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Après la visite d’Annan, l’opposition se remobilise

23 mars 2006, 00:00

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L’opposition à l’épreuve. Après avoir obtenu le coup de pouce de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, elle doit faire preuve de doigté pour remobiliser toutes les factions qui la composent, avant de dialoguer avec le pouvoir. Propulsée au devant de la scène, elle doit assumer son rang au risque de rester au quai du pouvoir pour un temps. “Nous appelons tous les membres de l’opposition à une assemblée générale, à Manakambahiny”, annonce le sénateur Ramasy Adolphe. Le président du comité pour la réalisation des résolutions de la conférence nationale des 3FN explique cette décision par “la nécessité de se consulter sur la démarche à suivre lors du dialogue avec le pouvoir”.

Les dirigeants des 3FN en ont décidé ainsi à la suite du compte-rendu fait par le pasteur Richard Andriamanjato sur son premier contact avec le pouvoir à Ambohitsorohitra, lundi. Le rapport présenté, mardi à Ivandry, a été suivi d’une réunion entre Zafy Albert et les pasteurs Edmond Razafimahefa et Richard Andriamanjato, coprésidents des 3FN.Les trois autres responsables des structures de la troïka y ont également participé. Il s’agit du sénateur Ramasy Adolphe, de José Rakotomavo et de Tabera Randriamanantsoa. Emmanuel Rakotovahiny a complété le tableau.

“Nous sommes démocrates. C’est pourquoi nous nous référons à l’assemblée générale avant de prendre une décision”, fait valoir le secrétaire général du groupe Arema au Sénat. Outre le compte-rendu aux membres, les dirigeants des 3FN doivent vite décider de la stratégie à adopter, ne serait- ce que des sujets de discussion à proposer. “Mais en principe, notre ligne de conduite ne devra pas s’écarter des résolutions de la conférence nationale”, avance le parlementaire de Moramanga, faisant référence à la transition. Derrière l’appel à tous les opposants, les dirigeants des 3FN doivent aussi déployer tout leur talent pour que l’alliance présente un projet cohérent avant tout dialogue avec le pouvoir. La nouvelle donne après le passage de Kofi Annan ne leur laisse pourtant pas beaucoup de temps de préparation. L’autre défi de la troïka concerne la mobilisation des troupes. Après trois mois d’activités ralenties, il lui reste peu de temps pour affûter ses armes.

Déjà, la nomination de pasteur Richard Andriamanjato comme porte-parole de l’opposition suscite quelques questions. “En tant que force de l’opposition, le Mouvement des citoyens pour la sauvegarde de la République a sa propre identité”, revendique son président, Alain Ramaroson. Il a également sa proposition et son mot à dire. Mais il préfère encore temporiser “et voir l’évolution de la situation. Pour l’instant, rien n’est encore engagé”.

Le principe de la “non fusion” entre les trois entités a commencé à prendre le dessus. Une aile de la Solidarité parlementaire pour la défense de la démocratie et de l’unité nationale essaie de se démarquer des résolutions de la conférence nationale. “Quel que soit le scénario, nous irons aux urnes si telle est la volonté du gouvernement,” insiste le député Mara Niarisy. Une position qui diffère de la position des 3FN exigeant une transition.

En face, les tenants du pouvoir essaient de montrer un visage serein tout en commençant à faire monter les enchères. “Nous sommes toujours prêts à discuter, mais dialoguer ne veut pas dire tout accepter. La rencontre pourra servir de plate-forme où échanger les points de vue pour une meilleure compréhension. En tout cas, nous avons un programme et le gouvernement travaille pour le réaliser”, prévient d’emblée Razoarimihaja Solofonantenaina, président du Tim et vice-président de l’Assemblée nationale.

<I>L’express de Madagascar</I>

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