sa réussite à sa femme, Anista Sengayen, qui gère son business. Il a ses propres restaurants et il rêve maintenant de travailler dans ses propres locaux.
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