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The Answer a trouvé les réponses

20 février 2005, 00:00

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Allen Iverson n?avait franchement pas besoin d?affoler les compteurs pour être élevé au rang de star. Un titre de Most Valuable Player en 2001, une finale NBA et plusieurs apparitions chez les All-Star avaient en effet achevé, ces dernières saisons, de lui bâtir une solide réputation dans le monde du basket.

Mais « The Answer », le maillon fort des Sixers de Philadelphie, n?est pas homme à se satisfaire de peu. Se faire un nom c?est bien, mais encore faut-il un jour marquer les esprits, écrire l?histoire, laisser une trace, une vraie?

Alors, Allen Iverson s?est dit qu?il fallait peut-être réveiller les morts, se la jouer comme Wilt Chamberlain, la légende des Golden State Warriors, la star absolue de la planète NBA, le seul joueur à avoir passé la barre des cent points en un match? C?était, il est vrai, une autre époque, celle de l?après-guerre. On n?avait alors pas encore inventé les dunks, mais, à l?intérieur de la raquette, on ne savait franchement pas défendre.

Iverson a donc pensé à Chamberlain. Et il est passé à l?attaque.

Orlando Magic, qui se déplaçait à Philadelphie avec quelques certitudes et une montagne de prétentions, est repartie la queue entre les jambes, groggy, désabusé, humilié. C?est que sa majesté A.I est passé par là, inscrivant 60 points en quarante-huit minutes, son record en neuf ans de carrière. Et, à l?arrivée, les Sixers se sont imposés 112-99 pour se rapprocher un peu plus des play-offs. Depuis un certain Michael Jordan, qui avait inscrit 69 points contre Cleveland sous le maillot des Bulls de Chicago en 1990, on n?avait plus vu ça.

Pas la peine de sortir les calculettes pour se rendre à l?évidence : 60 points le match, c?est 1.25 point la minute. Et 60 sur 112, ça fait 67.2 % des points des Sixers pour le seul Iverson ! Surréaliste.

Il va falloir se réveiller de bonne heure pour retrouver de telles stats. Iverson, d?ailleurs, n?est que le dix-huitième joueur de toute l?histoire de la NBA à avoir passé la barre mythique des 60, le premier des Sixers qui plus est.

Cette année, Iverson a passé un cap, c?est sûr. « Je ne me suis jamais autant amusé sur les parquets », confiait-il du, reste, sur le site officiel des Sixers au sortir du match contre Orlando. Et c?est précisément quand il s?amuse, quand le basket ne redevient qu?un jeu, que « The Answer » trouve les bonnes réponses.

La saison dernière, la star de Phili n?avait pas vraiment le coeur à l?ouvrage, ne se contentant que de son seul talent pour assurer ses arrières. Les controverses et les éternelles polémiques avec son coach avaient en effet consommé son enthousiasme, au point d?en faire, parfois, un joueur comme les autres.

Mais l?arrivée de Jim O?Brien à la tête des Sixers a permis à A.I de rebondir, de se tracer une nouvelle voie, de chercher la rédemption. C?est désormais un leader dans l?âme, un joueur mature respecté par ses pairs, consulté par son entraîneur, adulé par le public.

Allen Iverson aime être aimé. Cela suffit pour le déverrouiller. Avant sa mémorable partition contre Orlando, le plus régulier des All-Star avait en effet déjà passé deux fois la barre des cinquante points en décembre, laissant entrevoir que l?immense exploit de samedi dernier était après tout à sa portée.

Avec une moyenne de 29.7 points par match cette saison, 41.5 % de réussite aux tirs, mais aussi 4.1 rebonds et 2.2 tirs, le Point Guard de 29 ans peut légitimement aspirer à un deuxième titre de MVP.

Il sera alors temps de passer à autre chose, de tourner la page, de ne plus faire de l?ombre à la talentueuse génération naissante emmenée par LeBron James et Carmelo Anthony.

Alors, Iverson s?est dit qu?il fallait peut-être réveiller les morts, se la jouer comme Chamberlain. Et il est passé à l?attaque?

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