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Ananas et letchis : Les rois de l?export

30 décembre 2004, 00:00

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Aujourd?hui, cinq coopératives agricoles exportent leur savoir-faire. Fruits de la Réunion regroupe une vingtaine de producteurs répartis sur l?ensemble de l?île, qui valorisent leurs produits à l?extérieur sous la marque l?îlot fruits. Pro-Fruit, produit exclusivement des letchis qu?elle exporte sur le marché métropolitain. Coop?Ananas Réunion ne produit que des ananas Victoria qu?elle commercialise sous la marque La belle des îles. Ses quinze adhérents écoulent la quasi-totalité de leur production sur le marché métropolitain, soit entre 205 à 300 tonnes.

Les Vergers de la Réunion approvisionnent le marché métropolitain surtout en ananas et letchis. Cette corporative a mis en place un programme de plantation et de production d?une dizaine d?hectares, permettant à ses adhérents d?exporter en 2002-2003, 56 tonnes de fruits. Enfin, La CIE Réunifruit propose essentiellement des letchis en colis.

Le marché de l?exportation des fruits (essentiellement vers la métropole), est porteur. Les chiffres globaux sont en nette augmentation et s?élèvent à 1670 tonnes en 2003, contre 1299 tonnes en 2000. L?ananas reste le fruit le plus exporté, avec 1394 tonnes en 2003. Le letchi est lui exporté à hauteur de 196 tonnes en 2003. Des efforts remarquables sont également observés sur la mangue et le fruit de la passion (respectivement +78 % et +114 %) bien que les quantités soient faibles par rapport à l?ananas et au letchi (43 tonnes de mangues et 38 tonnes de fruits de la passion en 2003).

Cette année, la chambre d?agriculture a chargé un bureau d?études de métropole de réaliser une enquête sur la manière dont les consommateurs métropolitains percevaient les fruits d?export de la Réunion. Selon Guillaume Insa, responsable de la cellule mise en marché et qualité à la chambre d?agriculture, l?enquête révèle que si l?ananas Victoria et le letchi frais sont considérés comme les fruits idéaux de la Réunion, la mangue, en revanche, a moins de succès. ?Au niveau local, la production de mangue s?avère conséquente, mais le marché de l?exportation est difficile pour les agriculteurs. La mangue locale a du mal à se démarquer et subit la lourde concurrence des gros pays producteurs de mangue comme l?Australie et le Brésil. Déjà, en 2003, les mangues peï exportées n?avaient pas beaucoup de saveur. Elles mûrissaient trop vite, se dégradaient et perdaient de leur fermeté?, ajoute-t-il. Ce qui incite la chambre d?agriculture à développer des circuits d?écoulements autres que l?exportation, notamment avec l?augmentation de la production pour le marché local.

Par ailleurs, le Comité de pilotage de l?industrie de la Réunion (CPI) vient d?installer une agence en région PACA (Provence Alpes Côte d?Azur), région avec laquelle la Réunion possède un grand nombre d?affinités et développe un courant d?affaires régulier. Parmi les secteurs d?avenir pour la Réunion, l?agroalimentaire tient une place de choix. Partant de ce constat, le CPI a souhaité rapprocher les acteurs économiques de PACA et de la Réunion dans ce secteur en organisant deux journées de rencontres en Provence, les 25 et 26 octobre derniers. Organisées juste après le Salon international de l?alimentation (du 17 au 21 octobre) à Paris, ces rencontres ont permis à la dizaine de chefs d?entreprise réunionnais, représentants des filières fruits et légumes et industrie de transformation, de nouer des contacts personnalisés avec des professionnels provençaux (entreprises et institutionnels) oeuvrant dans des domaines similaires ou connexes. Les chefs d?entreprise réunionnais ont également participé au salon MIFFEL. Salon des professionnels de la filière fruits et légumes du Grand Sud Est, avec pour missions de promouvoir les fruits exotiques ? ananas, letchi, mangue, fruit de la passion.

Cibler la presse métropolitaine

Aujourd?hui avec tous ces efforts, l?exportation de fruits est en progression. Toutefois, la Réunion gère encore mal sa communication en métropole au niveau de ses produits. Cette promotion coûte cher. Actuellement, souligne Guillaume Insa, ?la promotion des produits frais relève de l?amateurisme. Ainsi, en 2005-06, dès que l?ananas obtiendra le label rouge, la Réunion déterminera une campagne de communication. Une première étude a déjà été réalisée par Factories à ce sujet et met l?accent sur la nécessité de cibler la presse métropolitaine et de disposer de supports de communications professionnels?.

Reste aussi le fret, cause de soucis des exportateurs. La chambre d?agriculture a mis sur pied, il y a deux ans, un comité de pilotage export au sein duquel sont regroupés tous les opérateurs concernés par l?export (les producteurs de fruits, les compagnies aériennes, les transitaires, les responsables du fret de la chambre de commerce?). Objectif : planifier les exportations et négocier les capacités de tonnages au niveau du transport des fruits pour le mois de décembre, même s?il est difficile d?avoir des garanties au niveau du fret.

En cette fin d?année, toute la difficulté était de pallier la récente disparition d?Air Bourbon, qui devait transporter pas moins de 190 tonnes de fruits. Air Austral et Corsair affichant déjà un taux de remplissage de 100 %, il n?y avait aucune possibilité d?augmenter le tonnage de fruits. Des négociations ont ainsi été entamées avec Air France avec l?arrivée du nouveau Boeing 747-400. La compagnie a accepté de prendre 140 tonnes de fruits. La chambre d?agriculture a également contacté le ministère de l?outre-mer pour affréter un avion cargo pendant la semaine de Noël, indique Guillaume Insa.

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