Publicité
Anil Bachoo : Partira, partira pas ?
«Le Parti Travailliste (PTr) est en train de faire trop de concessions à certains transfuges, députés et ministre de l?alliance MMM-MSM qui savent déjà qu?ils ne bénéficieront pas de tickets de leurs partis respectifs.» Cette déclaration de Sir Satcam Boolell, le président d?honneur du PTr, dans l?édition du Mauritius Times du 14 au 21 janvier est passée plutôt inaperçue. Elle donne au moins une indication importante : les négociations qui se déroulent dans les coulisses, entre le parti de l?opposition et les mécontents de l?alliance au pouvoir, sont arrivées à un stade crucial.
Pour l?instant, le malaise au sein de l?alliance semble frapper surtout un parti ? le Mouvement socialiste militant (MSM) ? et Anil Bachoo, le ministre des Infrastructures publiques. Ce malaise ne date pas du dîner annuel du MSM qui a eu lieu cette semaine. Un dîner auquel certains ministres et députés n?étaient pas présents, pour des raisons diverses (santé, funérailles...). Dont le «poids lourd» Anil Bachoo. Le ministre des Infrastructures publiques est le n° 6 du gouvernement et n° 3 au MSM.
Absent du dîner du MSM, pour «des raisons de santé», a-t-il laissé entendre, il continue à faire parler de lui. Il est déçu d?avoir «perdu» le dossier du métro léger au profit du Bureau du Premier ministre, comme le font ressortir ses proches, députés de la majorité. Et ce, malgré les tentatives de Paul Bérenger de calmer le jeu : «J?ai de bonnes relations avec Anil Bachoo», a insisté le Premier ministre avant son départ pour une mission en Chine, hier.
<B>CONSIDERATIONS D?ORDRE SPIRITUEL</B>
Anil Bachoo, lui, est plus avare de commentaire. Ses proches se contentent de réitérer le «mécontentement». «La façon dont certains dossiers lui ont été repris n?est pas correcte», fait ressortir Meghduth Chumroo, député de la circonscription n° 4, Port-Louis Nord-Montagne-Longue.
Dans les coulisses du MSM, on reconnaît depuis un moment qu?il y a un «problème Bachoo». Pire, certains s?attendent même à un départ... Mais quand ? Tout serait une question de timing, déterminé par le calendrier politique, la date des élections générales, voire par des considérations d?ordre plutôt? spirituel ! Ainsi, Anil Bachoo ne devrait rien décider avant le Maha Shivaratree, l?un des plus importants événements de la religion hindoue (prévu pour le 8 mars) auquel le ministre des Infrastrucutres publiques adhère sans partage.
S?il part, Anil Bachoo pourrait bien entraîner avec lui d?autres mécontents du MSM, députés et ministres, les «transfuges» dont parle Sir Satcam Boolell. Plusieurs noms sont cités. Mais aucune décision n?a été prise. «C ?est un peu tôt», lâche ce proche du ministre des Infrastructures publiques qui pourrait faire partie du lot.
D?autres, comme Anil Gayan, le ministre du Tourisme et des Loisirs, n?ont jamais caché une résistance à l?autorité du Premier ministre Paul Bérenger. Ce qui ne fait pas d?eux forcément des «transfuges». Ni, non plus les mécontents du MMM qui avaient, ouvertement ou à mots couverts, critiqué (avant même qu?il n?intervienne) le choix du remplacement de Sylvio Michel, l?ancien ministre de la Pêche qui a démissionné le 15 novembre dernier?
Autrement dit, la décision que s?apprêteraient à prendre les «mécontents» du gouvernement pourrait ne pas être pour l?immédiat. D?autant plus que Paul Bérenger a tendu la main à Anil Bachoo, hier, avant son départ. «J?ai rencontré Anil Bachoo. Nous avons passé en revue la situation politique et certains dossiers de son ministère. La rencontre a été cordiale et franche. A mon retour nous reprendrons le dialogue », a insisté le Premier ministre, lors d?une conférence de presse, hier après-midi. Au PTr, également, la porte est toujours ouverte. Mais à certaines conditions. «Au parti, nous sommes ouverts à tout le monde, à condition que ces nouveaux venus adhèrent à la philosophie du parti», insiste de son côté Arvin Boolell, membre influent du PTr et whip de l?opposition parlementaire.
Anil Bachoo s?en ira-t-il ou pas ? Le PTr est-il prêt à lui ouvrir grands les bras ? Qui l?accompagnera le cas échéant ? Une chose est sûre, les tractations dans le cadre des prochaines élections ont déjà commencé?
Publicité
Publicité
Les plus récents