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Apprendre l?anglais en jouant
Qu?est-ce qu?un groupe d?enfants âgés de 7 à 15 ans était en train de faire au beau milieu de la cour du centre social de Ste-Croix un mardi matin, sous un soleil de plomb.
Il était 11 h 30. De loin, ils donnaient l?impression de s?adonner à un numéro de Musical Chair, un jeu qui incite le participant à être vigilant pour ne pas se retrouver au milieu d?un cercle, sans une chaise.
Lorsqu?on est plus près du groupe, on découvre que les enfants participent certes à un jeu, mais que la langue utilisée n?est pas le créole, mais l?anglais.
Celle qui n?a pas pu trouver une chaise lors du jeu est Ornella Potoo. Elle peine certes, mais parvient à dire en anglais les mots d?une phrase qu?elle prononce généralement en créole.
Redécouvrir le gout des langues étrangères
Bienvenue dans le nouvel environnement pédagogique dont bénéficie Ornella, le temps d?un programme d?initiation animé par des pédagogues de l?American Learning Enterprise. La méthode consiste à enseigner l?anglais de façon ludique.
Trois jeunes universitaires américains, Natalie Toren, Michael Bennett et Navab Kaveh sont là pour encadrer ces enfants. « Nous prenons les enfants tels qu?ils sont. L?idée est de les placer dans un environnement où ils sont exposés à l?anglais », explique Natalie. « C?est ce qui leur manque le plus », soutient Navab Kaveh. « À ce stade, nous n?attachons pas d?importance à la maîtrise de l?accent », précise Michael.
Quant à Ornella, elle est aux anges. « J?ai fait mes classes à l?école primaire de la route Nicolay. Je suis partie sans un certificat d?études primaires. Je pouvais à peine dire un mot d?anglais. Mais aujourd?hui, je peux prononcer sans complexe certains mots. Je suis vraiment ravie. Ici, on s?intéresse à vous tel que vous êtes. À l?école, l?enseignant ne considère que les enfants les plus intelligents. Les autres sont livrés à eux-mêmes. »
Pendant qu?Ornella parle, Chris Chellin fait des signes pour que l?on s?intéresse à lui. « Il n?a pas une très bonne santé. Mais quand il est bien entouré, il se sent mieux. Dès qu?on le met à l?aise, c?est un autre enfant. Il n?a pas réussi à ses examens d?études primaires, mais grâce au soutien pédagogique du Centre accompagnateur pour adolescents et adultes (Capa), il a fait des progrès », explique le frère Julien Lourdes.
« Je ne suis pas en train de jouer. J?apprends l?anglais. J?ai appris à connaître les noms en anglais de certains fruits tels que le coco, la banane, le kiwi », déclare Chris.
« Les adultes suivent le même type d?apprentissage que les enfants. Ils font exactement les mêmes choses », ajoute le frère Julien Lourdes. « Après le départ des Américains, c?est la Capa qui va poursuivre le travail d?apprentissage de l?anglais. »
Tâche difficile pour Julien Lourdes mais avec des jeunes volontaires comme Jean-Emmanuel William et Jonathan Spéville qui encadrent les jeunes participant à ce programme, il est possible aux recalés d?études primaires comme Ornella Potoo de redécouvrir le goût de l?apprentissage des langues étrangères.
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